La vie après la mort

Ce forum est consacré à la question de la vie après la mort. Lire à ce sujet les pages dédiées à cette question sur le site : emmanelswedenborg.info. N'hésitez pas à poster vos questions, et à partager vos reflexions et vos expériences dans ce domaine.

Re: Réponses à Bertrand et Nicolas

Messagepar Patrick » 25 Fév 2018 16:52

Cher Bertrand,

Un grand merci pour votre message au sujet des récits de NDE vécus par ces nombreux réanimé à la suite d’un séisme en Chine. C'est tout à fait intéressant et j’aimerais beaucoup avoir les références de cet article.

Vous écrivez encore : « La condition humaine est souffrance ; tant que vous êtes un être humain, vous devez souffrir, du froid, du chaud, de la soif, de la faim, de la fatigue, et en plus il y a celle de la naissance, de la vieillesse, de la maladie et de la mort. »

- Souffrir ! Je préfèrerais dire : « grandir ! », à travers le jeu des éléments, et celui des quatre âges de l'existence humaine que sont, entre naissance et mort : l'enfance, la jeunesse, la maturité, et la vieillesse. Quatre matrices fondamentales par lesquelles nous avons besoin de passer afin d'accomplir pleinement notre destin terrestre qu'il faut plutôt voir je crois comme une sorte de stage de formation intensif, que comme une condamnation à la souffrance.

Vous dites aussi : « Les gens des autres espaces peuvent flotter dans les airs, ils sont sans poids, c’est vraiment merveilleux. »

- Heureusement que l'on ne fait pas, dans l'autre monde, que voler dans les airs ! On y jardine aussi, les deux pieds bien enfoncés dans la terre. Rien ne nous y dispense non plus de faire la vaisselle ! Le paradis n'est pas une partie de montgolfière, mais l'accomplissement, à un plus haut niveau, de tout ce que nous aimions faire sur Terre.

Concernant vos messages évoquant un texte de Li Hongzhi, je ne vois pas en quoi le fait que les atomes de notre corps physique survivent à sa décomposition puisse être le garant d'une quelconque survie de nos consciences, sinon peut-être que d'en être une sorte de parabole, ce n'est pas très clair. Il me semble aussi qu'il y a un peu de confusion au sujet des cellules, molécules, atomes, quarks et neutrinos. Les quarks et les neutrinos ne sont que deux parmi les nombreux composants qui constituent électrons et noyaux atomiques.

Cher Nicolas,

Vous soulevez trois points importants dans votre message :

« Les mondes Divins étant multiples il y a bien un jugement puisque les esprits sont “ triés ” en fonction de la vie qu’ils ont menée ? »

- Ce n'est pas exactement cela, les esprits ne sont pas triés, ils se trient eux-mêmes, en s'associant les uns aux autres, par voie d'affinité et de complémentarité. C'est ainsi que se créent spontanément les sociétés d'esprits, et que sont formées les innombrables sphères de vie qui constituent le monde spirituel. Ce processus de différenciation ne s'exerce pas tant en fonction de la vie que nous avons eue sur Terre, qu'en fonction des valeurs, des rêves et des plaisirs de vie qui nous animent. Il n'y a donc ici aucun jugement qui s'exercerait de l'extérieur sur nous. Chaque personne se « juge » elle-même par les choix qu'elle fait en toute liberté et responsabilité. On ne peut récolter que ce que l'on a semé, rien d'autre ! Et le Bon Dieu ne pourra rien y faire.

« Les esprits peuvent-ils revenir à une vie terrestre dans un nouveau corps ? »

- C'est une grande question que celle de la réincarnation, qui hante l'inconscient collectif de l'humanité depuis toujours. Swedenborg disait une réincarnation terrestre impossible pour la simple raison que l'âme est formée conjointement avec le corps, que celui-ci en est en quelque sorte la matrice, le moule. À l'instant de la mort l’âme s’en dégage, exactement comme le papillon de sa chrysalide. Comment pourrait-elle dans ses conditions reprendre un corps de chair sur Terre ? C'est littéralement impossible ! Le bouddhisme tibétain assume une forme de réincarnation, mais partielle, parfaitement illustrée par l'excellent film « Little Buddha » (de Bernardo Bertolucci, 1993) où l'on voit un lama se réincarner simultanément à travers trois enfants différents. À chaque fois, c'est un aspect différent de son esprit qui trouve en chacun d'eux une forme d'expression particulière. Cette vision de la réincarnation rejoint l'idée qu'en guise de réincarnation, il n'y a qu'un phénomène de « conjonction » avec certains esprits avec lesquels nous partageons certaines affinités. Notons encore que pour Socrate et Platon il y aurait une préexistence de la conscience avant cette incarnation terrestre. Conscience supraterrestre que nous retrouverions après notre mort. Il est de ce point de vue intéressant de constater qu'un certain nombre de NDE font effectivement état d'une possible réincarnation terrestre, et même de plusieurs, en amont et en aval de cette vie, rejoignant en cela le bouddhisme et l'hindouisme. J'ai été très surpris de trouver parmi certains lamas tibétains une croyance en la métempsychose (migration des âmes après la mort vers d'autres corps, éventuellement minérale, végétale ou animale) probablement héritée de la tradition pythagoricienne qui a eu une forte influence sur le bouddhisme primitif. Le débat est ouvert !

« Quant à la religion, je pense qu’elle est nécessaire afin de donner un cadre de vie à l'humanité et nourrir son âme. Elle doit être renouvelée au cours des âges afin d'être adaptée aux différentes époques. Mais il est vrai que certains hommes détournent la religion à but de pouvoir. Si la religion porte préjudice à quiconque, alors il ne s'agit plus de religion, car tel n'est pas la volonté de Dieu. Lire Swedenborg contribuerait grandement à assagir les passions. »

- Swedenborg disait, il y a plus de 250 ans, les grandes religions révolues, et qu'une nouvelle forme de conscience et de spiritualité allait émerger, où chacun serait appelé à s'instruire, à penser, et à croire par lui-même, en pleine liberté. Je crois que c'est une question d'étape sur le chemin, de maturité et d'indépendance spirituelle. Quant aux nombreuses déviations dont l'histoire des religions fait constamment état, elles en sont bien souvent de brutales et grotesques contre thèses, qui n'ont souvent plus grand-chose à voir avec leurs fondements originels. Le regard de Swedenborg sur la religion ouvre aux fondements universels de toutes les religions, et renvoie à la responsabilité de chaque personne. Ce ne sont ni l'appartenance à une religion, ni ses croyances qui font l'homme pour lui, mais son lien intime et secret avec le Divin, les valeurs qui l'animent intérieurement, la qualité de ses relations avec tous ceux qui l’entourent. Ses enseignements ont, de ce fait aussi, une dimension universelle en cela qu'ils nous affranchissent de toutes différences extérieures, pour renvoyer aux seuls véritables fondements de la personne.

Nicolas, un grand merci pour vos liens vers ces deux livres qui résument l'œuvre de Swedenborg concernant la question de la vie après la mort et de notre destinée supraterrestre. Elles n’existent malheureusement qu'en anglais. Mais pour ceux qui ne le parle pas, il est aisé d'en obtenir une traduction suffisante à l'aide des traducteurs disponibles sur le web.

J'en profite pour traduire les notes d'éditeur qui figurent au début de ces deux livres.

« Our Life After Death. A firsthand Account from an 18th-Century Scientist and Seer Emanuel Swedenborg. » Translated by George F. Dole. Introduction by Kenneth Ring. Swedenborg Foundation. 2014.

« Notre Vie après la Mort. Un témoignage de première main d'un scientifique visionnaire du XVIIIe siècle, Emanuel Swedenborg. » Traduit par George F. Dole. Introduction de Kenneth Ring. »

Ce volume propose un résumé du classique et intemporel « Ciel et Enfer » d'Emanuel Swedenborg, écrit plus de 200 ans avant que le livre « La vie après la vie » de Raymond Moody n'ouvre le domaine de l'étude des expériences de mort imminente. « Ciel et Enfer » décrit, du point de vue d'un témoin de première main, notre passage dans le monde spirituel après la mort, et notre vie dans l'au-delà. Depuis sa publication initiale en 1758, cet ouvrage a inspiré d'innombrables penseurs, écrivains et artistes, et certains érudits y voient un des liens majeurs entre les Lumières et le romantisme. Cette traduction a pour objectif d'actualiser la terminologie de Swedenborg, souvent ardue pour les lecteurs non-initiés, tout en restituant la clarté initiale de la pensée de Swedenborg, plutôt que d'en rester à une traduction trop strictement littérale de ses écrits. Pour autant, la présente traduction a été à chaque étape revérifiée à partir du latin, afin de s'assurer qu'elle ne s'écarte jamais du sens originel de Swedenborg. Certaines parties des chapitres originaux y ont été omises ou réarrangées. Dans un très petit nombre de cas, le contenu de certaines phrases a été condensé. Ces omissions et réarrangements ne sont pas indiqués dans le texte. Les lecteurs qui auront trouvé ces enseignements de Swedenborg intéressants sont encouragés à en lire la version complète.

La traduction complète de « Ciel et Enfer » par George Dole est également disponible sur le site de la Swedenborg Foundation : https://swedenborg.com/product/heaven-hell-nce/

Elle s'y trouve également gratuitement disponible au format PDF.

« The Lives of Angels. » Emanuel Swedenborg. Translated by George F. Dole and Lisa Hya Cooper Introduction by Grant Schnarr. The Swedenborg Foundation. 2013.

« La Vie des Anges. » Complément presque obligé du précédent ouvrage, il s'agit d’un recueil d'extraits et de résumés sur le sujet, empruntés à trois ouvrages majeurs de Swedenborg : « Ciel et Enfer » ; « Arcanes Célestes » et « Amour Conjugal ».

Une synthèse des enseignements de Swedenborg sur la question est également disponible en français sur le site Swedenborg :

http://emmanuelswedenborg.info/enseignements/pagesmenu/lavieapresmort.html

La très rare et précieuse traduction française de référence de « Ciel et Enfer » par Le Boys des Guays y est également disponible à la vente :

http://emmanuelswedenborg.info/livresenvente.html

Votre découverte, très synchronique pour moi, m'a fait réaliser l'intérêt qu'il y aura à compléter notre bibliographie commentée sur les NDE sur le site Swedenborg avec une bibliographie des ouvrages de Swedenborg consacrés aux enseignements sur la vie après la mort, en anglais et en français, à suivre...

Bibliographie commentée sur les NDE :
http://emmanuelswedenborg.info/enseignements/lavieapreslamort/viepostmortembiblio.html
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Re: La vie après la mort

Messagepar nicolas » 28 Fév 2018 12:36

Un grand merci Patrick pour ces derniers posts. Comme il est dit dans l’un des témoignages, cela permet de relativiser les choses de la vie. A la lecture des écrits de Swedenborg sur l’au-delà, qui sont extrêmement précis et vivaces, on pourrait croire à des fables. Les témoignages de NDE viennent soutenir les enseignements de Swedenborg. La découverte de ma foi m’avait donné le sentiment de passer d’un état d’aveugle à celui de voyant. Les descriptions de Swedenborg sur la vie après la mort et la vie des anges me font pénétrer dans une dimension tout à fait nouvelle.

Comme vous le dites Patrick, ces enseignements ont le pouvoir de nous rendre plus libres, plus responsables, plus créatifs, plus légers et plus joyeux aussi. La joie est tellement importante. Elle attire à nous tant d’expériences positives !
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Re: La vie après la mort

Messagepar nicolas » 04 Avr 2018 11:59

Chers amis,

Pour compléter les récits sur les NDE et les mettre en perspective d'un point de vue de la religion, voici une traduction libre d'un extrait d’une étude réalisée par la chaire des études baha’ies à l’université de Jérusalem : Death and dying in the baha’i faith, à laquelle j'ai rajouté des écrits Baha'is.
http://www.hum.huji.ac.il/english/units ... 479&page=0


La foi baha’ie considère la vie humaine comme un mouvement entre les deux pôles du physique et du spirituel, et les deux mondes ne sont pas séparés les uns des autres, ils sont plutôt entremêlés les uns avec les autres. La seule différence est que le monde de l'existence physique a une dimension de temporalité alors que le monde de l'existence spirituelle est éternel. La vie dans ce monde influence celle qui continue dans le monde spirituel. La mort ne signifie pas le mouvement dans une autre vie, mais plutôt la continuation de cette vie. C'est simplement une autre étape de l'existence.

La mort est uniquement considérée comme la disparition de la forme physique. La réalité essentielle de chaque être humain est son âme rationnelle et immortelle. L'homme n'est pas homme par son corps mais par son âme. Bahá’u’lláh emploie la métaphore du soleil pour expliquer la relation qui existe entre l’âme et le corps : « L’âme de l’homme est le soleil, son corps en est illuminé et il en tire sa subsistance. C’est ainsi qu’il faut la regarder. ». L'âme est indestructible (1). Lorsque survient la mort dans ce monde, l’âme séparée du corps continue à progresser en un voyage éternel vers la perfection.

Bien que la mort cause détresse et souffrance aux proches et aux amis du défunt, elle ne devrait être considérée que comme une étape de la vie. Elle arrive soudainement, comme la naissance, et elle est comparable à la naissance, parce que comme la naissance c'est une porte ouverte à une vie nouvelle et plus riche. Notre vie terrestre, a encore dit Bahá’u’lláh, est comparable à la vie du foetus dans le ventre de Sa mère : ignorant presque tout du monde extérieur, le foetus acquiert cependant des aptitudes qui lui permettront de s'adapter à ce monde et d'y parfaire son développement. De même, au cours de cette vie, la seule qui nous soit accordée sur terre, l'âme acquiert les outils nécessaires pour affronter la vie dans l'autre monde où son développement se poursuivra...

Bahá'ulláh révèle que: « Si l'homme savait ce qui est réservé à son âme dans les mondes de Dieu, le Seigneur des cieux et de la terre, il se consumerait du désir d'atteindre un si sublime et si resplendissant état… ». « De la mort j'ai fait pour toi une messagère de joie. Alors, pourquoi t'affliges-tu ? J'ai fait la lumière pour qu'elle t'illumine de sa splendeur. Pourquoi te voiles-tu devant elle ? »

A un ami qui lui demandait comment il fallait regarder la mort, 'Abdù-l-Bahà répondit : " Comment doit-on voir approcher le but de tout voyage ? N'est-ce pas avec espoir et confiance ? Eh bien, il en va de même pour ce voyage terrestre. Dans l'autre monde, l'homme se retrouvera libéré de la plupart des incapacités qui le diminuent actuellement ; ceux qui sont passés par la mort ont un monde à eux, mais ce monde n'est pas éloigné du nôtre. Leur tâche dans le Royaume est la nôtre, mais elle est sanctifiée de ce que nous appelons ici temps et espace. Ici, notre temps est fonction du soleil, mais s'il n'y avait plus ses levers et ses couchers, cette espèce de temps n'existerait plus pour l'homme. Ceux qui sont montés là-haut ont des attributs différents de ceux qui sont encore sur la terre, mais en fait il n'y a pas de réelle séparation.
Dans la prière, Il y a interpénétration d'états, mélange des conditions. Priez donc pour eux, ils prient pour vous. "
(L'art divin de vivre, 1970, p.215

O vous deux, âmes patientes ! J'ai bien reçu votre lettre. La mort de ce jeune homme bien-aimé et sa séparation de vous ont suscité le chagrin le plus cruel... L'inscrutable sagesse de Dieu est à la base de tels événements douloureux. C'est comme si un jardinier bienveillant transférait un jeune et tendre arbrisseau d'un lieu confiné à une vaste zone aérée. Or ce transfert n'est pas la cause du dépérissement, de l'amoindrissement ou de la destruction de cet arbrisseau ; non, il lui permet au contraire de croître et de prospérer, d'acquérir sa fraîcheur et sa délicatesse, de verdir et de porter des fruits. Ce fait caché est bien connu du jardinier, mais les êtres qui n'ont pas conscience de ce bienfait supposent que le jardinier, dans la colère, a déraciné l'arbrisseau. Cependant, pour ceux qui sont au courant, ce fait dissimulé est manifeste et ce décret prédestiné est considéré comme une générosité. C'est pourquoi ne soyez pas tristes et inconsolables.
(Sélection des écrits d'Abdu'l-Bahà, 1983, N°169, p.197 )

O toi, bien-aimée servante de Dieu ! Bien que la perte d'un fils nous brise le coeur et excède les limites de l'endurance humaine, pourtant celle qui sait et comprend est assurée que son fils n'a pas été perdu, mais plutôt qu'il est passé de ce monde dans un autre et qu'elle le retrouvera dans le royaume divin. Cette réunion durera à jamais tandis qu'en ce bas monde, la séparation est inévitable, apportant avec elle une douleur cruelle. Dieu soit loué, tu as la foi, tu tournes ton visage vers le royaume éternel et tu crois en l'existence d'un monde céleste. Ainsi ne sois pas inconsolable, ne languis pas, ne soupire pas, ne gémis pas et ne pleure pas, car l'agitation et le deuil affectent profondément son âme dans le royaume divin.
Cet enfant bien-aimé s'adresse à toi du monde caché :
" O toi, mère de bonté, remercie la divine providence de m 'avoir libéré d'une cage réduite et obscure et de m 'avoir permis, comme les oiseaux des prairies, de m 'envoler vers le monde divin - un monde vaste, illuminé, toujours gai et jubilant. Donc, ne te lamente pas, ô mère, et ne t'afflige pas ; je ne suis pas parmi les disparus ; je n 'ai été ni effacé ni détruit. J'ai quitté ma forme mortelle et levé ma bannière en ce monde spirituel. A cette séparation succède une compagnie éternelle. Tu me trouveras dans le ciel du Seigneur, plongé dans un océan de lumière ".
(Sélection des écrits d'Abdu'l-Bahà, 1983, N°171, p.198 )


Bien à vous.
Nicolas

(1) Toute la création est périssable ; la matière est composée d'atomes ; quand ces atomes commencent à se séparer, c'est le début de la décomposition qui conduit à ce que nous appelons la mort. Cette combinaison d'atomes qui constitue le corps - ou principe mortel - de tout être créé est temporaire. Quand disparaît la force d'attraction qui maintient ces atomes ensemble, le corps comme tel cesse d'exister.
Pour l'âme, il en va différemment. L'âme n'est pas une combinaison d'éléments; elle n'est pas composée d'une multitude d'atomes, mais d'une substance unique et indivisible ; c'est pourquoi elle est éternelle. Elle est d'un tout autre rang que les créatures du monde physique : elle est immortelle. La science a démontré qu'un corps simple, - simple voulant dire non-composé - est indestructible, éternel. L'âme n'étant pas composée de plusieurs éléments joue le rôle d'un corps simple et, par conséquent, ne peut cesser d'exister. Formée de cette substance une et indivisible, elle ne peut subir ni désintégration ni destruction ; aussi n'y a-t-il aucune raison pour qu'elle meure.
(causeries d'Abdu'l-Bahà à Paris, 1980, p.76, 77 et 78)
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Re: La vie après la mort

Messagepar nicolas » 11 Avr 2018 09:33

Selon Elisabeth Kübler-Ross, pionnière de l'approche des soins palliatifs pour les personnes en fin de vie, la mort est la dernière étape de la croissance dans cette vie. Il n'y a pas de mort totale. Seul le corps meurt. Le soi ou l'esprit est éternel ... La mort, dans ce contexte, peut être vue comme le rideau entre l'existence dont nous avons conscience et celle qui nous est cachée jusqu'à ce que nous levions ce rideau.

La foi baha’ie nous en dit peu sur l’existence dans l’autre monde. Baha'u'llah a dit explicitement qu'un des buts en cachant la réalité de l'au-delà est de nous protéger. Il explique que si nous étions suffisamment informés sur la vie à venir, nous la trouverions tellement attrayante que nous ne serions pas capables de nous retenir d'atteindre cette prochaine étape de notre existence. Nous deviendrions si distraits et si désireux d'abandonner cette vie que nous ne pourrions plus nous concentrer sur le développement spirituel que nous devons acquérir pour préparer le passage de cette vie à l'autre.

« Et sache avec certitude que dans les mondes divins les bien-aimés spirituels se reconnaîtront mutuellement, et rechercheront l'union les uns avec les autres, mais une union spirituelle. De même, un amour que l'on a pu avoir pour quelqu'un ne sera pas oublié dans le monde du Royaume, et tu n'oublieras pas là la vie que tu avais dans le monde matériel. »
Abdu’l Baha
Dernière édition par nicolas le 13 Avr 2018 09:44, édité 1 fois.
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Re: La vie après la mort

Messagepar nicolas » 13 Avr 2018 09:13

John Hatcher, un universitaire américain et auteur baha’i, vient de publier une série d’articles sur la vie après la mort, les NDE et la relation de l’âme au corps. Voici une traduction libre de sa dernière publication : http://bahaiteachings.org/die-dissociation-soul-body

Dans la première partie de l'expérience de mort imminente, ceux qui sont morts et reviennent à la vie décrivent la dissociation de l'esprit ou du soi conscient du corps.

Beaucoup parlent objectivement de la façon dont ils se sentaient détachés en regardant leur propre corps sans vie :

"J'étais hors de mon corps à le regarder à une dizaine de mètres, mais je continuais à penser comme dans la vie physique. Et ce à quoi je pensais, c'était à ma taille corporelle normale. Je n'étais pas dans un corps, en tant que tel".
- Raymond Moody, Life After Life, p. 50

"Je continuais à me mouvoir de haut en bas, et tout à coup, j'avais l'impression d'être loin de mon corps, loin de tout le monde, seul dans l'espace. Bien que j’étais stable et immobile, je voyais mon corps à quelques mètres transporté par l'eau. "- Ibid., P. 35

Alors que rien dans les écrits bahá'ís ne décrit spécifiquement la sensation de dissociation du corps, plusieurs passages décrivent une relation similaire entre le mental conscient (qui est une propriété de l'âme) et le corps physique. Ces passages indiquent que, puisque l'âme n'est pas attachée ou dépendante du corps physique, la conscience de soi après la mort ne cesse pas :

" Sache que l'âme humaine est exaltée au-dessus des infirmités du corps et de l'intelligence, et en est indépendante. Le fait qu'une personne malade donne des signes de faiblesse est dû aux obstacles que la maladie interpose entre son âme et son corps, car les indispositions de celui-ci ne sauraient aucunement affecter celle-là... Elle n'en montrera pas moins, lorsqu'elle quittera le corps, une puissance et une influence qu'aucune force terrestre ne saurait égaler... Considère le soleil qu'obscurcissent les nuages. Vois comme sa splendeur paraît avoir diminué, alors qu'en réalité la source de cette lumière n'a rien perdu de sa force. L'âme de l'homme devrait être comparée à ce soleil, et toutes choses sur la terre considérées comme son corps. Tant que ne s'interpose entre eux aucun obstacle extérieur, le corps reflète dans son intégralité, la lumière de l'âme dont la puissance le maintien en vie. Mais, aussitôt qu'un voile les sépare, l'éclat de la lumière semble diminuer... L'âme de l'homme est le soleil dont son corps est illuminé et duquel il tire sa subsistance, et c'est ainsi qu'elle devrait être considérée."
- Extraits des Ecrits de Baha'u'llah , p. 102

"Quant à la raison, c'est la faculté de l'esprit humain. Si l'on compare l'esprit à une lampe, la raison est la lumière qui y brille. Si l'on compare l'esprit à un arbre, la raison en est le fruit."
- Les leçons de Saint Jean d’Acre - Abdu'l-Bahá

"Jamais l'âme douée de raison, c'est-à-dire l'esprit humain, ne s'est incarnée dans ce corps, et n'a
existé par ce corps ; ainsi, après la décomposition de cet assemblage corporel, comment aurait-elle
besoin d'un autre principe substantiel par lequel elle puisse exister ? Au contraire, l'âme douée de
raison est le principe essentiel par lequel existe le corps. L'individualité de l'âme douée de raison
date de l'origine, elle n'est pas due au corps."
- Les leçons de Saint Jean d’Acre - Abdu'l-Bahá

Ces descriptions de la relation du corps à l'âme et de la continuité de la conscience après la mort du corps ne font pas allusion à considérer son corps comme une partie inévitable de la dissociation de l'âme du corps ; mais, étant donné la nature de la relation telle qu'elle est décrite ici, nous pouvons facilement accepter la faisabilité d'une telle expérience :

"Il est tout à fait évident à l'intelligence lucide que l'esprit de l'homme est très différent de son corps physique. L'esprit est inaltérable et indestructible.
Les progrès et le développement de l'âme, sa joie et sa tristesse sont indépendants du corps. Si un ami nous cause du plaisir ou de la peine, si une affection est sincère ou feinte, c'est l'âme qui en est affectée. Si ceux que nous aimons sont loin de nous, c'est l'âme qui souffre, et les peines et les afflictions de l'âme peuvent agir sur le corps.
Donc, lorsque l'esprit est nourri par de saintes vertus, le corps est satisfait; si l'âme succombe au péché, le corps vit dans les affres du tourment.
Quand nous rencontrons la vérité, la constance, la fidélité et l'amour, nous sommes heureux; mais si nous sommes aux prises avec le mensonge, l'infidélité et la fausseté, nous sommes malheureux. Toutes ces considérations sont du domaine de l'âme et ne sont pas des maux corporels.
Il est donc évident que l'âme, comme le corps, possède sa propre individualité. Mais si le corps subit une transformation, l'esprit n'en est pas nécessairement atteint. Si vous brisez une glace sur laquelle se reflète le soleil, la glace est cassée mais le soleil brille toujours.
Si la cage qui contient un oiseau est détruite, le petit oiseau reste indemne. Si une lampe est fêlée, la flamme peut continuer à brûler d'un vif éclat. Le même raisonnement s'applique à l'esprit de l'homme. Bien que la mort détruise son corps, elle n'a aucun pouvoir sur son esprit. Celui-ci est éternel, impérissable, à la fois sans commencement et sans fin."
- Les causeries d'Abdu'l-Baha à Paris
nicolas
 
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Re: La vie après la mort

Messagepar Patrick » 13 Juin 2018 18:04

Je suis très honoré de poster ce texte de Jean-Pierre, envoyé par mail pour le présent forum :

1) Rappel sur la convergence partielle entre les enseignements bouddhistes (Vajrayana / Bardo Thödröl et commentateurs ultérieurs) et la réflexion contemporaine sur les NDE.
Nous nous référons ici au tableau synthétique (« Les trois bardos de la mort
 (vue d'ensemble)
 » : http://forumswedenborg.com/viewtopic.php?f=10&t=3389). Le bardo du moment de la mort, premier des trois qui précèdent la renaissance, humaine ou autre, comprend deux phases fondamentales de dissolution de l’individu mourant, divisées elles-mêmes en phases secondaires :
- la dissolution externe est physique et consiste en 5 phases de résorption des éléments corporels les uns dans les autres (terre, eau, feu, air, conscience/espace), qui aboutit à la mort clinique telle que décrite par la médecine officielle.
- la dissolution interne est psychique (le corps étant mort, mais non l’esprit), et comprend trois visions (ou « chemins ») : blanche, rouge et noire (en fait un bleu très foncé type indigo) ; à la fin de la vision noire, la mort est effective et définitive, il n’y a pas de retour possible en arrière.
Les NDE s’expliquent donc de cette manière : ce sont des manifestations d’une des phases de la dissolution interne, qui n’est pas allée jusqu’à son terme, irréversible. Il est évident qu’elles sont rares statistiquement. Mais, comme la science médicale « historique » ne reconnaît pas la dissolution interne et estime à tort que la mort clinique est irréversible à la fin de la dissolution externe, elle ne peut expliquer les NDE. Il semble toutefois qu’une évolution soit en cours, et on ne peut que s’en féliciter.
Patrick critique le discours rationaliste dominant, selon lequel les visions des NDE seraient simplement le produit de réactions chimiques dans le cerveau (« ultime shoot de sérotonines et d’hallucinogènes sécrétés par le cerveau afin d’échapper à l’effrayante imminence de sa propre mort »). Alors même que l'auteur de ces lignes pense que la conscience « survit » après la mort clinique, de même qu'elle précède la conception, on ne peut écarter ce type d'objection « matérialiste » d'un revers de main. À notre sens, il faut plutôt s’interroger sur l’impact du traitement médicalisé de plus en plus fréquent et de plus en plus intense de la fin de vie lorsque des souffrances physiques se développent. L’examen scientifique des NDE implique donc de séparer les NDE médicalisées de celles qui ne le sont pas (accident par exemple) ou peu. Même dans le cas des comas, il convient de séparer les NDE au cours de comas provoqués de celles survenues au cours de comas « spontanés ». Celles-ci sont beaucoup plus crédibles que celles-là à cet égard.
Un des commentateurs du Bardo Thödröl, Tsélé Natsok Rangdröl (maître tibétain du XVIIe siècle), écrit ceci, dans un contexte où la mort n’est absolument pas médicalisée : « En ce qui concerne les dissolutions progressives, j’ai pris ici comme exemple la façon dont ça se passe pour les gens en général. Mais, puisqu’il y a des différences et des particularités en ce qui concerne les canaux, les vents et les essences des individus ou en ce qui concerne les maladies, les influences maléfiques, les causes de mort et leur puissance, il existe différentes séquences de dissolutions. Pour certains, tout se passe en une fois : on ne peut donc pas généraliser », (TNR : le miroir qui rappelle et clarifie le sens général des bardés, Éd. Dharmachakra, 1993, p. 38).
La référence aux « canaux, vents et essences » reflète les croyances de la médecine tibétaine traditionnelle, qui fonctionne encore aujourd’hui. Ce qui est important, c’est la référence aux maladies et influences maléfiques (démons), qui peut changer la donne de l’expérience vécue par le mourant, mais surtout la possibilité d’un changement dans le déroulement standard des deux grandes phases de dissolution. Ainsi, une NDE de vision blanche (apparemment la plus fréquente) pourrait intervenir au cours de la dissolution externe normalement antérieure à cette première phase de la dissolution interne, un peu comme la géobotanique observe des inversions d’étages de végétation en altitude, pour des raisons micro climatique. Cette explication pourrait pallier l’inconvénient logique consistant à poser une recomposition des éléments de la dissolution externe après un retour en arrière au cours de la dissolution interne ; dans cette optique, les NDE proviendraient, au moins en partie, d’une dissolution externe incomplète avec une phase de dissolution interne intercalée.
La possibilité de traitement statistique scientifique d’une importante base de données sur les NDE (Jeffrey Long) ouvre des perspectives intéressantes. Ainsi, on devrait observer une faible fréquence de NDE de vision rouge, voire quelques cas de fréquence rares de NDE de vision noire/indigo. Si d’autres couleurs apparaissent, il y a certainement des explications à trouver sur la base des énonciations de TNR, par exemple.

2) Une NDE « bleue » : Jacqueline P., 2009.
Ainsi, ma mère Jacqueline, victime en 2009 d’une opération inutile qui a mal tourné, et qui était « perdue » selon le chirurgien qui l’a finalement sauvée, m’a relaté une NDE de « mur bleu » qu’elle a franchi sous les yeux de trois personnages immobiles qui n’intervenaient pas : mon père, une amie proche et moi-même.
Très impressionnée une fois sortie d’affaire (coma provoqué de plusieurs semaines), elle a apporté un certain nombre de précisions à mes questions.
2.1. Je l’ai d’abord interrogée sur la nuance de bleu, en prenant soin de ne pas influencer la réponse. Après qu’elle me l’ait fournie, je lui ai montré une image de Sangye Menla, le Bouddha de médecine, qui est bleu profond (« béryl » pour être exact), mais non pas indigo ni bleu ciel pour prendre les deux extrêmes : elle me répondit que c’était ce bleu-là. Or, pendant cet épisode la concernant, j’étais à des milliers de kilomètres dans l’Himalaya et dans l’ignorance de ce qui lui arrivait, mais je récitais à son intention le mantra de ce Bouddha en vue de sa guérison des conséquences d’un AVC antérieur à cette opération insensée pour une vieille dame de 85 ans, qui ne souffrait pas de la cause de ladite opération (calculs biliaires). Il est donc possible que cette « vision bleue » soit due à une intercession de Sangye Menla à ma prière, et qu’il aurait positivement guidé la main du chirurgien : ceci est évidemment très subjectif et je n’en ai aucune certitude. Mais, sur la base des observations de TNR, il y aurait eu alors une influence non pas maléfique, mais bénéfique, à l’origine de cette NDE.
2.2. Ensuite, je l’ai interrogée sur le mur lui-même et son ressenti dans cette expérience de « traversée ». Elle me répondit qu’après avoir éprouvé de l’irritation face à la passivité des trois observateurs lorsqu’elle se trouvait devant ce mur bleu, elle l’a traversé debout, et non couchée ou assise. Et après ? lui demandai-je. Après, rien de spécial, j’étais bien, c’est tout, me répondit-elle.
2.3. Qui dit vision dit interprétation de son contenu, et on entre là dans un domaine de grande subjectivité. À noter sur ce plan que ma mère avait déjà fait connaissance avec Sangye Menla auparavant : lorsqu’elle se remettait des suites de son AVC avant mon départ pour l’Himalaya, je lui avais fourni deux représentations iconographiques à placer sur sa table de chevet : Sangye Menla, et Tara verte, divinité féminine qui protège des peurs et des dangers, qui est un peu l’équivalent de la Vierge Marie pour les bouddhistes du Vajrayana, avec comme conseil de les contempler périodiquement. Il est donc possible que la mémorisation du bleu du « mur » soit intervenue à ce moment, indépendamment des prières à distance. Il n’est pas à exclure que les deux phénomènes aient joué concurremment.

3) Sur la validité des témoignages de NDE en eux-mêmes.
Il convient d'être circonspect. En dehors même de l'hypothèse du mensonge et de l'affabulation, toujours possible (cf. la problématique OVNI), rien ne permet de valider la véracité et la lucidité de ces témoignages, dans la mesure où quasiment personne ne part de zéro connaissance/croyance/information sur la question. S'il y a des préjugés sur la mort, il y en a aussi chez les sujets des NDE, en partie ou en totalité. Un témoignage est toujours fragile, même si la bonne foi est entière.
En dehors même de ce phénomène d'incrémentation interprétative, il faut aussi compter avec le phénomène d'autosuggestion : plus on va développer la réflexion et les discours sur les visions communes à beaucoup de sujets des NDE, plus le sujet sera popularisé, plus elles vont se développer en longue période, et cela fera que les Patrick du futur pourront enfoncer le clou un peu plus...

4) Sur les NDE en tant que « preuves » de ceci ou cela : vues de l’esprit !
S’agissant plus précisément des visions qui tendraient à accréditer l'intervention d'un Dieu unique « baptisé » par précaution « Être de lumière » ou autre, et qui émaneraient de personnes non croyantes, il convient d'appliquer l'aphorisme précédent : nous sommes tellement immergés dans ces croyances depuis des siècles que nous finissons par les prendre au sérieux même si nous n'y adhérons pas formellement.
Même observation pour le Bouddha de médecine, Sangye Menla: je ne déduis pas de mes croyances personnelles qu’il doit exister aux yeux de tout le monde. D’ailleurs, les enseignements ne lui confèrent pas d’existence de façon ultime, comme dans le cas, de façon plus large, des divinités du bouddhisme tantrique, qui sont représentées avec divers attributs que l’on a appris à reconnaître. Ces divinités sont toutes des aspects pédagogiques de l’Éveil et servent de support notamment aux prières de souhaits ; elles peuvent être à ce titre « rencontrées » par les pratiquants dans le premier bardo, s’ils ont un karma positif et ont développé leur méditation, mais surtout dans le deuxième bardo postérieur à la dissolution interne, celui de la « réalité en soi », puissant, terrifiant et bref. Selon le Bardo Thödröl, en effet, cent divinités (42 « paisibles » et 58 « courroucées »), dites « Karling Shithro », peuvent en effet apparaître successivement si l’on parvient à adopter une attitude méditative stable face à un tel déferlement sensoriel et après avoir reçu l’initiation correspondante de son vivant.
Tout ce qui peut apparaître dans une NDE est une projection de l’esprit du mort en puissance, selon les enseignements du Vajrayana. Questionnés-es sur ce qui peut apparaître aux tenants d’autres traditions spirituelles, les lamas tibétains ou occidentaux précisent que ces personnes peuvent « rencontrer » le Christ, Dieu lui-même, divers prophètes juifs, ou le Prophète des musulmans, etc. parce que ce sont des projections de leur esprit dans le contexte qui est le leur ; en tout cas, elles ne risquent pas de rencontrer les cent divinités en question ! On ne doit donc pas être surpris par les récits de NDE qui mentionnent de telles rencontres, mais cela n’est porteur d’aucune preuve de l’existence de Dieu, de Sangye Menla, etc. On peut donc dire : oui, Dieu existe, puisque plein de gens croient en lui, et certains-es affirment même l'avoir rencontré dans une NDE. Et cela vaut pour Sangye Menla aussi… Mais poser que certains récits de NDE tendent à prouver l’existence de Dieu revient à prendre son désir pour une réalité. Cette préoccupation n’est pas un hasard, et le cas du Dr Moody est emblématique : en bon « étatsunien » et certainement en bon chrétien, il a été obsédé depuis le début de ses travaux par le fait de ne pas se mettre à dos les autorités religieuses chrétiennes de son pays, alors que son hypothétique équivalent français « laïc » s’en serait moqué comme d’une guigne…
Ces « vues de l’esprit » qui surviennent dans les NDE n’ont rien de négatif, de ridicule, ni de critiquable, bien au contraire, puisqu’elles favorisent le progrès sur un chemin spirituel pour les « rescapés de la mort », mais elles ne prouvent que deux choses :
a) L’esprit (ou la conscience) peut être totalement séparé du corps, et même le réintégrer dans certains cas, ce qu’en dit Patrick est juste.
b) Cette conscience autonome, surpuissante par rapport à son état normal à l’état vivant, peut créer des réalités virtuelles susceptibles d’interprétation en fonction des acquis religieux ou spirituels, même de façon indirecte pour les non croyants.
Le rêve pendant le sommeil (bardo spécifique lui aussi) est une préfiguration en miniature de cette situation dans les trois bardos liés à la mort et à la transition : on prend pour la réalité ce qui ne l’est pas. La mort est donc un super-rêve, mais, à la différence du rêve ordinaire, il nous est donné de connaître à l’avance ce qui nous attend, à peu de choses près.
Une anecdote significative : il y a une vingtaine d'années, l'Irlande (de culture très catholique) a été traversée par le phénomène des « moving statues » de la Vierge Marie, qu'on trouve en assez grand nombre dans ce pays. À partir de témoignages isolés de quelques personnes ayant vu telle ou telle statue bouger en la regardant attentivement un certain temps, de plus en plus de gens se réunissaient en face de ces statues pour dire ensemble un peu partout : « mais oui, regardez, elle bouge... ». Or point n'est besoin d'être un grand scientifique pour constater que, quand on fixe n'importe quoi longuement, ça finit par bouger ! Et surtout si l’on sait que ça peut se produire au nom de la crédulité religieuse ! Tout cela n'était finalement que de l'hystérie collective, mais les médias ne parlaient que de ça et les cathos les plus convaincus pensaient enfin tenir leur revanche sur le déclin de la foi dans leur pays au moment où l’on commençait à parler des turpitudes de certains membres du clergé catholique irlandais... Cette affaire était en quelque sorte une « NLE » (« near life experience ») collective, et non pas une NDE individuelle.
On ne peut pas exclure à cet égard que le phénomène NDE devienne une hystérie collective, une « NLE » du même genre que les « moving statues » Irlandaises.

5) Sur les allégations de Patrick sur le karma, en référence au bouddhisme et à l'hindouisme :
« Et lorsque l’on approfondit la question on obtient, dans le meilleur des cas, l’image autant archaïque que médiévale d’une vie après la mort soit, mais avec un jugement unilatéralement obsédé par la part de bien ou de mal, du bon ou du mauvais karma, qui conditionne ensuite paradis ou enfer, bonne ou mauvaise réincarnation. C’est la récompense ou la punition niveau école maternelle : si tu es gentil, tu auras un bonbon, si tu es méchant tu iras au coin. Comme si tout le phénomène humain et l’alchimie infiniment complexe de l’incroyable transformation que représente cette existence terrestre n’étaient réductibles qu’à ces deux seuls dénominateurs ».
Depuis quand la croyance en la « loi du karma » induisant une « vie après la mort », mais aussi nécessairement avant la naissance, est-elle médiévale ? Pour être un fan de l'histoire du Moyen-âge, nous n'avons jamais rien rencontré de pareil, d'autant plus que le christianisme omniprésent et obligatoire à cette époque sous peine des pires sévices impliquait de croire en la résurrection après passage au paradis, en enfer, ou au purgatoire à partir d'une certaine date de l'histoire théologique.
C'est un abus de langage de parler de « bon » ou « mauvais » karma, ce dernier induisant une « punition karmique », en cette vie ou dans une vie future, qui n'est pas nécessairement la suivante d'ailleurs. Il vaut mieux parler de « rétribution karmique » dans les deux cas (positif ou négatif), et c'est un mécanisme automatique qui s'inscrit dans le courant de conscience continu dont nous avons déjà parlé ; il est possible de s'affranchir de ce mécanisme, mais c'est long et compliqué. Le caractère automatique de ce mécanisme fait qu'il n'y a PERSONNE pour distribuer bons et mauvais points, sucettes ou coups de martinet : ni Dieu ni Diable. Donc l'image utilisée par Patrick n'est pas justifiée sur le plan de la critique externe de la spiritualité qui pose l'existence du karma, il n'y a personne qui habite à l'adresse indiquée. Archaïque, alors, la croyance dans le karma ? Peut-être, mais c'est alors une qualité, alors que le monothéisme est « moderne » et récent, donc fort suspect de dégénérescence spirituelle de l'être humain parti de très haut, comme nous allons le voir plus loin. « Old is beautiful » !
D’ailleurs, les effets du karma sont observables dans cette vie même : il n’y a pas plus volés que les voleurs, pas plus agressés que les agressifs, pas plus trompés que les menteurs, etc. D’autres effets, provenant d’existences antérieures, sont observables : propension à la chance ou à la malchance, attractivité physique ou non, milieu familial ou pays de naissance plus ou moins favorable à la réussite dans la vie, capacités intellectuelles plus ou moins importantes, dons artistiques (cf. Mozart pour la musique), certaines maladies comme l’autisme… Le vieux débat sur l’inné et l’acquis dans les qualités humaines n’a pas grand sens, car les deux sont le produit du karma. Nier l’existence du karma est nier l’évidence.
Ce qui fonde la spiritualité bouddhique sur un plan plus philosophique que proprement religieux et qui sous-tend le discours sur ce qui se passe après la mort tient en trois axiomes, non démontrables par définition :
- La croyance en une EXISTENCE, et non une VIE, après la mort, donc aussi avant la naissance humaine ou autre (animale notamment), s'appelle « samsara », ou « cycle des existences ».
- Ce « samsara » est le produit du KARMA des êtres sensibles (humains ou non), qui produit une composition généralement matérielle de ces êtres, mais aussi toute la matière terrestre et cosmique, appelée « manifestation » en lieu et place de « création »; cette composition se traduit nécessairement par son IMPERMANENCE, la mort étant évidemment une de ses formes les plus manifestes, mais aussi le vieillissement constant de l'être humain toute sa vie ; il existe aussi des êtres sensibles immatériels, que nous ne pouvons voir ou rencontrer, et qui évoluent dans des mondes de renaissance possibles pour nous (dieux, dieux jaloux ou « asuras », esprits avides ou « pretas », être des enfers brûlants ou glacés); ceci est représenté dans la « Roue de la Vie » (« Sipa Khorlo » de l’iconographie) ; oui, l’enfer existe, ce n’est pas une plaisanterie, et ça n’arrive pas qu’aux autres…
- Ce karma est le produit de l’IGNORANCE fondamentale de la réalité telle qu'elle est : le clivage entre « soi » et le « reste du monde » est illusoire, seul existe l'esprit, dans l'espace (la vacuité) et la lumière, et c'est peut-être cela que les monothéistes appellent Dieu ; mais alors, « Dieu » serait un état, et non une personne qui se manifeste éventuellement dans les NDE, et, dans cette perspective, la mort est une illusion, elle n'existe pas vraiment, sauf pour les autres (entourage, amis, ennemis...).
Cette dernière explication paraît simple, mais elle est difficile à « avaler ». Il semblerait en définitive que ce que les monothéistes appellent Dieu soit une combinaison, ou un amalgame, du karma et de la vacuité, dont l’origine est indéterminée par rapport à un état des lieux spirituels plus évolué. Le plus brillant des philosophes matérialistes du XIXe siècle, Ludwig Feuerbach, inspirateur de Karl Marx, a démontré que la croyance en un Dieu « personne » (et non « état ») est une projection anthropomorphique, un « éjet » lié à l’aliénation de l’être humain dans une société mauvaise : sur ce point, il n’y a aucune contradiction entre la philosophie matérialiste du XIXe siècle et l’optique bouddhique. Cette position n’engage que l’auteur de ces lignes, elle n’est représentative du discours officiel d’aucune autorité bouddhiste, qui n’a pas pour habitude de se référer à Feuerbach ou à Marx.
Lors d'un enseignement récent dans un centre bouddhiste, une participante pose au lama (Tibétain) la question : « Peut-on être bouddhiste sans croire au cycle des existences ? » Traduction, réponse du lama en tibétain, réponse de la traductrice : « oui, c'est possible ». Froncements de sourcils et mouvements divers dans la salle, la plupart des présents (es) étant bouddhistes - ce qui n'était évidemment pas le cas de la femme à l'origine de la question - et ne pouvant pas croire que le lama énonce une telle contre-vérité. Perception de l’impact dubitatif par le lama, propos complémentaires de sa part en tibétain, et rectification de la traductrice : « C'est à dire que oui, on peut être une bonne personne (non bouddhiste) dans ce cas ». Soupir de soulagement généralisé : le lama a répondu diplomatiquement, ne voulant probablement pas paraître sectaire vis-à-vis d'une personne probablement de sensibilité chrétienne et souligner que la bonté source de karma positif et de renaissances positives n'est pas l'exclusivité d'une seule spiritualité.
D'autres participants à des enseignements sur la mort par un lama français ont posé des questions sur les fameux « plans d'existence supérieurs » dont parle Patrick, en référence à Swedenborg. Le lama a répondu que ces plans n'existent pas, à moins qu'il ne s'agisse d'une renaissance dans différents niveaux du monde des dieux dits « sans forme », auquel cas on est toujours dans le samsara, et une renaissance inférieure étant inévitable au bout d'un temps qui peut être très long. Il faut évidemment un karma très positif pour bénéficier d'une telle renaissance, c’est rare, et sans grand intérêt en définitive. Mais ce n’est en aucune manière un schéma usuel.
Cette « obsession » du karma est tout à fait justifiée, mais il ne sert à rien de « flipper » là-dessus. Il suffit d'être conscient des enjeux et d'en tirer les conséquences en matière de gestion des « trois portes » du karma au niveau personnel : le corps surtout, la parole beaucoup, et l'esprit dans une mesure plus faible (parole), et envisager de le faire (esprit), il y a un karma négatif décroissant, avec un fort contraste entre le premier et le troisième, à l'évidence.
Ce sera tout pour cette fois-ci. Un grand merci à Patrick pour son travail intense et son animation bienveillante du forum. Je fais pleinement mien son propos : « le sens que nous donnons à la mort conditionne aussi pour une grande part notre façon de voir la vie, de nous percevoir nous-mêmes, ainsi que ceux qui nous entourent ». Là est sans doute l’essentiel, au-delà des hypothèses et des constructions diverses qui nous amènent à ces affrontements chevaleresques et dépourvus de toute animosité.
Bon karma et bonne renaissance à tous et à toutes !

Jean-Pierre
Patrick
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