Le suicide et les suicidés dans l'autre vie

Ce forum est consacré à la question de la vie après la mort. Lire à ce sujet les pages dédiées à cette question sur le site : emmanelswedenborg.info. N'hésitez pas à poster vos questions, et à partager vos reflexions et vos expériences dans ce domaine.

Le suicide et les suicidés dans l'autre vie

Messagepar Patrick » 30 Sep 2016 17:01

En réponse à une question transmise par mail :

« Mon épouse Patricia, voudrait poser la question de savoir ce qu'il advient des âmes des personnes suicidées quand elles arrivent dans le monde des esprits ? »

Bienvenue, Patricia sur ce forum des amis (es) de la sagesse, et un grand merci pour cette question d’importance. En effet il est rare dans la vie d’un être humain que la question du suicide ne se pose pas à un moment ou un autre, et aussi parce que tout le monde je crois, a perdu un proche, un ami, une relation à cause d’un suicide, et je suppose que si vous me posez cette question c’est que c’est peut-être votre cas.

Comme nous l’avons vu avec les enseignements sur la vie après la mort (voir site Swedenborg : "Y-a-t-il une vie après la mort ? ) une fois la mort du corps advenue, notre esprit passe dans une autre dimension de conscience et d’existence. Notre esprit, doté d’un corps d’une autre nature, se dégage de l’enveloppe physique, et de ce plan d’existence terrestre.

Cette frontière franchie, nous sommes accueillis dans l’autre monde par un ou des êtres de lumière, en présence duquel ou desquels nous faisons l’expérience d’une supra-conscience que rien sur la Terre ne nous permet de concevoir. Dans cet état de surpra-conscience, nous sommes souvent amenés à revoir toute notre vie, non comme un simple défilé de souvenirs, mais de l’intérieur, à partir de tout ce que nous avons pu ressentir, vouloir, penser, dire et faire, et de voir aussi toutes les répercussions de tout ce que nous avons été ou pas, sur tous ceux qui nous ont entourés. A travers cette remémoration, et à la lumière de cette supra-conscience, nous sommes amenés à opérer une ré-évaluation en profondeur de nos êtres, de là où nous en sommes, et de là où nous souhaitons à présent aller, ce qui détermine notre devenir ultérieur et en partie aussi le nouveau monde dans lequel nous allons nous incarner afin de poursuivre notre chemin. C’est ce processus que la Tradition a symboliquement représenté par le “Jugement” ou le “Jugement Dernier” (voir le forum sur ce sujet).

Je crois qu’il importe de bien comprendre qu’il n’y a là personne pour nous juger, nous condamner et nous damner à aucun enfer. Il n’y a donc ni père fouettard, ni chaudron de poix et de feu éternel. Point non plus de récompenses pour toutes nos bonnes actions et encore moins de billet pour le Paradis. Nous n’irons que là où nous aspirons à aller, et ne deviendrons que ce que nous voulons devenir, en toute liberté.

L’être de lumière, les esprits angéliques, ou les esprits de parents ou de proches défunts, peuvent par ailleurs nous guider et nous instruire dans ce processus de réévaluation, dans la lumière d’un amour inconditionnel qui ne nous veut que du bien, et où le reste ne dépend plus que de nous et des aides que nous nous associons ensuite afin de continuer notre marche.

Nous commettons des erreurs, et parfois aussi des fautes, en enfreignant certaines lois immuables de l’Univers, comme celle de ne jamais attenter à sa propre vie, par exemple. Nous n’en prenons souvent pleinement conscience qu’à ce moment, celui où s’ouvre pour nous le grand Livre de Vie. Dans la plupart des cas nous aspirons alors à pouvoir faire quelque chose pour nous racheter à nous-mêmes, afin de nous rendre simplement digne de recevoir cette nouvelle lumière qui ne fait que nous aimer et qui n’aspire qu’à nous aider.

« En effet, qui d’entre vous, si son fils lui demande du pain, lui donnera une pierre ? Ou s’il demande un poisson, lui donnera-t-il un serpent ? Si vous donc qui êtes mauvais, savez donner des bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père qui est aux Cieux, donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui le lui demandent. » (Mt 7 : 7-11)

Le Divin ne manque jamais de donner à celui qui y aspire sincèrement les moyens de se “redresser”. Comme nous sommes souvent appelés à nous réaliser à travers ce par lequel nous sommes d’abord mis à l’épreuve, ceux qui attentent à la vie, de quelque façon que ce soit, sont souvent appelés à aider ensuite d’autres personnes qui se trouvent dans une situation analogue à celle qu’ils ont vécue. Leur nouvelle mission étant de veiller à préserver et sauvegarder la vie, parce qu’elle est un des pouvoirs les plus sacrés de l’Univers, parce qu’elle est le don Divin par excellence. Après l’oeuvre au noir, vient le temps de l’oeuvre au blanc, après l’obscurité vient la lumière, après le désespoir et la mort, viennent la renaissance et la reprise en main de nos destins sur un plan de réalité infiniment plus élevé, où ces choses-là sont aussi évidentes, que le pain et le vin posés sur la table de la cuisine, et même bien davantage.

C’est la raison pour laquelle tous les suicidés qui sont revenus de la mort, grâce aux techniques modernes de réanimations, et qui ont confronté au cours d’une NDE cette réalité, et ceci malgré la difficulté et le regret bien souvent d’avoir à réintégrer ce plan terrestre, disent ne plus jamais désirer mourir avant que leur heure ne soit venue. Nombre d’entre eux, en effet, y ont acquis la certitude de l’origine Divine de toute vie. Réconciliés avec la vie, ils n’aspirent plus qu’à la respecter, à en prendre le plus grand soin, et la cultiver pour la faire grandir en eux et autour d’eux. S’il en est ainsi pour ceux qui sont appelés à revenir sur Terre, combien davantage en est-il encore pour ceux qui sont appelés à continuer de l’autre côté ! Dans un cas comme dans l’autre, ceux qui tournent le dos à cette seconde chance sont extrêmement rares.

Chaque cas de suicide est évidemment très différent, ne sachant pas à quel possible suicide vous faites référence, il m'est difficile de donner une réponse plus précise. N’hésitez pas à en parler si besoin. Par ailleurs mon collègue, Jean, m'a fait parvenir pour vous quelques textes très intéressants sur le sujet, que nous exposerons lors d’un prochain message.

En attendant, je souhaiterais évoquer les paroles d’un chant-médecine d’inspiration amérindienne qui a le pouvoir de nous rappeler les quelques fondamentaux qui font que la vie est un don précieux et inaltérable :

« Oh Grand-Esprit nous te remercions infiniment pour le don immense que tu nous fais de vivre. Nous te remercions pour ce monde de Paradis, pour ce nouveau jour qui s’ouvre devant nous. Protège nos pas et guide nos esprits, donne-nous les visions qui conduisent.
Nous accueillons le feu de ton Esprit, nous recevons la fleur de ta lumière.
Nous accueillons ton pouvoir de création, nous recevons ton pouvoir de guérison. »

La mélodie de ce chant est très belle, elle sonne comme un appel à réveiller notre conscience intérieure.

Tout avec vous.

Patrick
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Re: Faute, souffrances et miséricorde

Messagepar nicolas » 13 Déc 2016 11:33

Bonjour,

Voici une petite contribution sur la condition des suicidés dans l'autre vie :

La foi baha'ie dit ceci :

«Dieu qui est l'auteur de toute vie peut seul la reprendre et en disposer de la manière qu'il juge la meilleure. Quiconque se suicide met en danger son âme et en conséquence souffrira spirituellement dans les autres Mondes de l'au-delà."
(Lights of Guidance : A Bahá'í Reference File)

Toutefois, au sujet des suicidés, il est indiqué ailleurs dans les enseignements baha'is que Dieu sera miséricordieux et pardonnera : «Il sera immergé dans l'océan du pardon et deviendra le réceptacle de la générosité et de la faveur».
"He will be immersed in the ocean of pardon and forgiveness and will become the recipient of bounty and favour."

Dieu est amour et bonté. Et comme le dit justement Patrick dans le topic «Textes pour accompagner les morts», l’idée d’un Dieu vengeur et père fouettard n’est que vaine imagination.

Il faut aussi rappeler le pouvoir de la prière. Celle-ci agit comme un aimant ! Et nous avons ici-bas la possibilité d'intervenir en faveur de nos morts par la prière afin que l'âme de ceux qui nous ont quittés progresse dans les mondes de Dieu.

Un peu de baume au coeur pour apaiser la douleur de la perte d'un proche !

Bien à vous,
Nicolas
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Re: Condamnation morale et religieuse

Messagepar Patrick » 14 Déc 2016 16:29

Voici un message envoyé par un internaute par mail, pour ce forum :

Cher amis

Patrick, à propos de votre texte : réponse assez approfondie sur les personnes qui se donnent la mort. Par contre, la dernière partie me semble un peu plus délicate à transmettre à des personnes qui ont perdu un proche par le suicide.

Stipulant que les suicidés qui reviennent à la vie ne désirent plus ensuite mourir avant que leur heure ne soit arrivée, étant devenus plus respectueux de la vie, ils pourraient alors se demander si celui qui se suicide n’était pas respectueux de la vie, ou que l’acte du suicide l'ait rendu irrespectueux de la Vie ?

Je pense que la forme peut prêter à confusion, alors que ce que vous exprimez signifie certainement que cette expérience de contact avec l’Esprit les amène à une tout autre vision de ce qu’est la vie et qu’ils ne peuvent plus agir de la même façon comme l’acte de se retirer la vie.

Voilà un petit détail que j’ai remarqué, alors que tout le reste me semble juste, retirant le côté moralisateur de la religion. Vous l’exprimez à travers le jugement dernier qui dénonce toute accusation de faute, car les bras du Divin sont plein d’Amour et nous accueille avec tout ce que nous sommes. C’est une lecture de l’âme et non un jugement qui condamne.

Cela me rappelle un prêtre qui disait que la confession telle qu’elle était pratiquée n’était pas intéressante, qu’il suffisait de prendre un temps de recueillement pour voir si notre vie était en alignement avec le sens que l’on veut lui donner, je pourrais dire en alignement avec notre âme. Il est certain que cette confession me convenait mieux que celle qui accable de fautes.

Le message de Nicolas est super. Il caractérise vraiment la condamnation morale de l’acte de se suicider à travers l’empreinte religieuse.

De tout cœur avec vous.

Eric
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Re: Amour inconditionnel ou jugement et sanction ?

Messagepar Patrick » 21 Déc 2016 17:35

Chers amies (s)

Eric, un grand bienvenu tout d’abord sur ce forum des "philo-sophes", des "amis de la sophia". La "sophia", c’est cette "sagesse", qui n’est pas une connaissance seulement mentale et intellectuelle, mais surtout intérieure et spirituelle.

Je vous remercie pour votre bon feedback et votre point de vue que j’ai trouvé très sensible et très juste.

Comme vous, j’ai moi-même été choqué par la citation de Nicolas : “Quiconque se suicide met en danger son âme et en conséquence souffrira spirituellement dans les autres mondes de l'au-delà.” Et de trouver plus loin qu’au bout du compte : “Dieu sera miséricordieux et pardonnera, finalement ...”.

Ce scénario me dérange à plusieurs égards. D’abord c’est la double peine pour celui ou celle qui vient de perdre un proche par suicide. Celle d’abord de perdre un proche dans des circonstances aussi dramatiques, et celle ensuite de le savoir par surcroît condamné pour son acte à des souffrances spirituelles par delà cette vie. D’un point de vue psychologique, je ne suis par certain que ce soit une réponse très thérapeutique, pour celui qui est à vivre un tel deuil.

Mais il y a plus, nous avons affaire ici à un scénario de relation Divino-humaine que l’on retrouve régulièrement dans les trois grandes religions monothéistes et patriarcales que sont le judaïsme, le christianisme et l’islam. A l’image de de notre justice humaine, lorsque nous commettons une faute nous sommes jugés et condamnés à une peine de souffrances et de réparations en rapport avec la gravité des faits. Mais il y a un joker, comme le bon Dieu est miséricordieux, au bout du compte on peut espérer une remise de peine, à condition de se repentir et d’implorer son pardon afin qu’il nous accorde sa grâce rédemptrice.

Cette vision extrêmenent réductrice est liée à une lecture et une interprétation tout à fait littérale des trois grands textes sacrés que sont, pour ces religions du Livre, la Miqra (ou Tanakh), la Bible et le Coran. Cette façon d’envisager la relation de l’homme au Divin a quelque chose de médiévale, pour ne pas dire d'archaïque. C’est le scénario que proposent pourtant de nos jours encore un bon nombre d’églises et de religions. Quand parviendrons-nous donc à nous dégager tout à fait de ces notions de fautes, de péchés, et de culpabilités, et de l’image d’un Dieu juge et censeur. Quand comprendrons-nous aussi que cette notion de “grâce” Divine, qui nous exempterait du péché et des châtiments qui en sont la conséquence, est tout simplement absurde.

Croyez-vous vraiment que le Divin ait envie d’avoir comme partenaire une créature coupable et morfondue, implorant sans cesse son pardon en d’incessantes plaintes et complaintes pour ses innombrables péchés ?

Auriez-vous envie vous-mêmes d’un tel compagnon ? Si oui, je vous conseille d'aller consulter un psy !

Le Divin ne juge et ne condamne jamais personne, il ne pardonne non plus aucun péché et ne gracie jamais aucun homme, car il aime et accueille tous les hommes quels qu’ils soient, comme ses propres enfants. Il laisse l’homme à lui-même, à ses propres fautes ou péchés ainsi qu’à leurs conséquences, libre et responsable de son propre destin, si ce n’est terrestre, tout du moins intérieur, celui de sa conscience.

Il prend donc soin de tous, de ceux qui se tournent vers lui, comme de ceux qui l’ignorent ou qui lui tournent le dos, car il est la force bienveillante même qui tient tout ensemble, la matière, l’univers, l’homme et toutes les créatures.

Il vient vers tous ceux qui se tournent vers lui, mais aussi vers tous les autres, pour les guider et les accompagner, les faire grandir et les élever, à travers les bonheurs et les malheurs, les erreurs et les victoires intérieures, que représentent le chemin de cette vie en ce monde, et dans les autres mondes, à éternité.

Ce que nous nommons fautes ou péchés, Dieu les nomment erreurs. Il les utilise, non pour nous punir et nous accabler de souffrances, mais pour nous faire grandir en conscience et en humanité, afin de nous aider à accomplir notre destin, ce qui est très différent, les amis.

Le paradoxe est que ces enseignements, que Swedenborg a si bien su dégager et mettre en lumière, sont au coeur des trois livres sacrés du Tanakh, de la Bible et du Coran. A condition évidemment de les aborder avec discernement et d’en avoir une lecture “spirituelle”. De plus, et de façon tout à fait inattendue, l’ensemble de cette sagesse, est depuis peu largement confirmé et prouvé par la médecine et la science, à travers la recherche et la littérature récentes sur les “Near-Death-Experience”, les “expériences proches de la mort”.

Si, ni la Bible, ni Swedenborg n’en disent rien, ce qui est assez surprenant compte tenu des nombreux suicidés, le Docteur Raymond Moody, précurseur dans l’étude des “NDE”, y consacre un chapitre entier dans le volume qui viendra compléter son célèbre best-seller mondial : “La vie après la vie”, Robert Laffont, Paris, 1975. Livre qui a produit une véritable prise de conscience collective et ouvert la recherche dans ce domaine à un niveau mondial.

Son deuxième volume, beaucoup moins connu : “Lumières nouvelles sur la vie après la vie”, Robert Laffont, Paris, 1977, en constitue un très utile et riche complément, dont voici quelques extraits tirés de son chapitre intitulé, “Le suicide” :

« Mis en face du fait que des êtres humains, revenus à la vie après une mort apparente, ont relaté des expériences spirituelles, on s’est parfois demandé quelles interprétations pouvaient être tirées de ces rapports en ce qui concerne le suicide.

Tout ce que nous pouvons faire est de formuler deux questions :

1. Les sujets qui ont été proches de la mort par suite de causes autre qu’une tentative de suicidaire reviennent-il avec des conceptions particulières concernant le suicide ?

Les personne ayant fait l’expérience d’une “mort” temporaire ont souvent affirmé qu’à un moment donné elles ne souhaitaient pas revenir sur terre ; en dépit de quoi ces mêmes personnes sont unanimes à répudier le suicide en tant que moyen de retrouver de tels états. Elles disent, à leur retour, avoir appris au cours de leur aventure qu’elles avaient ici un devoir à remplir, désirant plus que jamais se vouer entièrement aux exigences de cette vie-ci.

Plusieurs personnes qui avaient failli mourir m’ont dit que, tandis qu’elles se trouvaient de l’autre côté, l’idée leur avait été suggérée que le suicide était un acte des plus déplorables, encourant une peine sévère. Ainsi voici ce que m’a dit un homme qui avait été tenu pour “mort” à la suite d’un accident.

Pendant que je me trouvais de l’autre côté, j’eus le sentiment que deux choses me seraient également interdites : me tuer, ou tuer quelqu’un. Si j’en venais à me suicider, ce serait comme si je refusais le don de Dieu en le lui jetant à la face. Tuer quelqu’un d’autre, c’est se mettre en travers du plan que Dieu a conçu pour cet homme ...

Un autre homme, qui survécut à une apparente mort clinique d’une certaine durée, disait que tandis qu’il était “là-bas” il avait eu le sentiment que certains suicides entraînaient une sanction, une partie de celle-ci consistant à être témoin des souffrances que cet acte allait susciter chez d’autres.

2. Les témoignages qui résultent de tentatives de suicide diffèrent-ils en quoi que ce soit de ceux qui ont eu une autre origine ?

J’ai rencontré plusieurs exemples de morts apparentes consécutives à des tentatives de suicide. Tous ces témoignages concordent sur un point : ils ne résolvaient rien. Ils se retrouvaient assaillis par les mêmes problèmes que ceux dont ils avaient cru s’affranchir en se suicidant. Quelle que fût la situation difficile à laquelle ils avaient tenté de se soustraire, ils la retrouvaient de l’autre côté intacte. »

Swedenborg dit à ce sujet que : “Chaque état de l'homme non seulement reste dans l'autre vie, mais encore "revient" même, tout à fait tel qu'il avait été lorsque l'homme vivait dans le monde.”
(AC 1906)

« Tous ont déclaré qu’après ce qui leur était arrivé ils n’envisageraient plus jamais le suicide comme une solution. Tous estimaient qu’ils avaient commis une erreur.

“J’ai compris à ce moment-là que notre vie ne représente qu’une infime portion de temps, alors qu’il y a tant de choses à faire pendant qu’on est sur terre. Tandis que quand on meurt, c’est l’éternité.”

J’ai demandé son avis sur le sujet à un de mes amis, un psychiatre qui avait fait l’expérience d’un “autre monde” pendant une mort clinique, il m’a fourni une réponse intéressante. Il a exprimé sa croyance en un Dieu qui, de par sa nature, comprend, pardonne et fait régner la justice à un point qu’il nous est impossible, à nous humains, de concevoir. Dieu prend soin de ces problèmes tels qu’il les voit dans sa Sagesse et son Amour. Ce dont un suicidaire a besoin, ce qu’il doit pouvoir attendre de nous, ses frères humains, ce n’est pas un jugement, mais de l’amour et de la compréhension. » (Le suicide : pages 79 à 84.)

Je recommande grandement la lecture de ces deux ouvrages majeurs dans ce domaine de recherche.

Soulignons avec Moody que chaque scénario de suicide est différent, et qu’il faut de ce fait se garder de toute affirmation et généralisation. Entre un suicide lié à une déception amoureuse, un échec social, des persécutions, une dépression, une grave maladie, à la folie ou à la mort à petit feu liée à des comportements et des habitudes suicidaires, il y a des galaxies de distance.

Existerait-il également une différence entre suicide et mort volontaire ? Le premier pouvant être un acte de désespoir, le second un acte responsable et choisi en toute conscience ? Difficile à dire.

Je pense à Socrate, ou Jésus, qui se sont volontairement “suicidés” en allant au devant de leur persécuteurs, en refusant de se défendre lors de leur procès, et en accueillant leur martyr comme une consécration et une libération ultime, au lieu de s’esquiver ou d’accepter l’exil, comme ceux qui les entouraient l’espéraient.

On voit bien ici à quel point la frontière entre suicide et mort consentie et altruiste, est subtile, délicate et complexe. C’est pour ces raisons qu’il faut nous garder absolument de tout jugement à l’égard de ce qui dépasse notre entendement.

Voici ce que Swedenborg nous dit à ce sujet :

« A ce que je viens de vous exposer, je dois ajouter une observation que vous aurez souvent l'occasion de vérifier : c'est que la vie au-delà de la sépulture est d'une extrême diversité. Non seulement ce qui est vrai pour l'un ne l'est pas de tous, mais encore l'esprit de chaque personne y traverse des phases fort différentes. »

“Vous aurez souvent l’occasion de vérifier que la vie de l’au-delà est d’une extrême diversité.” Oui, sauf qu’il aura fallu attendre plus de deux cents ans avant de pouvoir le faire, grâce aux études portant sur les très nombreux témoignages de personnes réanimées après un état de mort clinique.

Une bibliographie détaillée et commentée de cette littérature toute récente est à votre disposition sur le site Swedenborg :

http://emmanuelswedenborg.info/enseignements/lavieapreslamort/viepostmortembiblio.html

Concernant la question de la miséricorde Divine, l’humanité n’est-elle pas collectivement engagée dans un processus suicidaire, dont nous subissons déjà les effets, avec la sixième extinction et le réchauffement climatique que connaît actuellement la biosphère ? C’est le moment d’implorer la miséricorde Divine, je suis certain qu’elle va tout de suite venir nous tirer d’affaire ! ...

Le sujet est donc loin d’être clos, aussi n’hésitez pas à amener questions, notes de lecture, réflexions et expériences, afin d’aider tous ceux qui s’interrogent sur cette douloureuse et difficile question du suicide, et du destin des suicidés dans l’autre vie.

Tout avec vous, sur les chemins de cette toute nouvelle connaissance.

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Re: Les suicidés dans l'autre vie

Messagepar nicolas » 22 Déc 2016 23:12

Bonsoir,

Ce que sont les mondes de Dieu, nul ne le sait. La science pas plus que les expériences de NDE ne peuvent les expliquer car la compréhension humaine ne saurait appréhender des concepts qui lui sont inconnus, tout comme le foetus ne peut envisager ce qu'est la vie à l'extérieur du ventre de sa mère.

Les religions de Dieu condamnent le suicide. les expériences de NDE semblent visiblement le confirmer. Dieu pose des « garde-fous » pour protéger l’homme. Celui qui s’ôte la vie reste toutefois un enfant de Dieu car Dieu est amour.

On ne saurait connaître la nature de la souffrance spirituelle dont parle la religion. Peut-être s’agit-il de la souffrance de voir ses proches souffrir après son départ comme le cite Patrick ?

La mort est messagère de joie. Et toutes les âmes progressent dans les mondes de Dieu, quel qu'est pu être leur cheminement !

"Si nous avions connaissance de l'autre monde, et si l'esprit pouvait concevoir sa gloire, nous ne désirerions pas un seul instant rester ici-bas. Le dessein de Dieu pour l'homme est de poursuivre son développement spirituel éternellement. La vie sur terre n'est que la première étape de ce développement. Nous atteignons l'autre monde après avoir quitté notre forme physique. Nous nommons ce passage, mort, en raison de notre manque de compréhension. Un terme plus approprié serait "une vie plus abondante"…
Baha'u'llah
(traduction libre)


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Re: Les suicidés dans l'autre vie

Messagepar nicolas » 23 Déc 2016 18:10

Bonjour,

Je me permets une réflexion sur le dernier post de Patrick.

"Ô fils de l'homme !
Voilé en mon être immémorial et dans l'antique éternité de mon essence, je connaissais mon amour pour toi, aussi t'ai-je créé. Aime-moi donc afin que de l'esprit de vie, j'emplisse ton âme."
*Baha'u'llah.

On peut comparer la relation que Dieu entretient avec l'homme, avec la relation parent-enfant.
Dieu pose des limites-lois à l'homme tout comme un parent pose des limites à son enfant.
"O fils de l'homme ! Ne transgresse pas tes limites et ne réclame pas ce qui ne te convient pas."*
Le mot loi peut être synonyme de contrainte dans l'esprit de l'homme or d'un point de vue divin il s'agit de tout autre chose : "Ne croyez pas que Nous vous avons révélé un simple code de lois. Nous avons plutôt décacheté, avec les doigts de la force et du pouvoir, le vin de choix…"*

Notre éducation judéo-chrétienne parle de péchés, culpabilité, châtiment... Comme vous le dites Patrick, ne peut-on pas simplement parler d'erreur (de maturité) ou d'erreur par ignorance. Tout comme un enfant se fait réprimander pour une erreur, Dieu réprimande mais aussi pardonne car la relation parent-enfant ou Dieu-homme est basée sur l'amour. Et Dieu est Celui qui toujours pardonne.* Cela n'a rien à voir avec un "joker". Il n'y a pas ici lieu d'intellectualiser un pseudo scénario. Et ce n'est pas parce qu'on dit à un enfant qu'il a fait une bêtise voire qu'on le réprimande qu'on en fait une "créature coupable et morfondue…" à moins que la relation soit dépourvue d'amour, or l'essence même de la relation Divino-humaine est amour, quelque soit le degré de l'erreur commise.
" Toutes choses, je les ai voulues pour toi, par amour pour toi."
"Mon amour est en toi, sache-le afin de me trouver près de toi."*

Donc oui, la justice divine existe, n'en déplaise à la psychologie et à l'idée d'une interprétation littérale voire archaïque des textes sacrés. Mais la nature même de punition divine semble nous échapper. L'homme emprunt d'une éducation héritée de l'obscurantisme religieux peut-il pleinement comprendre la notion divine de punition ?

Par ailleurs, l'idée d'une punition n'est pas contradictoire avec le fait que Dieu "aime et accueille tous les hommes quel qu'ils soient comme ses propres enfants". Ce n'est pas parce qu'on réprimande un enfant qu'on l'aime moins.

Non, Dieu ne laisse pas "l'homme à lui-même, et à ses propres fautes ou péchés ainsi qu'à leurs conséquences, libre et responsable de son propre destin…" Car tel un parent qui aime son enfant et le guide dans ses moments d'égarement, Dieu, comme vous le dites Patrick, "prend soin de tous" à tout moment et en toute circonstance et lui montre le chemin "car Il est la force bienveillante même…"

Alors que la raison même d'une plante est de croitre avec l'aide de la lumière, celle de l'âme est de se développer spirituellement dans les mondes de Dieu sous Sa guidance. Le développement de l'âme est éternel car les perfections sont infinies.

"Ô fils de l'esprit !
Mon droit sur toi est grand, il ne peut être ignoré. Ma grâce envers toi est munificence, elle ne peut être voilée. Mon amour habite en toi, il ne peut être caché. Ma lumière est évidente pour toi, elle ne peut être occultée."*

Bien à vous,
Nicolas
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Re: Suicide, karma négatif, et non communication

Messagepar Patrick » 08 Jan 2017 15:58

En réponse à Patricia et Nana, je dirai simplement que, dans la tradition du bouddhisme indo-tibétain, il n’y a pas de différence fondamentale entre prendre une vie humaine (meurtre) et prendre sa propre vie, en termes de fardeau karmique très négatif. Je me réfère ici aux explications données dans ma contribution “Brève introduction au Brado Thödol”. Voir le sous-forum, “Le Livre des Morts Tibétain et Swedenborg” : http://forumswedenborg.com/viewtopic.php?f=10&t=3389

On ne peut pas de ce fait dire ce qu’il advient des suicidés après la mort, puisque tout dépend du reste du karma de la personne, lié aux vies antérieures, et c’est inconnaissable, sauf par certains grands maîtres qui ont atteint l’état de bouddha ou qui en sont très proches. Mais, bien sûr, la motivation du suicidé et du meurtrier sont très différentes, et le karma négatif engendré par un meurtre est certainement supérieur.

Il est dit que certains suicidés peuvent errer très longtemps dans le troisième bardo et avoir une renaissance tardive, comme les victimes de mort violente, au prix de grandes souffrances.
Sur la question de savoir si une personne qui s’est suicidée peut revenir aider ses proches, la réponse est non, mais c’est valable pour tout le monde! Il n’y a pas de communication entre les morts et les vivants, si ce n’est que les morts en transit du troisième bardo peuvent percevoir ce que font et pensent les vivant. Les pratiques des médiums et du spiritisme sont illusoires sur ce point, et accessoirement dangereuses: on accroche bien des entités de mondes parallèles, mais ce ne sont pas les esprits des morts.

Les enseignements de la spiritualité bouddhiste recommandent fortement ne pas se suicider, quelles que soit les bonnes raisons que l’on peut avoir de le faire, et de tout faire pour empêcher quelqu’un de suicider, dans son intérêt futur.

En d’autres termes: si la vie ne vaut rien, rien ne vaut la vie ...

JP
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Re: Suicides karmas variables communication avec les esprits

Messagepar Patrick » 19 Fév 2017 17:14

Chers amis,

Un grand merci à tous pour vos très riches messages. Comme vous l’aurez remarqué, il m’arrive parfois de forcer le trait et de provoquer un peu la polémique, mais c’est toujours afin de mieux faire ressortir les limites, les aberrations parfois aussi, dont “les religions de Dieu” comme vous dites, ne manquent jamais de nous affubler, pour des raisons à mon avis plus humaines que divines. L’exercice consiste ici à aiguiser notre esprit critique, en sachant faire la part justement de Dieu et des hommes en toutes choses, afin d’acquérir plus d’indépendance d’esprit, et de discernement dans les choses de la religion et de la vie.

Cher Nicolas, permettez-moi à présent de vous citer, afin de commenter certains points que vous avez soulevé dans vos deux derniers messages.

« Ce que sont les mondes de Dieu, nul ne le sait. La science pas plus que les expériences de “NDE” ne peuvent les expliquer. »
Je comprends ce que vous voulez dire, nous avons affaire à un domaine de réalité qui nous dépasse tellement, qu’il nous est fondamentalement inaccessible. C’est certainement vrai, mais c’est fort heureusement aussi en même temps faux. S’il avait fallu ne s’en remettre qu’aux “mystères de Dieu”, nous n’aurions jamais découvert que la Terre était ronde ni qu’elle tournait autour du soleil. Nous n’aurions jamais inventé non plus le microscope pour découvrir le monde cellulaire, ni le télescope pour découvrir celui des planètes, des étoiles et des galaxies ; sans parler des découvertes de la médecine grâce à l’anatomie, pour ne citer que quelques exemples. Que la médecine et la science viennent à présent pour nous dire : oui, la conscience existe en dehors du corps ; oui, il y a une vie après la mort ; oui, il y a un Dieu infiniment personnel qui se nomme universellement “l’Etre de Lumière”; oui, il existe dans l’au-delà une multitude de mondes ; oui, nous y avons une destinée qui est en rapport avec ce que nous avons intérieurement accompli au cours de cette vie terrestre, et qui s’inscrit en parfaite continuité avec celle-ci – devrait nous réjouir et nous réconforter grandement.

« Les religions de Dieu condamnent le suicide et les expériences de NDE semblent visiblement le confirmer. »
C’est globalement vrai, mais c’est un point qu’il faudra pourtant nuancer. De nombreuses religions ont pratiqué, tout au long de l’antiquité des sacrifices humains, parfois consentis, et prodigué diverses formes de mort volontaire, qui pourraient aisément être interprétées comme suicidaires. Je pense à la théologie du martyr de l’Eglise Primitive dans l’empire romain des trois premiers siècles, et a de nombreuses “ascèses” ou pratiques de vie tout à fait mortifères. Loin de moi l’idée de légitimer ces pratiques religieuses qui ne peuvent nous sembler à présent qu’archaïques, mais notons bien que la réalité est toujours infiniment plus complexe que nous pourrions le croire. Et à chaque fois que nous tranchons un sujet d’une façon trop nette, la réalité ne tarde jamais à nous rattraper pour nous montrer la relativité intrinsèque de toute chose. Oui, les “NDE” semblent pour l’instant confirmer le fait que le suicide est très souvent ressenti comme un acte négatif. Il a aussi des conséquences diverses sur le ressuscité et sa destinée post-mortem, mais non plus pas toujours aussi négatives qu’on pourrait le croire, comme nous le verrons plus loin. J’aimerais, dans ce contexte, évoquer un film récent intitulé : “La dernière leçon”, de Pascale Pozadoux, 2015. En voici le scénario : “Madeleine, 92 ans, décide de fixer la date et les conditions de sa disparition. En l’annonçant à ses enfants et petits-enfants, elle veut les préparer aussi doucement que possible, à sa future absence. Mais pour eux, c’est le choc, et les conflits s’enflamment. Diane, sa fille, en respectant son choix, partagera dans l’humour et la complicité ces derniers moments.” Ce film, inspiré d’une histoire vraie, pose avec force la question du suicide et de l’euthanasie active, ou volontaire, dans le cas de maladie grave ou de sénilité avancée. C’est un exemple confrontant qui ne peut que nous engager à ne jamais préjuger trop vite des choses.

« Si nous avions connaissance de l'autre monde, et si l'esprit pouvait concevoir sa gloire, nous ne désirerions pas un seul instant rester ici-bas. »
C’est un point intéressant car c’est quelque chose qui revient régulièrement dans les récits de “NDE”, une fois passé de l’autre côté nous n’avons bien souvent plus aucune envie de revenir vers le monde terrestre. Il y a pourtant de nombreux témoignages qui montrent que si “notre heure n’a pas encore sonné”, que nous avons encore des choses à accomplir ici bas, nous y revenons volontairement, parfois même après avoir rencontré “l’Etre de Lumière”. Par contre, et c’est un fait étonnant, de nombreux témoins racontent qu’il y a une sorte de limite, de frontière, qui prend des formes très diverses selon les récits, mais qui une fois franchie ne permet plus aucun retour à notre corps et notre monde physique.

« Le dessein de Dieu pour l'homme est de poursuivre son développement spirituel éternellement. La vie sur terre n'est que la première étape de ce développement. (...) Nous nommons ce passage, mort, un terme plus approprié serait "une vie plus abondante". »
Je crois donc comprendre, que comme pour Swedenborg, il n’y a pas de réincarnation pour Baha'u'llah ? C’est l'une des grandes différences entre les enseignements du Christ et de Swedenborg concernant l’après vie, d’avec ceux de l’hindouisme, du bouddhisme, et du “Livre des morts tibétains”, sans oublier la tradition pythagoricienne de l’antiquité grecque, qui a eu, ce que l’on ignore en général, une influence importante sur ces courants.

« On peut comparer la relation que Dieu entretient avec l'homme, avec la relation parent-enfant. Dieu pose des limites-lois à l'homme tout comme un parent pose des limites à son enfant. (...) Tout comme un enfant se fait réprimander pour une erreur, Dieu réprimande mais aussi pardonne car la relation parent-enfant ou Dieu-homme est basée sur l'amour. »
Nous avons toujours tendance à transposer les diverses modalités de relation humaine, sur la relation divino-humaine. Si un Dieu Créateur existe vraiment alors nous ne sommes rien d’autres que ses petits enfants, c’est d’accord. Mais attention, la comparaison a ses limites : il ne va pas tous les jours au boulot pour nous envoyer à l’école, et il nous donne encore moins la fessée lorsque nous n’avons pas fait nos devoirs ou que nous avons de mauvaises notes, même si c’est pour notre bien. Nous avons souvent tendance à projeter sur l’Etre Divin nos schémas humains, ce qui est bien naturel, certainement commode et sécurisant aussi, mais attention, la réalité dépasse toujours de beaucoup l’idée que nous pouvons nous en faire. Swedenborg et les “NDE” nous enseignent que “l’Etre de Lumière” universel est l’Amour même, un amour totalement inconditionnel, qu’il ne juge, ni ne condamne par conséquent jamais aucun homme à aucune peine, et qu’il ne le damne encore moins à aucun enfer, ni aucun purgatoire. C’est l’homme qui se juge lui-même, en ouvrant sa porte aux énergies négatives et destructrices (les démons), et en générant lui-même ses propres enfers, ce qui est très différent. C’est l’homme encore qui se purifie, se transforme et s’accomplit, en se tournant vers le Divin pour se rapprocher de Lui, en toute liberté. Jésus, ni aucun envoyé de Dieu, ne peut “sauver”, c’est-à-dire “transformer” aucun homme contre sa volonté, car c’est cette liberté qui le fait Homme par définition, c’est-à-dire créature, “partenaire” à part entière, du Créateur, c’est aussi simple que cela.

Chère Nana,

« Je voudrais savoir si après un suicide je pourrais aider l'être le plus cher pour moi (ma mère) pour la soutenir quand je ne serai plus là .... mais dans l'au-delà ... »
Je ne sais pas ce que vous entendez ici par “suicide”. Un suicide de désespoir, pour fuir une existence trop difficile ou douloureuse, ou une forme d’euthanasie volontaire, avant de trop grandes souffrances, dues à une maladie ? Je ne suis pas certain dans ce dernier cas que l’on puisse encore nommer “suicide” un tel choix de départ pour l’autre monde. J’ai plusieurs fois été témoin d’acharnement thérapeutique sur des personnes condannées par de graves maladies. Acharnements thérapeutiques qui ont conduit à des souffrances que l’on ne peut même pas imaginer et qui se sont terminées par de terribles agonies. Je ne voudrais pour rien au monde avoir à vivre cela, et à plus forte raison à le faire vivre à mes proches. Je préfèrerais de beaucoup choisir de mourir, comme on dit “dans la dignité”, avant que les choses n’empirent trop. Je pense que c’est un choix qui ne peut être que légitime, et qui n’entraîne, j’en suis certain, aucune faute morale ou “karmique”. Pour ce qui concerne à présent votre question au sujet de la communication, de l’aide et du soutien aux proches, à partir de l’au-delà, je vais laisser George Morrannier y répondre un peu plus loin.

Cher Jean-Pierre,

« Il est dit que certains suicidés peuvent errer très longtemps dans le troisième bardo et avoir une renaissance tardive, comme les victimes de mort violente, au prix de grandes souffrances. »
Personnellement j’en doute fort. Le suicide est bien souvent un acte de folie, ou de désespoir passionnel ou existentiel, lié à un état de grave dépression, parfois aussi à des formes de déséquilibres neuro-cérébraux, il ne peut donc pas - dans la perspective d’une pédagogie divine fondée sur l’amour et la compassion - être le fait d’aucune punition ni d’aucun "karma négatif" de quelque ordre qu’il soit dans l’autre monde. Au contraire, ces personnes ne peuvent qu’être l’objet de soins et d’attention particuliers, en raison de leur état. Le suicide est considéré dans l’autre monde par les esprits-guides et les anges comme une maladie qu’il importe de guérir avec beaucoup d'attention et beaucoup d’amour, sans oublier également la valeur de rigueur, la mesure de sagesse, qu'il nécessite aussi.
Citons un des témoignages précédemment rapporté par Moody : « Me suicider ce serait comme si je refusais le don que Dieu nous fait de la vie en le lui jetant à la face ». C’est bien sûr tout à fait vrai, vue de l’extérieur, mais de l’intérieur, qui pourrait donc bien se suicider en jetant délibérément le don inestimable de la vie à la face de son Créateur ? Justement celui qui souffre dramatiquement de ne pas (ou de ne plus) avoir accès à cette double réalité fondamentale : l’infinie préciositée de cette vie, et l’existence d’un Divin infiniment aimant et bienveillant.

« Sur la question de savoir si une personne qui s’est suicidée peut revenir aider ses proches, la réponse est non, mais c’est valable pour tout le monde! Il n’y a pas de communication entre les morts et les vivants. (...) Les pratiques des médiums et du spiritisme sont illusoires sur ce point, et accessoirement dangereuses : on accroche bien des entités de mondes parallèles, mais ce ne sont pas les esprits des morts. »
Je ne suis pas certain que cette réponse soit valable pour l'ensemble du bouddhisme tibétain, je pense en particulier ici aux récits d'Alexandra David-Néel et à ceux d'Anagarika Govind, qui font régulièrement état, dans leurs récits du Tibet d'avant l'invasion chinoise, de communications avec les esprits. Swedenborg, qui a continuellement communiqué pendant vingt-sept ans avec les esprits et les anges pour en recevoir des enseignements d’une hauteur inégalée, n’aurait fait en réalité “qu’accrocher des entités" ? Dénier la réalité de cette communication des vivants avec les esprits défunts, depuis toujours et partout assumée par l’humanité, pour la réduire à une sorte d’illusion de seconde zone est à mes yeux raisonnablement intenable. Par contre, Swedenborg avertit lui aussi des dangers qu’il pourrait y avoir à rechercher volontairement cette communication avec les esprits des défunts, lorsqu’elle ne se donne pas spontanément. On ne force pas impunément les portes de l’invisible, il faut y être autorisé par les esprits-guides, et toujours dans un but noble et désintéressé, et pour une mission précise. Beaucoup de gens ont eu toutes sortes d'expériences de communications spontanées avec des esprits de proches, d'amis ou même de relations, défunts depuis peu comme longtemps après leur décès. Je profite de l'occasion pour mentionner à ce sujet le récent et incontournable petit ouvrage : "Témoins de la vie après la vie. Une enquête sur les expérience de mort partagée", Dr Raymond Moody & Paul Perry, Robert Laffont, Paris, 2010. On est loin ici de toutes pratiques de spiritisme ou de médiumnité, il s'agit de gens comme vous et moi, qui ont vécu des expériences de communications spontanées avec des esprits de membres proches défunts, ainsi que de visions de l'au-delà. Beaucoup d'entre eux sont des gens de la profession médicale ou du personnel accompagnant, en soin palliatif, qui n'avaient bien souvent aucune foi en ce genre de phénomènes paranormaux.

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A présent, j’aimerais partager avec vous deux témoignages que mon proche ami et collègue du Cercle Swedenborg de Lausanne, Jean, m’a envoyé pour vous. Je ne suis généralement pas très féru de littérature "médiumnique" qui véhicule souvent je trouve toutes sortes d’histoires fantasques autant qu’invraisemblables. Mais il est malgré tout certains témoignages qui valent d’être considérés pour leur qualité et leur sérieux. Les communications de Pierre Monnier et de Georges Morrannier - tous deux décédés prématurément dans des circonstances dramatiques - avec leur mère pendant des années, retiennent tout particulièrement l’attention pour la profondeur des enseignements qui y sont prodigués.

Pierre Monnier était un officier français mort à 23 ans au combat le 8 janvier 1915, sur le front de la forêt d’Argonne non loin de Verdun, d’une balle en plein front. Sa mère, Cécile Thuret-Monnier a reçu des messages réguliers de lui pendant presque une vingtaine d’années, d’août 1918 à janvier 1937. Ces messages sont publiés sous le titre des « Lettres de Pierre » (introduction de Jean Prieur, sept tomes, éditions Fernand Lanore, 1990). Voici une citation de Pierre sur la question du suicide, daté du 27 novembre 1919 :

« Vous abritez dans votre enveloppe – dans votre écorce, puis-je dire – un être unique et double à la fois : l’esprit et le corps, capable de se tuer mutuellement. L’homme est une trinité (corps, esprit et âme), et Dieu ne vous permet pas de détruire votre corps, qui est le premier échelon sur lequel doit s’appuyer votre âme pour connaître les obstacles purificateurs, qui sont là pour éduquer l’âme à travers les liens de la chair. » ("Lettres de Pierre", tome deux) Voir les "Lettres de Pierre", introduction de Jean Prieur, sept tomes, éditions Fernand Lanore, 1990.

« L’esprit et le corps, capable de se tuer mutuellement », voilà une formule pour le moins inhabituelle qui implique, soit, que l’esprit puisse tuer son propre corps, mais que le corps aussi puisse tuer l’esprit qui l’habite. Les passions du corps, les mauvaises habitudes et les dépendances de tous genres, peuvent donc aussi tuer, à petit feu, l’esprit qui l’habite. C’est aussi une forme de suicide, moins flagrant et radical que celui qui consiste à se retirer brutalement la vie, mais qui n’en reste pas moins tout aussi destructeur.
Je viens de voir un film très intéressant intitulé « Nosso Lar » : « Notre Demeure » de Wagner de Assis, 2016. Il s’agit d’une production brésilienne basée sur l’ouvrage du médium brésilien Chico Xavier. La vie après la mort est le thème principal de cette histoire, ainsi que la transformation d'un homme durant une étonnante quête spirituelle dans l'autre monde. Au départ, André Luiz, un médecin, arrive dans l’autre monde suite à une attaque cardiaque, pour s’y faire accueillir comme un "suicidé" pour la seule raison qu’il a passé toute sa vie, en apparence exemplaire, sans amour véritable pour ses proches, ni grande empathie pour ceux qui l’entouraient. Dans cet exemple, c’est son esprit qui a tué, de façon inconsciemment suicidaire, son corps.

Voici maintenant une série d’extraits des messages de Georges Morrannier sur le sujet du suicide, et en particulier ici, et c’est ce qui rend son témoignage si intéressant, de son propre suicide, vu à posteriori de l’autre monde où il demeure. Georges s’est suicidé le 13 septembre 1973 d’un coup de révolver.

« Maintenant, Maman (Jeanne Morrannier), nous allons, toi et moi, avec un réel plaisir, répondre aux questions qui t’ont été posées par tous ceux qui s’intéressent à mes messages. Nous sommes là pour cela, pour les éclairer et satisfaire une curiosité bien légitime. Tu peux me poser toutes les questions, même si elles mettent mes affirmations en doute. La lumière jaillit de la discussion, dit-on. Je répondrai en toute sincérité, en me basant sur tout ce que j’ai appris, et Dieu sait si j’ai appris beaucoup de choses en ce monde merveilleux de L’Esprit. J’avais beau chercher sur la Terre tout ce qui pouvait l’expliquer, j’étais bien loin de l’avoir compris tel qu’il est. Tu peux commencer.

JEANNE : Il t’est reproché par certaines personnes de t’être suicidé, ce qui, à leurs yeux, enlève quelque valeur à ton témoignage.

GEORGES : Personne ne peut me reprocher cet acte insensé autant que moi-même. J’en suis encore honteux. Mais surtout, je suis honteux d’avoir suivi une mauvaise voie que je savais pourtant dangereuse. » (p. 161)

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« La survie de l'âme suit immédiatement la mort de son enveloppe terrestre. Sauf à de rares, très rares exceptions près, l'âme s'échappe aussitôt du corps-matière qui a cessé de vivre. Souvent d'ailleurs, dans les cas de longues maladies, elle était déjà extériorisée avant la mort et n'attendait que le moment de briser le lien, cette corde d'argent, qui la reliait encore à la matière.
Cette âme n'est pas quelque chose d'absolument immatériel. Ce n'est pas quelque chose de vague, ou de vaporeux, ou d'inconsistant. C'est quelque chose de bien vivant, qui a une structure très précise et qui est contenue dans un corps, le corps spirituel ou corps astral. C'est ce corps qui lui donne sa forme bien délimitée dans l'espace, qui lui permet de se déplacer, d'agir ou de se reposer.
Le corps astral, nous l'avons tous dit, est la copie exacte du corps physique, pour la raison bien simple qu'il se constitue en même temps que lui, dans l'embryon d'abord, dans l'enfant, et l'adolescent ensuite. Ils se sont développés ensemble, en partant des même gènes, en partant de l'ADN ou acides nucléiques dont sont constitués les noyaux de nos cellules. » (p. 27)

« C’est la personnalité formée sur la terre qui passe dans l’invisible avec ses possibilités et ses faiblesses. Je l’ai déjà dit mais je crois qu’il est nécessaire d’insister sur ce point. L’enveloppe physique a disparu, les tombes sont vides. Ce qui continue à vivre, c’est tout le reste, c’est l’âme dans toute son intégrité, telle qu’elle était au moment de sa libération. Les connaissances acquises demeurent, les failles aussi. C’est à nous d’accepter d’évoluer sur tous les plans et d’en faire l’effort. Nous devons nous améliorer, éliminer nos défauts, corriger nos erreurs de pensée. Cela ne peut se faire que très lentement, par le même effort sur nous-mêmes que celui qui vous est demandé d’accomplir (ici bas). Je reconnais que c’est beaucoup plus facile d’évoluer dans l’Invisible que sur la Terre, mais il faut malgré tout (de ce côté aussi) une grande patience. » (p.46)

On croirait lire Swedenborg, en dehors des termes "corps astral" et "corde d'argent" qui ont dû être empruntés à Rudolf Steiner. Il connait d'ailleurs très bien les deux puisqu'il leur consacre dans ce livre un chapitre chacun. C'est en tous les cas un excellent petit résumé des enseignements de Swedenborg sur la question. ( Voir à ce sujet : http://emmanuelswedenborg.info/enseignements/pagesmenu/lavieapresmort.html )

« Quand je suis arrivé « de l’autre côté », mon guide qui est aussi le tien, m’a expliqué tout de suite ce qu’on attendait de moi, c’est-à-dire ces messages que je devais te communiquer. Je fus très étonné, car je ne savais pas que cela fût possible. Je n’avais pas entendu parler de Roland de Jouvenel (1) ou de Pierre Monnier. » (p.46)

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« Quel geste absurde que le suicide ! Il faut être de l’autre côté de la rive pour en mesurer l’erreur. Il faut avoir retrouvé l’équilibre pour en mesurer la gravité et les conséquences. Si tu savais combien de terrestres se suicident pour bien peu de choses parfois. Si tu savais combien je dois en accueillir. Il faut les réconforter, les aider à supporter leurs regrets et leurs remords. » (p. 47)

« Il y a les déceptions sentimentales. Le mot déception est faible. C’est plutôt une torture morale qu’il faut supporter, car elle aurait tendance à nous pousser au suicide, ou à tuer, ce qui, évidemment, va à l’inverse du sens que Dieu veut donner à notre vie. Il faut savoir accepter cette souffrance, parvenir à la surmonter par un immense effort de volonté. Se tuer ou tuer quelqu’un d’autre n’avancerait à rien, car la même épreuve nous serait évidemment proposée une autre fois. » (p. 54)

« Décès d’un être cher et trahison ou abandon d’un être aimé sont de loin les épreuves les plus pénibles. (...) Naturellement, les cas sont multiples, difficiles à condenser, difficiles à étudier en détail. De toute façon, il est certain que tout a une raison d’être. Contentez-vous de surmonter du mieux possible les obstacles qui sont sur votre route. Sachez qu’ils sont indispensables, (...) pour parfaire votre évolution spirituelle. » (p. 55)

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« Nos guides doivent organiser notre retour dans l’Astral. La date de ce retour est fixée dès notre naissance. Elle est parfois modifiée par ce que nous pouvons appeler les imponderables, c’est-à-dire le suicide ou une erreur médicale ou encore, cela arrive, un assassinat non prévu. Mais, dans l’ensemble, l’heure est fixée, « l’heure est l’heure » et il faut partir. » (p. 58)

« Nous vous protégeons, car nous vivons avec vous, tout en vivant sur un plan spirituel différent. Nous sommes constamment près de vous dans certains cas graves, comme une maladie difficile à supporter, par exemple, où une situation morale particulièrement pénible. Je suis resté près de toi pendant longtemps après mon acte insensé, pour t’aider à supporter ta souffrance et pour calmer mes remords. Cela nous est toujours accordé. » (p. 61)

(“Jeanne Morrannier. La mort est un réveil”, introduction de Jean Prieur, éditions Lanore, 2007.) (2)

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Georges Morrannier confirme dans cette dernière citation un point important que souligne aussi Swedenborg, c’est celui que la mort ne nous sépare de nos proches que de l’extérieur, et que le lien de coeur et d’esprit reste intérieurement, plus fort que jamais, en attendant de nous retrouver de l’autre côté.

« Les époux qui ont vécu dans l'amour vraiment conjugal ne sont pas séparés à la mort de l'un d'eux. En effet, l'esprit du défunt vit continuellement avec l'esprit de celui qui a survécu, et cela jusqu'à la mort de ce dernier. A ce moment, ils se retrouvent, se réunissent, et s'aiment plus tendrement qu'auparavant, parce qu'ils sont dans le monde spirituel. » (A Conj 321)

Swedenborg nous dit que tous ceux qui ont été parents, amis, ou qui se sont connus dans la vie du corps, se retrouvent et communiquent intérieurement entre eux lorsqu’ils le désirent. Après la nouvelle d’une vie après la mort, en voilà une seconde plus que réconfortante : contrairement aux apparences la mort ne nous sépare pas, au contraire elle nous rapproche, mais sur un autre mode de conscience et de communication, en attendant de nous retrouver pour continuer le chemin ensemble.

Voilà des textes et des témoignages parlant qui amènent une grande et belle eau à notre moulin, sur cette question si grave et délicate que celle du suicide, on devrait mieux dire à présent "des suicides", et de leur conséquences très diverses selon les cas. Il ne faut jamais je crois porter de jugement trop entier et trop hâtif, même au nom d’une quelconque autorité religieuse ou spirituelle, cela me semble être une mesure de prudence, si ce n’est de sagesse, indispensable. Les religions raffolent de : « c’est comme-ci » et « c’est comme ça », de « il faut » et « il ne faut pas », mais les amis, les choses ne marchent pas comme cela, ou si peu. J’ai dit les religions, je devrais mieux dire, leurs clergés et leurs croyants, car si l’on se penche avec un peu d’attention sur leurs fondements, on y trouve généralement plus de questions que de réponses. Leur génie résidant surtout dans le fait de poser les bonnes questions justement, en ouvrant quelques pistes... en guise de réponses. Ce que détestent les êtres humains, toujours en quête de certitudes, mais, comme le disait mon bon maître de méditation, Karlfried graf Dürckheim : « le chemin, c’est l’incertitude ! ».

Patrick

Note :
1) « Au lendemains de la seconde guerre mondiale, Marcelle de Jouvenel dut affronter l’épreuve des épreuves : le décès de son fils unique, Roland, âgé de 14 ans. Désespérée, elle tente de mettre fin à ses jours en se jetant par la fenêtre , mais sent une main invisible la retenir par l’épaule. Plusieurs phénomènes inexpliqués se succèdent. Bien que réticente aux conseils d’une amie, elle finit par accepter d’expérimenter l’écriture automatique. Les messages qui vont se succéder pendant plusieurs années sont d’une telle force, d’une telle beauté, qu’ils feront jusqu’à nos jours, en France, en Suisse, en Belgique et en Italie, l’objet d’études et de conférences. Cinq petits volumes (édités chez Fernand Lanore) évoquent le lien constant qui exista entre une femme en proie aux doutes et à la solitude, et son fils toujours aimant, parfois sévère, qui lui dicta de nombreux messages. Inlassablement, la main de sa mère traça, sous la conduite de Roland, des textes pour elle-même, mais également pour tous ceux qui ont perdu un être cher. Quelle que soit l’opinion de chacun sur l’Au-delà et sur la réalité de cette expérience, ces messages sont remarquables. » Extrait de Jean Prieur. Voir « Marcelle de Jouvenel. Au diapason du Ciel », tome 1, présentation de Jean Prieur, éditions Fernand Lanore, 2011. Je mentionne cette référence au passage, dont je n’ai encore rien lu, pour son analogie avec Pierre Monnier et George Morrannier. Au fait, est-ce-que quelqu'un voudrait bien nous faire un petit résumé de cette oeuvre, donner un avis ou quelques citations significatives ?

2) Georges Morrannier fait état dans ses messages de sept mondes de conscience et d'existence supérieurs (Ciel), avec la nécessitée en pour passer de l'un à l'autre d'une réincarnation terrestre. Cette vision, que je trouve pour le moins tarabiscotée, va à l'encontre de celle de Swedenborg pour lequel il n'y a pas de réincarnation terrestre possible. La raison en est que notre esprit ne peut plus reprendre cette relativement "lourde et obscure" enveloppe matérielle, qui a servi de "moule" ou de "matrice" à notre âme et notre conscience. La pierre précieuse a été libéré de sa gangue, la chenille s'est métamorphosée en papillon, il n'y a pas de retour en arrière possible, pas de retour du monde spirituel dans le monde matériel possible, puisque l'un procède de l'autre et non vice et versa. La question sera plus largement abordée dans le sous-forum : "Swedenborg et le Livre des morts tibétains".
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Re: Le suicide et les suicidés dans l'autre vie

Messagepar nicolas » 27 Fév 2017 12:03

Bonjour Patrick,

Merci pour ce très riche retour. J’aime beaucoup quand vous dites qu’il vous arrive parfois de forcer le trait et de provoquer un peu la polémique :D

1 - Lorsque je comparais la relation Dieu/homme avec celle de parents/enfant, c’était une image et je suis d’accord lorsque vous dites que la réalité dépasse toujours de beaucoup l’idée que nous pouvons nous en faire.

" Ô fils de beauté !
Par mon esprit et ma faveur ! Par Ma clémence et ma beauté ! Tout ce que pour toi j'ai révélé par la langue du pouvoir et écrit avec la plume de la puissance, correspond à ta capacité et à ta compréhension, non à ma condition ni à la mélodie de ma voix." **


2 - « Ce que sont les mondes de Dieu, nul ne le sait ». Les mondes de Dieu font référence aux mondes spirituels.
Abdu’l-Bahá écrit ceci au sujet de la relation entre la science et la religion :

" La religion et la science sont les deux ailes qui permettent à l’intelligence de l’homme de s’élever vers les hauteurs, et à l’âme humaine de progresser. Il n’est pas possible de voler avec une aile seulement. Si quelqu’un essayait de voler avec l’aile de la religion seulement, il tomberait bientôt dans le marécage de la superstition, tandis que, d’autre part, avec l’aile de la science seulement, il ne ferait aucun progrès mais sombrerait dans la fondrière désespérante du matérialisme. »

La vraie religion et la science ne sont pas en contradiction. Lorsqu'une religion est en opposition avec la science, elle devient une pure superstition. Ce qui est contraire à la connaissance est ignorance.
Comment un homme peut-il croire à la réalité d'un fait démontré impossible par la science ? Si, contre toute raison, il y croit encore, c'est plutôt par une superstition aveugle que par la foi.
Les vrais principes de toutes les religions sont conformes aux enseignements de la science.

Un jeune enfant ne peut comprendre les lois qui gouvernent la nature, mais c'est parce que son intelligence n'est pas développée. Quand il aura grandi et qu'il sera éduqué, lui aussi comprendra les vérités éternelles.
Un enfant ne réalise pas le fait que la terre tourne autour du soleil mais lorsque son intelligence sera éveillée, ce fait lui paraîtra clair et simple. Il est impossible que la religion soit contraire à la science même si certains esprits sont trop faibles ou n'ont pas la maturité voulue pour comprendre la vérité.
Dieu a fait la religion et la science pour servir en quelque sorte de critère à notre entendement. Veillez à ne pas négliger un si merveilleux pouvoir. Pesez toutes choses sur cette balance.
Pour celui qui peut comprendre, la religion est comme un livre ouvert. Mais comment serait-il possible à un homme dépourvu de raison et de facultés intellectuelles de saisir les divines réalités de Dieu ?
Conformez toutes vos croyances à la science. Il ne peut exister d'opposition, puisque la vérité est une.
Quand la religion délivrée de ses superstitions, de ses traditions et de ses dogmes inintelligibles, se trouvera en conformité avec la science, alors une grande force d'union et d'assainissement paraîtra dans le monde."


3 - Je suis également d’accord lorsque vous dites que « Jésus, ni aucun envoyé de Dieu, ne peux “sauver”, c’est-à-dire “transformer” aucun homme contre sa volonté ».

" Ô fils de l’existence !
Aime-moi pour que je t’aime. Si tu ne m’aimes pas, mon amour ne pourra jamais t’atteindre." **

Nous ne savons pas ce qu’il faut entendre par justice divine. L’enfer fait référence à l’éloignement de l’être avec Dieu. Il n’y a pas damnation à l’enfer ou purgatoire. Je vous rejoins lorsque vous dites « l’homme génèrent lui-même ses propre enfers. C’est l’homme encore qui se purifie, se transforme et s’accomplit, en se tournant vers le Divin pour se rapprocher de Lui, en toute liberté. ». L'homme a effectivement le choix de se tourner vers Dieu, ou pas. Dieu, quant à lui, est toujours à ses côtés, prêt à l'aider. Mais si l'homme ne s'ouvre pas à lui, Dieu ne pourra pas intervenir.

" Ô fils de l'esprit !
Je t'ai créé riche, pourquoi t'abaisses-tu à la pauvreté ? Je t'ai fait noble, comment peux-tu t'avilir ? De l'essence du savoir, je t'ai donné la vie, pourquoi cherches-tu la lumière auprès d'un autre ? Dans l'argile de l'amour, je t'ai modelé, comment peux-tu t'occuper d'un autre que moi ? Tourne ton regard vers toi et tu me trouveras en toi, puissant, fort, absolu." **


4 - J’ai trouvé très instructif les extraits de Dr Raymond Moody & Paul Perry.
Au sujet des relations des âmes entre-elles dans les autres mondes, j’ai trouvé ceci dans les écrits baha’is :

" Sache en toute certitude que dans les mondes divins, les bien-aimés spirituels se reconnaîtront les uns les autres et qu'ils chercheront à s'unir, mais dans une union spirituelle. De même, l'amour qu'on a pu éprouver pour quelqu'un ne sera pas oublié dans le monde du royaume, pas plus que tu n'oublieras ce que fut ta vie dans le monde matériel."

" Les mystères inaccessibles à l'homme sur la terre lui seront dévoilés dans le monde céleste ; là, il sera informé des secrets de la vérité; à plus forte raison reconnaîtra-t-il les personnes avec lesquelles il a été en rapport !"

Bien à vous.
Nicolas

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**Baha’u’llah

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Re: Le suicide et les suicidés dans l'autre vie

Messagepar morganto » 06 Mar 2017 22:35

bonsoir à tous,

voici un peu d'eau au moulin,
Le suicide n'est pas la mort
Bonsoir,
Si le suicide doit être approuvé ce ne peut être qu'en se fondant sur l'idée que l’homme n’est qu’un corps, et qu’étant comme une motte de terre, il peut très bien être libéré de ses
souffrances. À partir de cela, il serait facile de faire un petit pas et de justifier le fait de faire mourir ceux dont le corps est sur notre chemin, ou touchés par la vieillesse, ou l’aliénation, ou
la décrépitude, ou même vicieux. Car si tout ce que nous sommes est une masse de glaise appelée corps, si l’homme n’est pas un esprit non né en essence, alors qu’y aurait-il de
répréhensible à le détruire s’il vous appartient, et si nous ne sommes que cela, et combien serait-il facile de trouver des raisons bonnes et suffisantes pour disposer également de celui
des autres ?
Le prêtre condamne le suicide, mais on peut être un Chrétien et cependant avoir l’opinion qu’une libération rapide de la terre permet de gagner le paradis quelques années plus
tôt. Le Chrétien n’est pas dissuadé du suicide par de bonnes raisons avancées par sa religion, mais plutôt par la couardise. La mort, qu’elle soit naturelle ou provoquée est devenue une
terreur, et on l’appelle « La Reine des Terreurs ». Il en est ainsi parce que bien qu’un vague paradis soit offert de l’autre côté, la vie et la mort sont si peu comprises que les hommes
préfèrent supporter les souffrances qu’ils connaissent que s’envoler vers d’autres qu’ils craignent par ignorance de ce qu’elles pourraient être.
Le suicide, comme tout autre meurtre est un péché (faute, erreur) parce qu’il engendre une perturbation soudaine dans l’harmonie du monde. C’est un péché parce qu’il met la nature en échec. La nature existe pour le besoin de l’âme, et pour aucune autre raison, elle a le dessein, pour ainsi dire, de donner à l’âme l’expérience et la soi-conscience. Celles-ci ne sont possibles qu’au moyen d’un corps par lequel l’âme entre en contact avec la nature, et couper violemment la connexion avant son terme naturel contrarie le projet de la nature, et l’oblige à présent, dans
son lent développement, à restaurer la tâche laissée inachevée. Et comme ces processus doivent passer par l’âme qui a permis le meurtre, il en résulte plus de peines et de souffrances.
Et la perturbation dans l’harmonie générale est un plus grand péché que ne le pensent la plupart des gens. Ils se considèrent seuls, comme séparés, sans liens avec les autres. Mais ils
sont inter- reliés à travers tout le monde avec toutes les autres âmes et intelligences. Un lien subtil, réel, puissant les attache toutes ensembles, et si un parmi ces millions perturbe le lien,
toute la masse le ressent par réaction à travers l’âme et le mental, et ne peut retrouver l’état normal que par un ajustement douloureux. Cet ajustement se passe sur les plans invisibles mais très importants, dans lesquels l’homme réel existe. Ainsi chaque suicidé ou meurtrier d’un autre impose à toute l’humanité un fardeau injustifiable. Il ne peut échapper à cette injustice, car
bien que son corps soit mort il n’est pas coupé des autres ; la mort ne fait que le placer, privé des instruments de la nature, dans les griffes de lois, qui sont puissantes et implacables,
incessantes dans leur opération et dont les demandes sont obligatoires.
Le suicide est une énorme folie, parce qu’il place son exécuteur dans une position infiniment pire que les conditions dont il avait follement espéré échapper. Ce n’est pas la mort. Ce n’est
que le fait d’avoir quitté une maison bien connue et dans un environnement familier pour aller dans un nouveau lieu où la terreur et le désespoir ont seuls leur place. Ce n’est qu’une mort
préliminaire faite à la glaise, pour « la froide embrassade de la tombe », laissant l’homme lui-même, nu et vivant, mais hors de la vie des mortels et qui n’est ni le paradis ni l’enfer.
On peut voir en l’homme un être complexe plein de forces et de facultés, dont il dispose quand il est dans un corps terrestre. Le corps n‘est qu’un de ses habits ; lui-même vit aussi en
d’autres lieux.
Dans le sommeil il vit dans l’un de ces lieux, il s’éveille dans un autre, et pense dans un autre. Il est triple comprenant corps, âme et esprit. Et cette trinité peut être encore divisée en ses sept
constituants nécessaires. Et, de même qu’il est triple, la nature l’est aussi – matérielle, psychique ou astrale, et spirituelle. La part matérielle de sa nature gouverne le corps, la part psychique affecte l’âme, et l’esprit vit dans le spirituel, tous étant unis ensemble. Si nous n’étions que des corps, on pourrait les renvoyer à la nature matérielle et à la tombe, mais si nous échappons au matériel nous devons nous projeter dans le psychique ou l’astral. Et, comme tout dans la nature procède avec régularité sous le gouvernement de la loi, nous
savons que chaque combinaison a son propre terme de vie avant qu’une séparation naturelle et facile des parties composantes puisse se produire. Un arbre, un minéral ou un homme est une combinaison d’éléments ou de parties, et chacun doit avoir son terme prévu. Si nous séparons les uns des autres violemment et prématurément, des conséquences certaines s’en suivront. Chaque constituant doit avoir son terme de vie prévu. Et le suicide étant une violente destruction du premier élément – le corps – les deux autres, l’âme et l’esprit, sont laissés sans
leur instrument naturel. L’homme alors n’est qu’à demi-mort, et il est obligé par la loi de son propre être d’attendre jusqu’à ce que le terme naturel soit atteint.
Le destin du suicidé est en général horrible. Il s’est coupé de son corps en utilisant des moyens mécaniques qui affectent le corps, mais qui ne peuvent toucher l’homme réel. Il est alors projeté
dans le monde astral, car il doit vivre quelque part. Là, la loi impitoyable, qui agit en fait pour le bien de l'homme, l’oblige à attendre jusqu’à ce qu’il puisse mourir convenablement. Il devra
naturellement attendre, à moitié mort, les mois ou les années qui, dans l’ordre de la nature, auraient dû s‘écouler sur lui avant que le corps, l’âme et l’esprit puissent se séparer
correctement. Il devient une ombre ; il vit dans un purgatoire, pour ainsi dire, appelé également le « lieu du désir et de la passion », ou « kãma loka ». Il existe entièrement dans le mode astral, dévoré par ses propres pensés. Il répète par des pensées vivantes l’acte par lequel il tenta de mettre fin à son pèlerinage dans la vie, tout en voyant pendant ce temps, les
gens et les lieux qu’il a quittés, mais il est incapable de communiquer avec aucun d’entre eux excepté, de temps à autre, à travers un pauvre sensitif, qui est souvent effrayé par cette visite.
Et souvent il emplit le mental de personnes vivantes qui peuvent être sensibles à ses pensées, de l’image de son acte de départ, et occasionnellement il les induit à commettre sur eux-mêmes
l’acte dont il a été coupable. le suicidé s’est coupé, d’un côté, de son corps et de la vie qui étaient nécessaires pour son expérience et son évolution, et, d’un autre côté, de son esprit, de son guide et de son « Père dans les Cieux ». Il est composé maintenant d’un corps astral, qui est d’une texture très résistante, informée et enflammée par ses passions et désirs. Mais une partie de son mental, appelé manas, l’accompagne. Il peut penser et percevoir, mais, ignorant comment utiliser les forces de ce règne, il vogue ici et là, incapable de se guider lui-même. Toute sa nature est en détresse, et avec elle, à un certain degré, toute l’humanité, car nous sommes tous unis par l’esprit. Ainsi il va, jusqu’à ce que la loi de la nature agissant sur son corps astral, celui-ci commence à mourir, et tombe dans un sommeil dont il se réveille à temps, pour une saison de repos avant de recommencer une nouvelle vie terrestre. Dans sa prochaine incarnation, il pourra, s’il en voit la justification, réparer, compenser ou souffrir à
nouveau.
On ne peut échapper à sa responsabilité. La « douce embrassade de la glaise humide » est une illusion. Il est préférable d’accepter courageusement l’inévitable, puisqu’il est dû à nos
erreurs dans d’autres vies du passé, et accomplir chaque devoir, et essayer de mieux tirer parti de toutes les opportunités. Enseigner le suicide est un péché, car cela conduit certains à le commettre. L’interdire sans raisons est inutile, car notre mental doit avoir de bonnes raisons pour le faire ou ne pas le faire. Et si nous nous en tenons littéralement aux écrits de la Bible, nous y voyons que le meurtre n’a de place qu’en enfer.
Cette pensée satisfait peu de personnes dans un âge d’investigation critique et de froide analyse. Mais donnez aux hommes la clef de leurs propres natures, montrez leur comment la loi régit l’ici-bas et, l’au-delà de la tombe, et leur bon sens fera le reste. Un illogique népenthès contre la tristesse et la douleur physique de la tombe est aussi fou qu’un ciel illogique qui ne sert à rien.
morganto
 
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