Le suicide et les suicidés dans l'autre vie

Ce forum est consacré à la question de la vie après la mort. Lire à ce sujet les pages dédiées à cette question sur le site : emmanelswedenborg.info. N'hésitez pas à poster vos questions, et à partager vos reflexions et vos expériences dans ce domaine.

Re: Le suicide et les suicidés dans l'autre vie

Messagepar morganto » 01 Avr 2017 21:06

bonsoir,

en réponse à Nana sur la possibilité de communiquer avec nos défunts.
Les morts peuvent-ils communiquer ?
Considérons la façon dont l'homme est devenu ce qu'il est, l'histoire réelle de l'évolution, par des progrès acquis par l'observation et l’expérimentation, au cours des longs âges qui se sont écoulés. La base de cette évolution est la même dans chaque être humain, dans chaque cœur humain, dans chaque vie animale, dans chaque particule de matière : le même Esprit en tous, la même Vie Une, l’Unique Intelligence. Tous sont des rayons de cette Vie Une, de cette Intelligence Unique, et tous expriment les possibilités existant dans la Source Infinie. Les différences entre les êtres, les humains, les diverses races, révèlent toutes des degrés particuliers d’intelligence : chacun dispose en effet du même pouvoir que l’être le plus élevé, et du même pouvoir que tous les êtres ; c’est l’utilisation faite de ce pouvoir qui produit un instrument capable de le manifester plus ou moins complètement. L’Évolution c'est l’Esprit s'exprimant lui-même, que ce soit dans ce système solaire, ou dans ceux qui l’ont précédé. L’intelligence était présente, pendant la naissance de notre planète, dans sa condition de nébuleuse, ou de brouillard de feu ; et aussi bien, durant les processus de refroidissement et de durcissement qui se sont étendus sur de longues périodes. Dans toutes ces phases, comme dans toutes les substances liées à notre planète, nous aussi avons existé, en tant qu’êtres spirituels, et rien de tout cela ne nous a quitté aujourd’hui. À la fin de chaque existence, nous repassons par tous ces stades jusqu’au plus élevé, puis nous redescendons au niveau terrestre, afin de récolter les effets des causes mises en œuvre autrefois dans d’autres corps. La mort n’a en effet aucun pouvoir de transformation : l’arbre reste dans la position où il est tombé. C’est pendant la vie que nous devons reconnaître et éveiller notre nature authentique. La mort n’ouvre aucune porte vers la connaissance.
La preuve de ces divers états de conscience se révèle directement dans notre expérience nocturne. Lorsque nous dormons — bien qu’en fait nous ne dormions jamais — seul notre corps est endormi, et la conscience de ce plan physique nous a quittés. Nous n’avons plus aucune idée de ce qui arrive à nos amis, à nos proches ; nous n’avons pas la moindre perception de ce qui se passe où que ce soit sur la terre, alors que nous n’utilisons pas notre corps : c'est la "mort" — une petite mort, temporaire — pour ce corps. Puis nous passons dans un état complètement différent, connu comme l’état de rêve. L’âme humaine continue dans le rêve, en se connaissant comme celui qui est là, qui voit, sent, entend, parle, se déplace et accomplit toutes les autres choses qu’il fait dans son corps, lorsqu’il est éveillé. On disait autrefois que si l’on saisissait le gros orteil d’un dormeur, il se mettrait à vous parler. Vous obtiendriez ainsi une communication d’un "esprit", mais quel genre de communication ? La personne vous parlerait de ce que son propre mental était en train de considérer ; dans son état de rêve, elle n'en saurait pas plus que ce qu'il y a dans ses propres pensées personnelles, ses idées et activités personnelles.
Si on applique cette analogie à ce qu'on appelle le "moment de la mort", on peut comprendre qu’en réalité le moment de la mort n'arrive jamais. Nous finissons par abandonner notre corps, et il retourne à la terre dont il a été tiré ; mais nous ne sommes pas morts. Nous sommes toujours vivants. Nous restons conscients, sur d’autres plans et à d’autres niveaux, bien que nous n’utilisions ni le corps ni le cerveau. Mais quelle sorte de conscience, quelle sorte d'intelligence employons-nous alors ? Exactement la même que celle que nous avions lorsque nous étions dans le corps. Nos pensées, sentiments et désirs continuent pendant un certain temps, comme pendant l’incarnation, en raison de l’énergie que nous avions investie en eux. Comme cette énergie n’est pas renouvelée, elle finit par s’épuiser, et la personne — en tant qu’être spirituel authentique — entre dans un tout autre état, où nul être sur terre ne peut perturber l'action de son intelligence, ni la jouissance de sa béatitude. Comment pourrait-il s’agir d’un état de béatitude si, pendant un seul instant, l'entité pouvait y être troublée par les souffrances qu’elle a laissées derrière elle ici-bas ? Pourrait-il y avoir pire enfer pour l'âme d'une défunte que de voir, de son "paradis", s’apaiser trop vite le deuil d’un mari, et sa place de mère usurpée par une autre ? Il importe de comprendre que lorsqu'un être humain quitte l'existence physique, il passe par une condition ressemblant au rêve (avec des contenus multiples) pour finalement atteindre l'état le meilleur qu'il soit capable de réaliser. Il serait absurde de supposer qu’une entité humaine spirituelle puisse être perturbée par des agissements terrestres, car sa mission humaine s’est terminée au moment où elle a quitté cette terre. Mais elle reviendra dans un autre corps, pour reprendre une autre journée de travail. N’est-il pas évident que toute cette histoire de communications avec de soi-disant esprits ayant quitté leur corps n’est qu’une absurdité ?
N'allons pas imaginer qu'il n'y a que des êtres humains parmi les entités désincarnées, ou que les défunts, ou les morts-vivants, sont les seuls à exister de l'autre côté de notre monde physique. Il existe des myriades de sortes d’êtres qui ne vivent pas dans des corps semblables aux nôtres, mais qui peuplent des plans que les hommes traversent en quittant la terre. Toutes sortes d’êtres, des sous-hommes, ainsi que des élémentaux humains habitent des mondes contigus au nôtre. Peut-on imaginer qu’il soit désirable d’entrer en contact avec eux ? Et comment pouvons-nous jamais être sûrs qu’une quelconque communication extérieure n'établira pas un contact avec quelque esprit démoniaque aimant se travestir, en se revêtissant de restes ayant l'apparence d'un défunt — en raison de son attirance pour la nature et les désirs de ce défunt — et en s'en servant ainsi pour nous abuser ? Il faut une grande connaissance pour comprendre la nature réelle de l’homme : on ne l’acquiert pas par une quelconque "communication", mais en sondant notre propre nature. Le "Père dans le secret" réside en nous, et non à l’extérieur, et tout ce que nous savons, ou saurons jamais doit être trouvé en nous-mêmes et par nous-mêmes. Nous ne le trouverons jamais en le recevant des autres, ou d'aucune autre espèce d'esprit. L'Esprit de Dieu en tout être — le Connaisseur en chacun de nous — est le dernier recours, la plus haute instance, le dernier sommet que nous devions atteindre.
Pour le moment, nous sommes en train de cheminer ensemble à travers la matière de la terre ; lorsque nous quittons cette terre, nous la quittons seuls. De même, lorsque nous voyageons à travers la matière astrale, nous ne sommes pas à converser avec les habitants du plan astral, mais suivons notre propre trajectoire. Les états post mortem ne sont que les effets de notre dernière existence. Nous quittons le lieu de nos efforts pour venir récolter ce que nous avons semé — en rejetant le mauvais, dans un premier temps, puis en expérimentant nos aspirations les meilleures et les plus élevées. Dans tous ces états, chaque être est conscient d'être la même personne ; jamais, un seul instant, il ne lui vient à l’esprit, à la conscience, qu’il puisse être quelqu’un d’autre que celui qu’il était sur terre ; il ignore absolument qu'un événement comme la mort ait pu se produire. Dans son état le plus élevé, il se trouve en compagnie de tous ceux qu’il a aimés, dans les conditions mêmes qu'il aurait souhaitées pour eux. Il connaît sa béatitude, parce que l’équilibre entre les causes et les effets, même pour ses souffrances terrestres, est alors parfaitement ajusté pour l'esprit. Tous ces états sont en nous, et non au-dehors ; ce que nous y rencontrons, du début à la fin, et toujours, c'est NOUS-MÊMES — d’abord, tels que nous pensons être, et finalement, tels que nous sommes réellement.
Il est impossible qu’une personne "décédée" communique avec une personne vivante, si ce n’est peut-être pendant la très courte période précédant le moment où l’individualité réelle rejette les idées qu’elle avait entretenues pendant la vie. Parfois alors, un désir très, très puissant de communiquer quelque chose effectuera une espèce de communication, mais, après la grande transformation connue comme la "seconde mort", toute relation avec la terre est interrompue. Il peut arriver qu'une personne vivante, à l’âme pure, élève sa propre conscience, par ses aspirations et son amour, jusqu’à un état céleste où elle a l’impression de parler, d'éprouver des sentiments et d'être en présence de ceux qu'elle a aimés, mais ces paroles et ces sentiments ne peuvent aucunement troubler l'être qui est à ce niveau. L’essence même de l'état spirituel exclurait toute perturbation, même si nous pouvons accéder aux sortes de sentiments qui existent dans cette condition. Tout ce qu’un médium peut obtenir, ce sont les simples réflexions et répétitions de ce qui s’est produit, et se trouve enregistré dans la nature des assistants. Un médium décrira l’état post mortem d’une personne comme très vivante, ce qui devrait montrer à quel point le médium peut être sujet à la méprise et à l'erreur. Dans l'état passif où il se trouve, il ne peut rien contrôler ; il ne fait que fournir un canal par lequel certaines choses peuvent arriver, ou "transpirer".
La plupart des interlocuteurs "spirituels" des médiums sont des suicidés et des victimes de morts "accidentelles". Car il n'y a pas toujours mort quand le corps cesse de vivre. À moins que cette fin ne coïncide avec l'expiration de la durée de vie, qui est déterminée dès la naissance, l’homme reste relié à la terre jusqu’à l'échéance de ce terme.
Mais il existe des cas de communication avec des êtres de l'univers — situés presque aux limites de notre monde — qui ne sont pas dans des corps physiques, mais qui vivent et se meuvent sur un autre plan de substance très, très loin de tout rapport possible avec un médium ordinaire. On les appelle les Nirmânakâya. Ce sont des hommes qui, par le degré de perfection qu'ils ont atteint pourraient, s'ils le souhaitaient, accéder à l'état de béatitude le plus élevé, et y demeurer, mais qui y renoncent, car cela impliquerait d'abandonner à jamais toute chance d'aider leurs semblables. Lorsqu'une personne est sincère et a des aspirations élevées, ils peuvent, si nécessaire, communiquer avec elle, afin de l'aider. Mais il n'y a aucune confusion possible à propos de ces communications : elles sont personnelles et destinées à cette personne, comme une aide directe. C'est ce qui est à l'intérieur de nous qui induit l'aide extérieure que nous pouvons recevoir. C'est la reconnaissance de la nature spirituelle de notre être, et de tous les êtres, qui en constitue la véritable condition. C'est du spirituel que provient toute force authentique. Et c'est pour le perfectionnement de l'humanité qu'ont œuvré toutes les Incarnations Divines.

bertrand
morganto
 
Messages: 15
Inscription: 10 Déc 2015 21:41

Re: Le suicide et les suicidés dans l'autre vie

Messagepar Patrick » 26 Mai 2017 16:18

Chers amis (es)

Peu après avoir posté mon dernier message, je suis tombé "par hasard" sur la référence d’un livre faisant état d’une enquête sur les "NDE" de suicidés. Etonnante et mystérieuse loi de synchroncité qui fait qu’il suffise que l’on pense à quelqu’un ou quelque chose avec suffisamment d’intensité pour que très souvent toutes sortes d’événements et d’informations viennent à la rencontre de cette pensée ou de cette intention initiale. Au point de surpasser totalement tout calcul de probabilité, tant la circonstance est impossible. C’est un peu comme si les choses étaient aimantées de l’intérieur, ou reliées entre elles à partir d’un plan invisible.

Jamais je n’aurais pensé que la question initiale de Patricia sur le devenir des suicidés dans l’autre monde, qui m’avait laissé tout d’abord laissé coi et pantois, nous aurait engagé dans un débat aussi inattendu et fructueux. La question, qui en soulève de nombreuses autres au passage, déchaîne les passions, et les avis souvent tranchés et affirmatifs des uns et des autres, à travers lesquels on entend en écho, morale et religion, laissent parfois perplexe.

Revenons à présent sur ce que la science nous dit sur la question, à travers ce livre providentiel que je me suis donc empressé de commander et de lire afin d’alimenter notre débat qui touche, comme nous l’aurons bien compris, aux fondements mêmes de la vie.

Il s’agit de : "Life at Death. A scientific investigation of the Near-Death Experience", Ph. D Kenneth Ring, introduction by Dr. Raymond Moody, JR., First Quill Edition, New York, 1980.

Cet ouvrage : « La vie à la mort (ou au moment de la mort). Une enquête scientifique sur les expériences de mort imminente », n’a malheureusement jamais été traduit en français. D’une lecture assez technique mais tout à fait passionnante, c’est un pavé de 300 pages d’écriture serrée. L’étude qui porte sur plus d’une centaine de témoignages de NDE, est accompagnée de nombreux tableaux statistiques. Voici ce que son auteur nous y rapporte au sujet des NDE de suicidés :

« Il existe certaines indications dans la littérature, y compris dans les livres de Moody, que les expériences de mort imminente suite à une tentative de suicide, sont peu susceptibles de produire une NDE transcendantale (qui s’élève au-dessus du niveau moyen). Pourtant, bien qu’une telle opinion soit commune, les données empiriques (qui ne s’appuie que sur l’expérience) fiables sur ce point sont remarquablement rares, et celles qui existent à ce sujet semblent contredire cette opinion*.

(* Traduction du titre anglais de l’ouvrage : "Survivants de suicides : Une étude de suivi sur les personnes qui ont survécu au saut du haut du pont du Golden Gate, et de celui de la baie de San Francisco-Oakland", D. H. Rosen, p. 289-294.)

La question de ce qui est expérimenté lors d'une tentative de suicide représente à l’évidence une donnée d’importance et urgente sur un plan à la fois théorique et pratique. Si l'expérience tend à ne pas être transcendante, ou ne pas être bienfaisante, cela ne limite pas seulement le contenu de l'expérience, mais devrait également dissuader tous ceux qui pourraient être tentés de se retirer la vie, de le faire, après avoir entendu (et mal interprété) les recherches de Kübler-Ross, de Moody et de bien d’autres.

Un des deuxièmes objectifs de ce livre consistera à comparer les NDE associées à trois modes de décès différents : par maladie, par accident, et du fait d’un suicide. Nous disposons, pour cette dernière catégorie, de vingt-quatre témoignages de personnes ayant tenté de se suicider.

La caractéristique la plus frappante des expériences de NDE liées au suicide, qui les distingue du scénario général, c’est qu’aucun d’eux n’a rapporté l’épisode du tunnel, ou a vu la lumière rayonnante et bienveillante, ou a rencontré une présence, ou s'est retrouvé à un moment avec des proches décédés, ou est entré dans un monde transcendant de beauté surnaturelle.

Au lieu de cela, l’expérience de mort imminente liée au suicide tend à être comme tronquée, avortée, et limitée. Elle commence comme toujours, par un sentiment de libération et de paix, se continue par l’expérience de détachement du corps physique, de la même façon que pour les autres catégories. Mais elle tend à évoluer vers un sentiment de confusion, d’errance dans un vide obscur et trouble - une sorte de « zone crépusculaire ». En tout état de cause, les récits de nos témoins suggèrent fortement que l'expérience de NDE liée au suicide ne parvient pas à sa plénitude. Au lieu de cela, elle tend à avorter avant que les éléments transcendants caractéristiques de l'expérience type n’apparaissent.

Les données portant sur les aspects qualitatifs des NDE liées à un suicide sont donc clairement complexes, mais elles conduisent malgré tout à un certain nombre de constatations importantes :

- Les récits de nos suicidés, comparativement aux autres catégories, tendent à être moins complets concernant les éléments d’expérience de type transcendantale.
- Il existe un certain nombre de facteurs qui font des suicidés une catégorie à part des autres, comme le fait de réduire la probabilité de vivre une expérience de NDE complète, incluant tous les stades.
- De ce fait les aspects qualitatifs des NDE de suicidés sont souvent ambivalents et peu concluants.
- Certaines données suggèrent néanmoins que certaines caractéristiques transcendantes associées à l'expérience type, peuvent se produire lors de tentatives de suicide, les NDE liées au suicide sem-blent être alors vécues comme extrêmement positives.
- Les expériences de NDE d'un certain nombre de suicidés ont toutes conclu que les conséquences d'un suicide réussi pourraient avoir des conséquences négatives.

Un examen attentif de tous ces points montre qu’une conclusion définitive sur cette question n'est en aucun cas possible car toutes ces données sont pour l’instant encore bien trop fragmentaires. »

("Life at Death", Kenneth Ring, p. 24-25 ; 104 ; 118 ; 128 )

En résumé, d’après cette étude portant sur vingt-quatre cas de suicides, les NDE de ceux-ci semblent être comme limités et altérées. Elles tendent à être moins complètes, concernant en particulier les éléments d’expérience tels que l’épisode du tunnel, celui de la rencontre avec l’être de lumière, ou avec des proches, ou l’entrée dans un monde de beauté et de perfection surnaturelles. En effet, elles ont tendance à se terminer par un état de confusion, d’errance dans un vide sombre, trouble, une sorte d’inframonde. En conclusion, tous semblent s’accorder sur le fait que si leur suicide avait abouti, cela aurait pu avoir sur eux et sur leur destin des conséquences néfastes.

Mais ce point à peine édicté, voilà qu’il fait référence à d’autres travaux qui sembleraient démontrer le contraire. Raison pour laquelle il enjoint d’ailleurs fortement ses lecteurs à se garder de toutes conclusions hâtives, appellant de ses vœux études et enquêtes ultérieures plus poussées dans ce domaine.

Cette étude a maintenant plus d’une trentaine d’années, et la recherche sur les NDE a depuis considérablement évolué. Je me suis donc mis en quête de nouvelles informations sur la question du devenir des suicidés dans l’après vie, et je n’ai pas tardé à trouver, dans l’abondante littérature de ces dernières décennies sur la question, de nouvelles informations dont je tenterai de faire une synthèse la prochaine fois.

J’aimerais réagir à présent aux derniers messages de Nicolas et de Bertrand.

Nicolas, un grand merci tout d’abord pour ces beaux textes et ces pensées profondes. J’ai été interpelé par la question du lien entre science, "vraie" religion, et superstition, qui me paraît tout à fait d’actualité.

« La vraie religion et la science ne sont pas en contradiction. Les vrais principes de toutes les religions sont conformes aux enseignements de la science. Lorsque la religion est en opposition avec la science, elle devient superstition. »

Je pense ici aux thèses créationistes de certaines Eglises évangéliques, notamment aux Etats-Unis, qui, au nom du récit biblique de la création, dénient avec véhémence la théorie de l’évolution darwinienne sur laquelle repose toute la science.

En effet, que penser de cette religion qui dit que la première femme aurait été créée à partir d’une côte empruntée à Adam ? Que dire encore de la création du soleil et de la lune, qui eut lieu après la formation de la Terre ? Comment, cela et bien d’autres choses encore, pourraient-elles être scientifiquement plausibles ? On voit bien ici que les principes de la religion entrent en conflit direct avec les thèses de la science, et qu’on est là en plein dans un domaine de superstitions.

Dans le sens inverse, que penser de cette science qui prétend que Dieu n’existe pas, puisqu’on ne l’a jamais vu, ni à travers aucun microscope, ni au moyen d’aucun téléscope, pourtant aujourd’hui extrêmement puissants ? Et qu’il ne peut y avoir une survie de la conscience par delà ce corps, puisque celle-ci résulte de son activité cerébrale et neuronale ? On voit bien ici que les principes de la science entrent en complète opposition avec ce que nous enseigne la religion. Dans ces circonstances le : « conformez toutes vos croyances à la science », me semble tout à fait caduc.

« Quand la religion délivrée de ses superstitions, de ses traditions et de ses dogmes inintelligibles, se trouvera en conformité avec la science, alors une grande force d'union et d'assainissement paraîtra dans le monde. » C’est évidemment une belle parole, mais qui ressemble fort à un vœu pieux. Ou alors à quelle religion et à quelle science est-il fait ici référence ? Certainement ni à la religion ni à la science que nous avons connues jusqu’à présent.

Peut-être pourrait-il s’agir de cette théologie qui dit que les textes bibliques ne doivent pas être compris d’une façon littérale, qu’ils ont une valeur avant tout symbolique et spirituelle, ainsi que l’affirme et le démontre Swedenborg ?

Et pour la science, peut-être pourrait-il s’agir de celle de tous ces médecins, cardiologues, neurologues, anesthésistes, psychiatres, etc., qui, dans la foulée de Moody, ont décidé de prendre au sérieux et d’étudier très rigoureusement les milliers de récits d’expérience, régulièrement rapportés par leurs patients, miraculeusement "ressuscités" grâce aux techniques de réanimation modernes, je veux parler ici de toute la recherche actuelle sur les NDE. Voir la bibliographie commentée sur le sujet : http://emmanuelswedenborg.info/enseignements/lavieapreslamort/viepostmortembiblio.html

Il se trouve que la plus grande partie des enseignements de Swedenborg se trouvent très largement confirmés par la vision qui ressort de l’ensemble de la recherche et de la littérature scientifiques consacrées aux NDE. Non seulement ses enseignements sur la vie après la mort, mais tout récemment aussi, ceux concernant l’existence et la nature même du Divin. Alors oui, une nouvelle jonction entre une certaine théologie et une certaine science, est bien en train d’avoir lieu, et oui, sans conteste "une grande force d'union et d'assainissement est en train de paraître dans le monde".

Bertrand, j’ai eu beaucoup de plaisir à retrouver vos messages enflammés et passionnés, toujours riches de toutes sortes d’enseignements. Je serais personnellement curieux de savoir de quelle tradition ou de quel auteur viennent ces enseignements. Il me semble y avoir trouvé quelques références à la théosophie de H.P. Blawatsky ou W.Q. Judge, mais je n’en suis pas certain, en tous les cas, le moins que l’on puisse dire c’est que "cela ne fait pas dans la dentelle ! ".

Permettez-moi de résumer votre tableau, dans ce qu’il peut avoir de plus noir : « Le suicide, comme tout autre meurtre, est un péché parce qu’il engendre une perturbation soudaine dans l’harmonie du monde. Ainsi chaque suicidé, ou meurtrier d’un autre, impose à toute l’humanité un fardeau injustifiable. Il ne pourra donc échapper à cette injustice, et la mort ne fera que le placer dans les griffes de lois qui sont puissantes et implacables. Le suicide est une énorme folie parce qu’il place son exécuteur dans une position infiniment pire que les conditions dont il avait follement espéré s’échapper. Ce n’est pas la mort, mais c’est aller dans un nouveau lieu où la terreur et le désespoir ont seuls leur place. »

Je suis toujours perplexe de voir les tenants de religions fondées sur la miséricorde ou la compassion Divine, s’improviser juge en esprit de ses pauvres hères désespérées qui en viennent à se suicider, parce qu’elles ne peuvent plus supporter de souffrir leur condition. Je vous invite à lire les témoignages souvent poignants de ces suicidés qui évoquent souvent, dans leur récits de NDE, les circonstances toujours dramatiques de leur acte. Oui, les lois qui régissent ce monde et l’autre monde sont puissantes, mais elles n’ont pas de griffes, elles sont encore moins implacables, et ne précipitent personne dans aucun lieu de terreur et de désespoir. Dieu est amour, et il ne nous enseigne rien d’autre, alors si un parent ou un ami est capable de comprendre et de pardonner à un proche un tel acte de folie et de violence, dites-moi comment le Divin ne pourrait-il point à plus forte raison le faire lui-même, et avec une compassion qui ne peut que dépasser infiniment notre propre capacité d’empathie pour l’autre ?

Poursuivons :

« Le suicide étant une violente destruction du premier élément – le corps – les deux autres, l’âme et l’esprit, sont laissés sans leur instrument naturel. L’homme alors n’est qu’à demi-mort, et il est obligé d’attendre jusqu’à ce que le terme naturel de sa mort soit atteint. Le destin du suicidé est en général horrible, projeté dans le monde astral où la loi impitoyable l’oblige à attendre jusqu’à ce qu’il puisse mourir convenablement. Il devra attendre, à moitié mort, les mois ou les années qui, dans l’ordre de la nature, auraient dû s‘écouler sur lui avant que le corps, l’âme et l’esprit puissent se séparer correctement. Il devient une ombre vivante dans un purgatoire appelé « lieu du désir et de la passion ». Il y existe dévoré par ses propres pensées, et y répète par des pensées vivantes l’acte par lequel il a tenté de mettre fin à sa vie ; tout en voyant pendant ce temps, les gens et les lieux qu’il a quittés, incapable de communiquer avec aucun d’entre eux, excepté de temps à autre à travers un pauvre sensitif, qui est souvent effrayé par cette visite. Et souvent il emplit le mental de personnes vivantes qui peuvent être sensibles à ses pensées, de l’image de son acte de départ, et il les induit occasionnellement à commettre sur eux-mêmes l’acte dont il a été coupable. »

Le corps astral n’est rien d’autre que ce que Swedenborg et les témoins de NDE nomment le corps spirituel, et il ressort clairement, dans ces deux contextes, qu’il est le véhicule éternel de nos âmes et consciences, en aucun cas donc destiné à mourir ou se désagréger comme le corps physique, ni même à se dissocier de l’esprit et de l’âme dont il est la parfaite manifestation et le véhicule obligé. Ces enseignements ont peut-être été initialement empruntés à la tradition bouddhiste tibétaine qui semble croire, suite à la mort du corps physique, à une dissolution de notre conscience individuelle terrestre, celle de notre moi, ce que ni Swedenborg ni les récits de NDE ne semblent à aucun moment confirmer.

C’est donc une quadruple peine qui consiste : à être victime d’un acte de "folie" désespéré (le suicide) ; précipité dans un monde de terreur pour y errer comme un mort-vivant dévoré par les flammes du désir et de la passion ; d’être condamné à tourner en boucle et à l’infini son acte meurtrier ; et en final, cerise sur le gâteau, le voilà poussé à aller assassiner ses proches.

Cela fait beaucoup ! Dieu aime, et Dieu nous aime - chacun d’entre nous, qui que nous soyons et quoi que nous ayons pu faire - infiniment. Combien de temps nous faudra-t-il pour comprendre cela, et pour mesurer toutes les implications que cet amour inconditionnel pour toutes ses créatures - quelle qu’elles soient - peut avoir ?

J’ai beaucoup aimé votre premier paragraphe d’introduction sur le corps "motte de terre", et plus encore l’idée que nos fautes et nos erreurs puissent perturber l’harmonie du monde, et se répercuter sur tous les hommes, puisque tout ne fait qu’un.

Je souhaiterais pour finir revenir sur le message de Jean-Pierre qui nous disait qu’il n’y a pas, pour le bouddhisme tibétain, de communication possible entre les morts et les vivants. Ce auquel j’avais répondu que « dénier la réalité de cette communication des vivants avec les esprits défunts, depuis toujours et partout assumée par l’humanité, était est à mes yeux raisonnablement intenable ».

Lors de notre dernière rencontre, Jean-Pierre m’a offert un ouvrage du vénérable Kalu Rimpotché, me pointant du doigt le passage suivant :

« Question. Quelle est votre opinion sur le spiritisme et les gens qui posent des questions aux morts ?

Rimpotché. On dit effectivement qu’il y a des gens qui communiquent avec les morts, qui voient ou qui entendent les morts. Ce n’est pas une chose impossible, mais dans la plupart des cas, il semble que ce soit plutôt une sorte de tromperie, simplement le fruit de l’imagination de la personne.

Dans le Dharma (loi, doctrine, religion), on dit que tant qu’on n’a pas obtenu un niveau de réalisation qui s’appelle le chemin de la vision, et qui correspond en fait à la première terre de Bodhisattva (un bouddha avant que celui-ci n’ait atteint l’éveil), et à la réalisation de la vacuité (réalisation de la nature même des choses), il n’est pas possible de communiquer avec les êtres qui sont dans le barde (état intermédiaire). »

("Reconnaître le sens de la vie", Kalou Rempoché, éditions Dashang Kagyu Ling, Dijon-Quetigny, 2006)

J’apprécie hautement le : « ce n’est pas une chose impossible », malgré la prudence dont Kalu Rimpotché fait preuve à juste titre. Je ne sais pas à quoi correspond exactement la première terre de Bodhisattva, j’ai lu qu’il existait cinquante deux niveaux de Bodhisattva, mais une chose est certaine c’est que de nombreux témoignages font état de toutes sortes d’expériences de communication avec des personnes défuntes, dans des contextes qui n’ont rien à voir avec celui de pratiques de spiritisme ou de médiumnité, et souvent sans l’avoir recherché.

Il est également intéressant de voir que Raymond Moody a développé une méthode pour éventuellement tenter un contact avec des proches défunts. Les témoignages qui en ressortent sont frappants et à haute valeur psychothérapeutique. Ces expériences ont un impact parfois équivalent à une NDE, par les transformations et les guérisons intérieures qu’elles entraînent. Comme quoi il faut se garder de tout préjugé, et toujours avoir l’esprit ouvert à tout. Nous vivons dans une réalité multidimensionnelle complexe et mystérieuse, ou chaque chose, chaque être, semble obéir à une loi qui lui est unique et qui ressort d’un lien particulier avec le Divin, source de toute vie. Méfions-nous donc toujours des "c’est comme ci", et "c’est comme ça", ouvrons plutôt l’oreille de notre coeur et il nous sera donné de voir, l’immense sagesse et le grand amour que le Divin a pour tous ses enfants.

Alors bien chers amis, tout avec vous sur le chemin de cette "sophia", qui vient de l’intérieur.

Patrick

Ps. Le paradoxe de toute connaissance :

« Il n’y a rien de sain ni de sûr, ni dans aucune chose ni dans aucun raisonnement, tout est dans un flux et un reflux continuels, absolument comme dans l’Euripe*, et rien ne demeure un moment dans le même état. (...)
Pour autant ne laissons jamais entrer dans notre âme cette idée qu’il ne pourrait rien y avoir de sain dans les raisonnements, et nous priver de la vérité et de la connaissance de la réalité. »

(* L’Euripe, détroit qui sépare deux fleuves, sujet à un flux et à un reflux perpétuels.)

(D’après le "Phédon", de Platon, traduction et note par E. Chambry, Garnier Flammarion, Paris, 1965. Pages 146-147.)
Patrick
Administrateur du site
 
Messages: 64
Inscription: 11 Oct 2015 17:16

Re: Le suicide et les suicidés dans l'autre vie

Messagepar morganto » 25 Juin 2017 11:48

bonjour Patrick et à tous

vous aviez raison , il s'agit bien d'un texte de Mme Blavatsky/Judge. Evidemment rien de moi dans ce texte; je l'ai trouvé sur un site de théosophie, j'ai pensé qu'il était bien pour alimenter le débat.
en voici un autre de R.Steiner , tiré de son livre " expériences vécues par les morts":
.....Jusqu’à la vie dans la sphère solaire, nous sommes tellement préoccupés par les souvenirs de ce qui existait avant la mort, que notre intérêt se trouve totalement détourné de ce qui se passe sur terre. Nous vivons avec les êtres humains qui, comme nous, se trouvent dans le monde spirituel ; après la mort nous nous familiarisons avec toutes les relations que nous avons déjà eues sur terre avec ces hommes ; nous continuons à vivre dans ces mêmes conditions, et nous en élaborons les conséquences. Parce que nous sommes constamment dérangés, nous avons, pendant cette période, moins de temps à consacrer à des proches qui se trouvent encore sur terre. Un lien avec eux ne s’établit que si, du fond de leur âme, ils nous recherchent. Ce fait doit être considéré comme un élément moral de premier ordre. En effet, cela apporte de la lumière sur les rapports entre les défunts et ceux qui demeurent sur terre. Quelqu’un qui est mort avant nous et que nous avons totalement oublié, éprouve énormément de difficultés à rétablir le contact avec nous qui sommes restés ici-bas. Notre amour, notre sympathie soutenues à l’égard du défunt constituent une voie ouverte, parce qu’ils établissent un lien avec l’existence terrestre. C’est à partir de ces liens que, pendant ces premiers temps après la mort, les défunts doivent vivre avec nous. C’est vraiment un fait surprenant de constater à quel point le culte instinctif du souvenir à l’égard des morts se trouve profondément confirmé par l’occultisme. Nos défunts nous atteignent le mieux lorsqu’ils peuvent trouver, ici sur terre, des pensées, des sentiments et des impressions qui s’adressent à eux.....
....Pour la seconde partie de la vie entre la mort et une nouvelle naissance, les choses se présentent d’une façon quelque peu différente. Nous sommes alors tellement occupés par nos intérêts cosmiques, que nous éprouvons beaucoup de difficultés pour établir, durant cette seconde période, un lien avec la Terre. À part nos intérêts cosmiques, nous avons le souci de participer à l’élaboration juste de notre karma à venir....

.....Les hommes sont différents les uns des autres. Cette différence se révèle lorsqu’on observe, après sa mort, un homme qui tout au long de son existence a manifesté une vie intérieure faite de bonté et de moralité, et qui traverse la mort avec une attitude d’âme exprimant ses qualités morales. On peut le comparer à un être qui emporte dans la mort une attitude moins morale. Cela fait apparaître une grande différence.
Elle se révèle dès que l’homme pénètre dans la sphère où agissent les forces de Mercure. Comment cela se manifeste-t-il ? Une fois que l’homme est passé par la porte de la mort il perçoit, par exemple, grâce aux moyens de perception dont nous disposons après la période du kamaloca, les êtres qui lui avaient été proches durant la vie et qui sont morts avant que lui-même ne franchisse le seuil de la mort. Sont-ils liés à lui ? Certes, nous retrouvons tous ces êtres, et nous vivons ensemble avec eux également durant la vie après la mort. Mais notre façon de vivre avec ces êtres diffère maintenant de celle qui a cours sur terre Le fait d’emporter dans la mort une attitude intérieure morale ou amorale engendre une différence. Certes, celui qui a mené sur terre une vie immorale retrouve bien les membres de sa famille et ses amis, mais à cause de sa propre nature, il y a toujours une sorte de mur qui se dresse devant lui et qui l’empêche d’établir le contact avec les autres êtres. Après la mort, tout être marqué par une attitude immorale devient un ermite, un être isolé qui se trouve de toute part comme encerclé par un mur qu’il ne parvient pas à franchir pour rejoindre les autres au sein de cette sphère. Par contre, l’âme portant l’empreinte de la moralité, parce qu’elle est habitée par le genre de représentations qui résultent de la purification de notre volonté, cette âme-là devient en quelque sorte un esprit sociable et trouve toujours les passages nécessaires pour établir des liens avec les autres êtres dans la sphère desquels elle vit.....

....C’est de notre attitude morale ou immorale que dépend le fait d’être un esprit sociable ou solitaire. Cette décision entraîne une conséquence très importante. L’esprit sociable, dont l’être n’est pas enfermé dans une sorte de coquille mais capable de fréquenter les êtres de sa sphère, cet homme-là participe de façon féconde à l’évolution de tout l’univers, contribue à son développement. L’homme immoral, qui après sa mort devient un ermite, un esprit solitaire, contribue à la destruction du monde. Il provoque des trous dans l’univers, proportionnellement au degré de son immoralité et de son isolement. L’effet des actes immoraux d’un tel homme devient pour lui un supplice et pour l’univers une destruction.....
...Jusque sur la sphère lunaire, nous sommes encore préoccupés par les conditions terrestres. Même au-delà, les rapports avec la Terre ne se sont pas encore entièrement évanouis ; nous savons encore tout ce que nous avons fait et pensé sur terre. Nous le savons sous la forme du souvenir. Voyez-vous, mes chers amis, une fois encore c’est le souvenir qui s’avère être l’élément des tourments ! Lorsque nous avons été injustes à l’égard d’un homme, ou lorsque nous ne l’avons pas assez aimé, il nous est possible, tant que nous vivons sur terre, d’en écarter les conséquences. Nous pouvons aller le trouver et nous expliquer avec lui. À partir de la sphère de Mercure, cela n’est plus possible. Nous pouvons voir toutes les circonstances qui perdurent et demeurent accrochées dans notre souvenir, mais nous ne pouvons plus les modifier....
Prenons le cas de quelqu’un qui est décédé avant nous. Compte tenu des conditions terrestres, Nous le rencontrons – nous rencontrons effectivement après la mort les êtres avec lesquels nous avions été liés, – mais nous le rencontrons tel que nous avons été à son égard, et nous ne pouvons pour le moment rien y changer. Il existe donc en nous un reproche de ne pas l’avoir assez aimé, mais ici nous ne pouvons plus modifier notre caractère afin de l’aimer mieux. Ce que nous avons établi sur terre demeure, et nous sommes incapables de le changer. Le fait précisément que nous aurions dû l’aimer, mais nous ne l’avons pas suffisamment aimé.

bonne journée à tous
Bertrand
morganto
 
Messages: 15
Inscription: 10 Déc 2015 21:41

Précédente

Retourner vers La vie après la mort

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum: Aucun utilisateur enregistré et 1 invité

cron