Le suicide et les suicidés dans l'autre vie

Ce forum est consacré à la question de la vie après la mort. Lire à ce sujet les pages dédiées à cette question sur le site : emmanelswedenborg.info. N'hésitez pas à poster vos questions, et à partager vos reflexions et vos expériences dans ce domaine.

Le suicide et les suicidés dans l'autre vie

Messagepar Patrick » 30 Sep 2016 17:01

En réponse à une question transmise par mail :

« Mon épouse Patricia, voudrait poser la question de savoir ce qu'il advient des âmes des personnes suicidées quand elles arrivent dans le monde des esprits ? »

Bienvenue, Patricia sur ce forum des amis (es) de la sagesse, et un grand merci pour cette question d’importance. En effet il est rare dans la vie d’un être humain que la question du suicide ne se pose pas à un moment ou un autre, et aussi parce que tout le monde je crois, a perdu un proche, un ami, une relation à cause d’un suicide, et je suppose que si vous me posez cette question c’est que c’est peut-être votre cas.

Comme nous l’avons vu avec les enseignements sur la vie après la mort (voir site Swedenborg : "Y-a-t-il une vie après la mort ? ) une fois la mort du corps advenue, notre esprit passe dans une autre dimension de conscience et d’existence. Notre esprit, doté d’un corps d’une autre nature, se dégage de l’enveloppe physique, et de ce plan d’existence terrestre.

Cette frontière franchie, nous sommes accueillis dans l’autre monde par un ou des êtres de lumière, en présence duquel ou desquels nous faisons l’expérience d’une supra-conscience que rien sur la Terre ne nous permet de concevoir. Dans cet état de surpra-conscience, nous sommes souvent amenés à revoir toute notre vie, non comme un simple défilé de souvenirs, mais de l’intérieur, à partir de tout ce que nous avons pu ressentir, vouloir, penser, dire et faire, et de voir aussi toutes les répercussions de tout ce que nous avons été ou pas, sur tous ceux qui nous ont entourés. A travers cette remémoration, et à la lumière de cette supra-conscience, nous sommes amenés à opérer une ré-évaluation en profondeur de nos êtres, de là où nous en sommes, et de là où nous souhaitons à présent aller, ce qui détermine notre devenir ultérieur et en partie aussi le nouveau monde dans lequel nous allons nous incarner afin de poursuivre notre chemin. C’est ce processus que la Tradition a symboliquement représenté par le “Jugement” ou le “Jugement Dernier” (voir le forum sur ce sujet).

Je crois qu’il importe de bien comprendre qu’il n’y a là personne pour nous juger, nous condamner et nous damner à aucun enfer. Il n’y a donc ni père fouettard, ni chaudron de poix et de feu éternel. Point non plus de récompenses pour toutes nos bonnes actions et encore moins de billet pour le Paradis. Nous n’irons que là où nous aspirons à aller, et ne deviendrons que ce que nous voulons devenir, en toute liberté.

L’être de lumière, les esprits angéliques, ou les esprits de parents ou de proches défunts, peuvent par ailleurs nous guider et nous instruire dans ce processus de réévaluation, dans la lumière d’un amour inconditionnel qui ne nous veut que du bien, et où le reste ne dépend plus que de nous et des aides que nous nous associons ensuite afin de continuer notre marche.

Nous commettons des erreurs, et parfois aussi des fautes, en enfreignant certaines lois immuables de l’Univers, comme celle de ne jamais attenter à sa propre vie, par exemple. Nous n’en prenons souvent pleinement conscience qu’à ce moment, celui où s’ouvre pour nous le grand Livre de Vie. Dans la plupart des cas nous aspirons alors à pouvoir faire quelque chose pour nous racheter à nous-mêmes, afin de nous rendre simplement digne de recevoir cette nouvelle lumière qui ne fait que nous aimer et qui n’aspire qu’à nous aider.

« En effet, qui d’entre vous, si son fils lui demande du pain, lui donnera une pierre ? Ou s’il demande un poisson, lui donnera-t-il un serpent ? Si vous donc qui êtes mauvais, savez donner des bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père qui est aux Cieux, donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui le lui demandent. » (Mt 7 : 7-11)

Le Divin ne manque jamais de donner à celui qui y aspire sincèrement les moyens de se “redresser”. Comme nous sommes souvent appelés à nous réaliser à travers ce par lequel nous sommes d’abord mis à l’épreuve, ceux qui attentent à la vie, de quelque façon que ce soit, sont souvent appelés à aider ensuite d’autres personnes qui se trouvent dans une situation analogue à celle qu’ils ont vécue. Leur nouvelle mission étant de veiller à préserver et sauvegarder la vie, parce qu’elle est un des pouvoirs les plus sacrés de l’Univers, parce qu’elle est le don Divin par excellence. Après l’oeuvre au noir, vient le temps de l’oeuvre au blanc, après l’obscurité vient la lumière, après le désespoir et la mort, viennent la renaissance et la reprise en main de nos destins sur un plan de réalité infiniment plus élevé, où ces choses-là sont aussi évidentes, que le pain et le vin posés sur la table de la cuisine, et même bien davantage.

C’est la raison pour laquelle tous les suicidés qui sont revenus de la mort, grâce aux techniques modernes de réanimations, et qui ont confronté au cours d’une NDE cette réalité, et ceci malgré la difficulté et le regret bien souvent d’avoir à réintégrer ce plan terrestre, disent ne plus jamais désirer mourir avant que leur heure ne soit venue. Nombre d’entre eux, en effet, y ont acquis la certitude de l’origine Divine de toute vie. Réconciliés avec la vie, ils n’aspirent plus qu’à la respecter, à en prendre le plus grand soin, et la cultiver pour la faire grandir en eux et autour d’eux. S’il en est ainsi pour ceux qui sont appelés à revenir sur Terre, combien davantage en est-il encore pour ceux qui sont appelés à continuer de l’autre côté ! Dans un cas comme dans l’autre, ceux qui tournent le dos à cette seconde chance sont extrêmement rares.

Chaque cas de suicide est évidemment très différent, ne sachant pas à quel possible suicide vous faites référence, il m'est difficile de donner une réponse plus précise. N’hésitez pas à en parler si besoin. Par ailleurs mon collègue, Jean, m'a fait parvenir pour vous quelques textes très intéressants sur le sujet, que nous exposerons lors d’un prochain message.

En attendant, je souhaiterais évoquer les paroles d’un chant-médecine d’inspiration amérindienne qui a le pouvoir de nous rappeler les quelques fondamentaux qui font que la vie est un don précieux et inaltérable :

« Oh Grand-Esprit nous te remercions infiniment pour le don immense que tu nous fais de vivre. Nous te remercions pour ce monde de Paradis, pour ce nouveau jour qui s’ouvre devant nous. Protège nos pas et guide nos esprits, donne-nous les visions qui conduisent.
Nous accueillons le feu de ton Esprit, nous recevons la fleur de ta lumière.
Nous accueillons ton pouvoir de création, nous recevons ton pouvoir de guérison. »

La mélodie de ce chant est très belle, elle sonne comme un appel à réveiller notre conscience intérieure.

Tout avec vous.

Patrick
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Re: Condamnation morale et religieuse

Messagepar Patrick » 14 Déc 2016 16:29

Voici un message envoyé par un internaute par mail, pour ce forum :

Cher amis

Patrick, à propos de votre texte : réponse assez approfondie sur les personnes qui se donnent la mort. Par contre, la dernière partie me semble un peu plus délicate à transmettre à des personnes qui ont perdu un proche par le suicide.

Stipulant que les suicidés qui reviennent à la vie ne désirent plus ensuite mourir avant que leur heure ne soit arrivée, étant devenus plus respectueux de la vie, ils pourraient alors se demander si celui qui se suicide n’était pas respectueux de la vie, ou que l’acte du suicide l'ait rendu irrespectueux de la Vie ?

Je pense que la forme peut prêter à confusion, alors que ce que vous exprimez signifie certainement que cette expérience de contact avec l’Esprit les amène à une tout autre vision de ce qu’est la vie et qu’ils ne peuvent plus agir de la même façon comme l’acte de se retirer la vie.

Voilà un petit détail que j’ai remarqué, alors que tout le reste me semble juste, retirant le côté moralisateur de la religion. Vous l’exprimez à travers le jugement dernier qui dénonce toute accusation de faute, car les bras du Divin sont plein d’Amour et nous accueille avec tout ce que nous sommes. C’est une lecture de l’âme et non un jugement qui condamne.

Cela me rappelle un prêtre qui disait que la confession telle qu’elle était pratiquée n’était pas intéressante, qu’il suffisait de prendre un temps de recueillement pour voir si notre vie était en alignement avec le sens que l’on veut lui donner, je pourrais dire en alignement avec notre âme. Il est certain que cette confession me convenait mieux que celle qui accable de fautes.

Le message de Nicolas est super. Il caractérise vraiment la condamnation morale de l’acte de se suicider à travers l’empreinte religieuse.

De tout cœur avec vous.

Eric
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Re: Amour inconditionnel ou jugement et sanction ?

Messagepar Patrick » 21 Déc 2016 17:35

Chers amies (s)

Eric, un grand bienvenu tout d’abord sur ce forum des "philo-sophes", des "amis de la sophia". La "sophia", c’est cette "sagesse", qui n’est pas une connaissance seulement mentale et intellectuelle, mais surtout intérieure et spirituelle.

Je vous remercie pour votre bon feedback et votre point de vue que j’ai trouvé très sensible et très juste.

Comme vous, j’ai moi-même été choqué par la citation de Nicolas : “Quiconque se suicide met en danger son âme et en conséquence souffrira spirituellement dans les autres mondes de l'au-delà.” Et de trouver plus loin qu’au bout du compte : “Dieu sera miséricordieux et pardonnera, finalement ...”.

Ce scénario me dérange à plusieurs égards. D’abord c’est la double peine pour celui ou celle qui vient de perdre un proche par suicide. Celle d’abord de perdre un proche dans des circonstances aussi dramatiques, et celle ensuite de le savoir par surcroît condamné pour son acte à des souffrances spirituelles par delà cette vie. D’un point de vue psychologique, je ne suis par certain que ce soit une réponse très thérapeutique, pour celui qui est à vivre un tel deuil.

Mais il y a plus, nous avons affaire ici à un scénario de relation Divino-humaine que l’on retrouve régulièrement dans les trois grandes religions monothéistes et patriarcales que sont le judaïsme, le christianisme et l’islam. A l’image de de notre justice humaine, lorsque nous commettons une faute nous sommes jugés et condamnés à une peine de souffrances et de réparations en rapport avec la gravité des faits. Mais il y a un joker, comme le bon Dieu est miséricordieux, au bout du compte on peut espérer une remise de peine, à condition de se repentir et d’implorer son pardon afin qu’il nous accorde sa grâce rédemptrice.

Cette vision extrêmenent réductrice est liée à une lecture et une interprétation tout à fait littérale des trois grands textes sacrés que sont, pour ces religions du Livre, la Miqra (ou Tanakh), la Bible et le Coran. Cette façon d’envisager la relation de l’homme au Divin a quelque chose de médiévale, pour ne pas dire d'archaïque. C’est le scénario que proposent pourtant de nos jours encore un bon nombre d’églises et de religions. Quand parviendrons-nous donc à nous dégager tout à fait de ces notions de fautes, de péchés, et de culpabilités, et de l’image d’un Dieu juge et censeur. Quand comprendrons-nous aussi que cette notion de “grâce” Divine, qui nous exempterait du péché et des châtiments qui en sont la conséquence, est tout simplement absurde.

Croyez-vous vraiment que le Divin ait envie d’avoir comme partenaire une créature coupable et morfondue, implorant sans cesse son pardon en d’incessantes plaintes et complaintes pour ses innombrables péchés ?

Auriez-vous envie vous-mêmes d’un tel compagnon ? Si oui, je vous conseille d'aller consulter un psy !

Le Divin ne juge et ne condamne jamais personne, il ne pardonne non plus aucun péché et ne gracie jamais aucun homme, car il aime et accueille tous les hommes quels qu’ils soient, comme ses propres enfants. Il laisse l’homme à lui-même, à ses propres fautes ou péchés ainsi qu’à leurs conséquences, libre et responsable de son propre destin, si ce n’est terrestre, tout du moins intérieur, celui de sa conscience.

Il prend donc soin de tous, de ceux qui se tournent vers lui, comme de ceux qui l’ignorent ou qui lui tournent le dos, car il est la force bienveillante même qui tient tout ensemble, la matière, l’univers, l’homme et toutes les créatures.

Il vient vers tous ceux qui se tournent vers lui, mais aussi vers tous les autres, pour les guider et les accompagner, les faire grandir et les élever, à travers les bonheurs et les malheurs, les erreurs et les victoires intérieures, que représentent le chemin de cette vie en ce monde, et dans les autres mondes, à éternité.

Ce que nous nommons fautes ou péchés, Dieu les nomment erreurs. Il les utilise, non pour nous punir et nous accabler de souffrances, mais pour nous faire grandir en conscience et en humanité, afin de nous aider à accomplir notre destin, ce qui est très différent, les amis.

Le paradoxe est que ces enseignements, que Swedenborg a si bien su dégager et mettre en lumière, sont au coeur des trois livres sacrés du Tanakh, de la Bible et du Coran. A condition évidemment de les aborder avec discernement et d’en avoir une lecture “spirituelle”. De plus, et de façon tout à fait inattendue, l’ensemble de cette sagesse, est depuis peu largement confirmé et prouvé par la médecine et la science, à travers la recherche et la littérature récentes sur les “Near-Death-Experience”, les “expériences proches de la mort”.

Si, ni la Bible, ni Swedenborg n’en disent rien, ce qui est assez surprenant compte tenu des nombreux suicidés, le Docteur Raymond Moody, précurseur dans l’étude des “NDE”, y consacre un chapitre entier dans le volume qui viendra compléter son célèbre best-seller mondial : “La vie après la vie”, Robert Laffont, Paris, 1975. Livre qui a produit une véritable prise de conscience collective et ouvert la recherche dans ce domaine à un niveau mondial.

Son deuxième volume, beaucoup moins connu : “Lumières nouvelles sur la vie après la vie”, Robert Laffont, Paris, 1977, en constitue un très utile et riche complément, dont voici quelques extraits tirés de son chapitre intitulé, “Le suicide” :

« Mis en face du fait que des êtres humains, revenus à la vie après une mort apparente, ont relaté des expériences spirituelles, on s’est parfois demandé quelles interprétations pouvaient être tirées de ces rapports en ce qui concerne le suicide.

Tout ce que nous pouvons faire est de formuler deux questions :

1. Les sujets qui ont été proches de la mort par suite de causes autre qu’une tentative de suicidaire reviennent-il avec des conceptions particulières concernant le suicide ?

Les personne ayant fait l’expérience d’une “mort” temporaire ont souvent affirmé qu’à un moment donné elles ne souhaitaient pas revenir sur terre ; en dépit de quoi ces mêmes personnes sont unanimes à répudier le suicide en tant que moyen de retrouver de tels états. Elles disent, à leur retour, avoir appris au cours de leur aventure qu’elles avaient ici un devoir à remplir, désirant plus que jamais se vouer entièrement aux exigences de cette vie-ci.

Plusieurs personnes qui avaient failli mourir m’ont dit que, tandis qu’elles se trouvaient de l’autre côté, l’idée leur avait été suggérée que le suicide était un acte des plus déplorables, encourant une peine sévère. Ainsi voici ce que m’a dit un homme qui avait été tenu pour “mort” à la suite d’un accident.

Pendant que je me trouvais de l’autre côté, j’eus le sentiment que deux choses me seraient également interdites : me tuer, ou tuer quelqu’un. Si j’en venais à me suicider, ce serait comme si je refusais le don de Dieu en le lui jetant à la face. Tuer quelqu’un d’autre, c’est se mettre en travers du plan que Dieu a conçu pour cet homme ...

Un autre homme, qui survécut à une apparente mort clinique d’une certaine durée, disait que tandis qu’il était “là-bas” il avait eu le sentiment que certains suicides entraînaient une sanction, une partie de celle-ci consistant à être témoin des souffrances que cet acte allait susciter chez d’autres.

2. Les témoignages qui résultent de tentatives de suicide diffèrent-ils en quoi que ce soit de ceux qui ont eu une autre origine ?

J’ai rencontré plusieurs exemples de morts apparentes consécutives à des tentatives de suicide. Tous ces témoignages concordent sur un point : ils ne résolvaient rien. Ils se retrouvaient assaillis par les mêmes problèmes que ceux dont ils avaient cru s’affranchir en se suicidant. Quelle que fût la situation difficile à laquelle ils avaient tenté de se soustraire, ils la retrouvaient de l’autre côté intacte. »

Swedenborg dit à ce sujet que : “Chaque état de l'homme non seulement reste dans l'autre vie, mais encore "revient" même, tout à fait tel qu'il avait été lorsque l'homme vivait dans le monde.”
(AC 1906)

« Tous ont déclaré qu’après ce qui leur était arrivé ils n’envisageraient plus jamais le suicide comme une solution. Tous estimaient qu’ils avaient commis une erreur.

“J’ai compris à ce moment-là que notre vie ne représente qu’une infime portion de temps, alors qu’il y a tant de choses à faire pendant qu’on est sur terre. Tandis que quand on meurt, c’est l’éternité.”

J’ai demandé son avis sur le sujet à un de mes amis, un psychiatre qui avait fait l’expérience d’un “autre monde” pendant une mort clinique, il m’a fourni une réponse intéressante. Il a exprimé sa croyance en un Dieu qui, de par sa nature, comprend, pardonne et fait régner la justice à un point qu’il nous est impossible, à nous humains, de concevoir. Dieu prend soin de ces problèmes tels qu’il les voit dans sa Sagesse et son Amour. Ce dont un suicidaire a besoin, ce qu’il doit pouvoir attendre de nous, ses frères humains, ce n’est pas un jugement, mais de l’amour et de la compréhension. » (Le suicide : pages 79 à 84.)

Je recommande grandement la lecture de ces deux ouvrages majeurs dans ce domaine de recherche.

Soulignons avec Moody que chaque scénario de suicide est différent, et qu’il faut de ce fait se garder de toute affirmation et généralisation. Entre un suicide lié à une déception amoureuse, un échec social, des persécutions, une dépression, une grave maladie, à la folie ou à la mort à petit feu liée à des comportements et des habitudes suicidaires, il y a des galaxies de distance.

Existerait-il également une différence entre suicide et mort volontaire ? Le premier pouvant être un acte de désespoir, le second un acte responsable et choisi en toute conscience ? Difficile à dire.

Je pense à Socrate, ou Jésus, qui se sont volontairement “suicidés” en allant au devant de leur persécuteurs, en refusant de se défendre lors de leur procès, et en accueillant leur martyr comme une consécration et une libération ultime, au lieu de s’esquiver ou d’accepter l’exil, comme ceux qui les entouraient l’espéraient.

On voit bien ici à quel point la frontière entre suicide et mort consentie et altruiste, est subtile, délicate et complexe. C’est pour ces raisons qu’il faut nous garder absolument de tout jugement à l’égard de ce qui dépasse notre entendement.

Voici ce que Swedenborg nous dit à ce sujet :

« A ce que je viens de vous exposer, je dois ajouter une observation que vous aurez souvent l'occasion de vérifier : c'est que la vie au-delà de la sépulture est d'une extrême diversité. Non seulement ce qui est vrai pour l'un ne l'est pas de tous, mais encore l'esprit de chaque personne y traverse des phases fort différentes. »

“Vous aurez souvent l’occasion de vérifier que la vie de l’au-delà est d’une extrême diversité.” Oui, sauf qu’il aura fallu attendre plus de deux cents ans avant de pouvoir le faire, grâce aux études portant sur les très nombreux témoignages de personnes réanimées après un état de mort clinique.

Une bibliographie détaillée et commentée de cette littérature toute récente est à votre disposition sur le site Swedenborg :

http://emmanuelswedenborg.info/enseignements/lavieapreslamort/viepostmortembiblio.html

Concernant la question de la miséricorde Divine, l’humanité n’est-elle pas collectivement engagée dans un processus suicidaire, dont nous subissons déjà les effets, avec la sixième extinction et le réchauffement climatique que connaît actuellement la biosphère ? C’est le moment d’implorer la miséricorde Divine, je suis certain qu’elle va tout de suite venir nous tirer d’affaire ! ...

Le sujet est donc loin d’être clos, aussi n’hésitez pas à amener questions, notes de lecture, réflexions et expériences, afin d’aider tous ceux qui s’interrogent sur cette douloureuse et difficile question du suicide, et du destin des suicidés dans l’autre vie.

Tout avec vous, sur les chemins de cette toute nouvelle connaissance.

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Re: Suicide, karma négatif, et non communication

Messagepar Patrick » 08 Jan 2017 15:58

En réponse à Patricia et Nana, je dirai simplement que, dans la tradition du bouddhisme indo-tibétain, il n’y a pas de différence fondamentale entre prendre une vie humaine (meurtre) et prendre sa propre vie, en termes de fardeau karmique très négatif. Je me réfère ici aux explications données dans ma contribution “Brève introduction au Brado Thödol”. Voir le sous-forum, “Le Livre des Morts Tibétain et Swedenborg” : http://forumswedenborg.com/viewtopic.php?f=10&t=3389

On ne peut pas de ce fait dire ce qu’il advient des suicidés après la mort, puisque tout dépend du reste du karma de la personne, lié aux vies antérieures, et c’est inconnaissable, sauf par certains grands maîtres qui ont atteint l’état de bouddha ou qui en sont très proches. Mais, bien sûr, la motivation du suicidé et du meurtrier sont très différentes, et le karma négatif engendré par un meurtre est certainement supérieur.

Il est dit que certains suicidés peuvent errer très longtemps dans le troisième bardo et avoir une renaissance tardive, comme les victimes de mort violente, au prix de grandes souffrances.
Sur la question de savoir si une personne qui s’est suicidée peut revenir aider ses proches, la réponse est non, mais c’est valable pour tout le monde! Il n’y a pas de communication entre les morts et les vivants, si ce n’est que les morts en transit du troisième bardo peuvent percevoir ce que font et pensent les vivant. Les pratiques des médiums et du spiritisme sont illusoires sur ce point, et accessoirement dangereuses: on accroche bien des entités de mondes parallèles, mais ce ne sont pas les esprits des morts.

Les enseignements de la spiritualité bouddhiste recommandent fortement ne pas se suicider, quelles que soit les bonnes raisons que l’on peut avoir de le faire, et de tout faire pour empêcher quelqu’un de suicider, dans son intérêt futur.

En d’autres termes: si la vie ne vaut rien, rien ne vaut la vie ...

JP
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Re: Suicides karmas variables communication avec les esprits

Messagepar Patrick » 19 Fév 2017 17:14

Chers amis,

Un grand merci à tous pour vos très riches messages. Comme vous l’aurez remarqué, il m’arrive parfois de forcer le trait et de provoquer un peu la polémique, mais c’est toujours afin de mieux faire ressortir les limites, les aberrations parfois aussi, dont “les religions de Dieu” comme vous dites, ne manquent jamais de nous affubler, pour des raisons à mon avis plus humaines que divines. L’exercice consiste ici à aiguiser notre esprit critique, en sachant faire la part justement de Dieu et des hommes en toutes choses, afin d’acquérir plus d’indépendance d’esprit, et de discernement dans les choses de la religion et de la vie.

Cher Nicolas, permettez-moi à présent de vous citer, afin de commenter certains points que vous avez soulevé dans vos deux derniers messages.

« Ce que sont les mondes de Dieu, nul ne le sait. La science pas plus que les expériences de “NDE” ne peuvent les expliquer. »
Je comprends ce que vous voulez dire, nous avons affaire à un domaine de réalité qui nous dépasse tellement, qu’il nous est fondamentalement inaccessible. C’est certainement vrai, mais c’est fort heureusement aussi en même temps faux. S’il avait fallu ne s’en remettre qu’aux “mystères de Dieu”, nous n’aurions jamais découvert que la Terre était ronde ni qu’elle tournait autour du soleil. Nous n’aurions jamais inventé non plus le microscope pour découvrir le monde cellulaire, ni le télescope pour découvrir celui des planètes, des étoiles et des galaxies ; sans parler des découvertes de la médecine grâce à l’anatomie, pour ne citer que quelques exemples. Que la médecine et la science viennent à présent pour nous dire : oui, la conscience existe en dehors du corps ; oui, il y a une vie après la mort ; oui, il y a un Dieu infiniment personnel qui se nomme universellement “l’Etre de Lumière”; oui, il existe dans l’au-delà une multitude de mondes ; oui, nous y avons une destinée qui est en rapport avec ce que nous avons intérieurement accompli au cours de cette vie terrestre, et qui s’inscrit en parfaite continuité avec celle-ci – devrait nous réjouir et nous réconforter grandement.

« Les religions de Dieu condamnent le suicide et les expériences de NDE semblent visiblement le confirmer. »
C’est globalement vrai, mais c’est un point qu’il faudra pourtant nuancer. De nombreuses religions ont pratiqué, tout au long de l’antiquité des sacrifices humains, parfois consentis, et prodigué diverses formes de mort volontaire, qui pourraient aisément être interprétées comme suicidaires. Je pense à la théologie du martyr de l’Eglise Primitive dans l’empire romain des trois premiers siècles, et a de nombreuses “ascèses” ou pratiques de vie tout à fait mortifères. Loin de moi l’idée de légitimer ces pratiques religieuses qui ne peuvent nous sembler à présent qu’archaïques, mais notons bien que la réalité est toujours infiniment plus complexe que nous pourrions le croire. Et à chaque fois que nous tranchons un sujet d’une façon trop nette, la réalité ne tarde jamais à nous rattraper pour nous montrer la relativité intrinsèque de toute chose. Oui, les “NDE” semblent pour l’instant confirmer le fait que le suicide est très souvent ressenti comme un acte négatif. Il a aussi des conséquences diverses sur le ressuscité et sa destinée post-mortem, mais non plus pas toujours aussi négatives qu’on pourrait le croire, comme nous le verrons plus loin. J’aimerais, dans ce contexte, évoquer un film récent intitulé : “La dernière leçon”, de Pascale Pozadoux, 2015. En voici le scénario : “Madeleine, 92 ans, décide de fixer la date et les conditions de sa disparition. En l’annonçant à ses enfants et petits-enfants, elle veut les préparer aussi doucement que possible, à sa future absence. Mais pour eux, c’est le choc, et les conflits s’enflamment. Diane, sa fille, en respectant son choix, partagera dans l’humour et la complicité ces derniers moments.” Ce film, inspiré d’une histoire vraie, pose avec force la question du suicide et de l’euthanasie active, ou volontaire, dans le cas de maladie grave ou de sénilité avancée. C’est un exemple confrontant qui ne peut que nous engager à ne jamais préjuger trop vite des choses.

« Si nous avions connaissance de l'autre monde, et si l'esprit pouvait concevoir sa gloire, nous ne désirerions pas un seul instant rester ici-bas. »
C’est un point intéressant car c’est quelque chose qui revient régulièrement dans les récits de “NDE”, une fois passé de l’autre côté nous n’avons bien souvent plus aucune envie de revenir vers le monde terrestre. Il y a pourtant de nombreux témoignages qui montrent que si “notre heure n’a pas encore sonné”, que nous avons encore des choses à accomplir ici bas, nous y revenons volontairement, parfois même après avoir rencontré “l’Etre de Lumière”. Par contre, et c’est un fait étonnant, de nombreux témoins racontent qu’il y a une sorte de limite, de frontière, qui prend des formes très diverses selon les récits, mais qui une fois franchie ne permet plus aucun retour à notre corps et notre monde physique.

« Le dessein de Dieu pour l'homme est de poursuivre son développement spirituel éternellement. La vie sur terre n'est que la première étape de ce développement. (...) Nous nommons ce passage, mort, un terme plus approprié serait "une vie plus abondante". »
Je crois donc comprendre, que comme pour Swedenborg, il n’y a pas de réincarnation pour Baha'u'llah ? C’est l'une des grandes différences entre les enseignements du Christ et de Swedenborg concernant l’après vie, d’avec ceux de l’hindouisme, du bouddhisme, et du “Livre des morts tibétains”, sans oublier la tradition pythagoricienne de l’antiquité grecque, qui a eu, ce que l’on ignore en général, une influence importante sur ces courants.

« On peut comparer la relation que Dieu entretient avec l'homme, avec la relation parent-enfant. Dieu pose des limites-lois à l'homme tout comme un parent pose des limites à son enfant. (...) Tout comme un enfant se fait réprimander pour une erreur, Dieu réprimande mais aussi pardonne car la relation parent-enfant ou Dieu-homme est basée sur l'amour. »
Nous avons toujours tendance à transposer les diverses modalités de relation humaine, sur la relation divino-humaine. Si un Dieu Créateur existe vraiment alors nous ne sommes rien d’autres que ses petits enfants, c’est d’accord. Mais attention, la comparaison a ses limites : il ne va pas tous les jours au boulot pour nous envoyer à l’école, et il nous donne encore moins la fessée lorsque nous n’avons pas fait nos devoirs ou que nous avons de mauvaises notes, même si c’est pour notre bien. Nous avons souvent tendance à projeter sur l’Etre Divin nos schémas humains, ce qui est bien naturel, certainement commode et sécurisant aussi, mais attention, la réalité dépasse toujours de beaucoup l’idée que nous pouvons nous en faire. Swedenborg et les “NDE” nous enseignent que “l’Etre de Lumière” universel est l’Amour même, un amour totalement inconditionnel, qu’il ne juge, ni ne condamne par conséquent jamais aucun homme à aucune peine, et qu’il ne le damne encore moins à aucun enfer, ni aucun purgatoire. C’est l’homme qui se juge lui-même, en ouvrant sa porte aux énergies négatives et destructrices (les démons), et en générant lui-même ses propres enfers, ce qui est très différent. C’est l’homme encore qui se purifie, se transforme et s’accomplit, en se tournant vers le Divin pour se rapprocher de Lui, en toute liberté. Jésus, ni aucun envoyé de Dieu, ne peut “sauver”, c’est-à-dire “transformer” aucun homme contre sa volonté, car c’est cette liberté qui le fait Homme par définition, c’est-à-dire créature, “partenaire” à part entière, du Créateur, c’est aussi simple que cela.

Chère Nana,

« Je voudrais savoir si après un suicide je pourrais aider l'être le plus cher pour moi (ma mère) pour la soutenir quand je ne serai plus là .... mais dans l'au-delà ... »
Je ne sais pas ce que vous entendez ici par “suicide”. Un suicide de désespoir, pour fuir une existence trop difficile ou douloureuse, ou une forme d’euthanasie volontaire, avant de trop grandes souffrances, dues à une maladie ? Je ne suis pas certain dans ce dernier cas que l’on puisse encore nommer “suicide” un tel choix de départ pour l’autre monde. J’ai plusieurs fois été témoin d’acharnement thérapeutique sur des personnes condannées par de graves maladies. Acharnements thérapeutiques qui ont conduit à des souffrances que l’on ne peut même pas imaginer et qui se sont terminées par de terribles agonies. Je ne voudrais pour rien au monde avoir à vivre cela, et à plus forte raison à le faire vivre à mes proches. Je préfèrerais de beaucoup choisir de mourir, comme on dit “dans la dignité”, avant que les choses n’empirent trop. Je pense que c’est un choix qui ne peut être que légitime, et qui n’entraîne, j’en suis certain, aucune faute morale ou “karmique”. Pour ce qui concerne à présent votre question au sujet de la communication, de l’aide et du soutien aux proches, à partir de l’au-delà, je vais laisser George Morrannier y répondre un peu plus loin.

Cher Jean-Pierre,

« Il est dit que certains suicidés peuvent errer très longtemps dans le troisième bardo et avoir une renaissance tardive, comme les victimes de mort violente, au prix de grandes souffrances. »
Personnellement j’en doute fort. Le suicide est bien souvent un acte de folie, ou de désespoir passionnel ou existentiel, lié à un état de grave dépression, parfois aussi à des formes de déséquilibres neuro-cérébraux, il ne peut donc pas - dans la perspective d’une pédagogie divine fondée sur l’amour et la compassion - être le fait d’aucune punition ni d’aucun "karma négatif" de quelque ordre qu’il soit dans l’autre monde. Au contraire, ces personnes ne peuvent qu’être l’objet de soins et d’attention particuliers, en raison de leur état. Le suicide est considéré dans l’autre monde par les esprits-guides et les anges comme une maladie qu’il importe de guérir avec beaucoup d'attention et beaucoup d’amour, sans oublier également la valeur de rigueur, la mesure de sagesse, qu'il nécessite aussi.
Citons un des témoignages précédemment rapporté par Moody : « Me suicider ce serait comme si je refusais le don que Dieu nous fait de la vie en le lui jetant à la face ». C’est bien sûr tout à fait vrai, vue de l’extérieur, mais de l’intérieur, qui pourrait donc bien se suicider en jetant délibérément le don inestimable de la vie à la face de son Créateur ? Justement celui qui souffre dramatiquement de ne pas (ou de ne plus) avoir accès à cette double réalité fondamentale : l’infinie préciositée de cette vie, et l’existence d’un Divin infiniment aimant et bienveillant.

« Sur la question de savoir si une personne qui s’est suicidée peut revenir aider ses proches, la réponse est non, mais c’est valable pour tout le monde! Il n’y a pas de communication entre les morts et les vivants. (...) Les pratiques des médiums et du spiritisme sont illusoires sur ce point, et accessoirement dangereuses : on accroche bien des entités de mondes parallèles, mais ce ne sont pas les esprits des morts. »
Je ne suis pas certain que cette réponse soit valable pour l'ensemble du bouddhisme tibétain, je pense en particulier ici aux récits d'Alexandra David-Néel et à ceux d'Anagarika Govind, qui font régulièrement état, dans leurs récits du Tibet d'avant l'invasion chinoise, de communications avec les esprits. Swedenborg, qui a continuellement communiqué pendant vingt-sept ans avec les esprits et les anges pour en recevoir des enseignements d’une hauteur inégalée, n’aurait fait en réalité “qu’accrocher des entités" ? Dénier la réalité de cette communication des vivants avec les esprits défunts, depuis toujours et partout assumée par l’humanité, pour la réduire à une sorte d’illusion de seconde zone est à mes yeux raisonnablement intenable. Par contre, Swedenborg avertit lui aussi des dangers qu’il pourrait y avoir à rechercher volontairement cette communication avec les esprits des défunts, lorsqu’elle ne se donne pas spontanément. On ne force pas impunément les portes de l’invisible, il faut y être autorisé par les esprits-guides, et toujours dans un but noble et désintéressé, et pour une mission précise. Beaucoup de gens ont eu toutes sortes d'expériences de communications spontanées avec des esprits de proches, d'amis ou même de relations, défunts depuis peu comme longtemps après leur décès. Je profite de l'occasion pour mentionner à ce sujet le récent et incontournable petit ouvrage : "Témoins de la vie après la vie. Une enquête sur les expérience de mort partagée", Dr Raymond Moody & Paul Perry, Robert Laffont, Paris, 2010. On est loin ici de toutes pratiques de spiritisme ou de médiumnité, il s'agit de gens comme vous et moi, qui ont vécu des expériences de communications spontanées avec des esprits de membres proches défunts, ainsi que de visions de l'au-delà. Beaucoup d'entre eux sont des gens de la profession médicale ou du personnel accompagnant, en soin palliatif, qui n'avaient bien souvent aucune foi en ce genre de phénomènes paranormaux.

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A présent, j’aimerais partager avec vous deux témoignages que mon proche ami et collègue du Cercle Swedenborg de Lausanne, Jean, m’a envoyé pour vous. Je ne suis généralement pas très féru de littérature "médiumnique" qui véhicule souvent je trouve toutes sortes d’histoires fantasques autant qu’invraisemblables. Mais il est malgré tout certains témoignages qui valent d’être considérés pour leur qualité et leur sérieux. Les communications de Pierre Monnier et de Georges Morrannier - tous deux décédés prématurément dans des circonstances dramatiques - avec leur mère pendant des années, retiennent tout particulièrement l’attention pour la profondeur des enseignements qui y sont prodigués.

Pierre Monnier était un officier français mort à 23 ans au combat le 8 janvier 1915, sur le front de la forêt d’Argonne non loin de Verdun, d’une balle en plein front. Sa mère, Cécile Thuret-Monnier a reçu des messages réguliers de lui pendant presque une vingtaine d’années, d’août 1918 à janvier 1937. Ces messages sont publiés sous le titre des « Lettres de Pierre » (introduction de Jean Prieur, sept tomes, éditions Fernand Lanore, 1990). Voici une citation de Pierre sur la question du suicide, daté du 27 novembre 1919 :

« Vous abritez dans votre enveloppe – dans votre écorce, puis-je dire – un être unique et double à la fois : l’esprit et le corps, capable de se tuer mutuellement. L’homme est une trinité (corps, esprit et âme), et Dieu ne vous permet pas de détruire votre corps, qui est le premier échelon sur lequel doit s’appuyer votre âme pour connaître les obstacles purificateurs, qui sont là pour éduquer l’âme à travers les liens de la chair. » ("Lettres de Pierre", tome deux) Voir les "Lettres de Pierre", introduction de Jean Prieur, sept tomes, éditions Fernand Lanore, 1990.

« L’esprit et le corps, capable de se tuer mutuellement », voilà une formule pour le moins inhabituelle qui implique, soit, que l’esprit puisse tuer son propre corps, mais que le corps aussi puisse tuer l’esprit qui l’habite. Les passions du corps, les mauvaises habitudes et les dépendances de tous genres, peuvent donc aussi tuer, à petit feu, l’esprit qui l’habite. C’est aussi une forme de suicide, moins flagrant et radical que celui qui consiste à se retirer brutalement la vie, mais qui n’en reste pas moins tout aussi destructeur.
Je viens de voir un film très intéressant intitulé « Nosso Lar » : « Notre Demeure » de Wagner de Assis, 2016. Il s’agit d’une production brésilienne basée sur l’ouvrage du médium brésilien Chico Xavier. La vie après la mort est le thème principal de cette histoire, ainsi que la transformation d'un homme durant une étonnante quête spirituelle dans l'autre monde. Au départ, André Luiz, un médecin, arrive dans l’autre monde suite à une attaque cardiaque, pour s’y faire accueillir comme un "suicidé" pour la seule raison qu’il a passé toute sa vie, en apparence exemplaire, sans amour véritable pour ses proches, ni grande empathie pour ceux qui l’entouraient. Dans cet exemple, c’est son esprit qui a tué, de façon inconsciemment suicidaire, son corps.

Voici maintenant une série d’extraits des messages de Georges Morrannier sur le sujet du suicide, et en particulier ici, et c’est ce qui rend son témoignage si intéressant, de son propre suicide, vu à posteriori de l’autre monde où il demeure. Georges s’est suicidé le 13 septembre 1973 d’un coup de révolver.

« Maintenant, Maman (Jeanne Morrannier), nous allons, toi et moi, avec un réel plaisir, répondre aux questions qui t’ont été posées par tous ceux qui s’intéressent à mes messages. Nous sommes là pour cela, pour les éclairer et satisfaire une curiosité bien légitime. Tu peux me poser toutes les questions, même si elles mettent mes affirmations en doute. La lumière jaillit de la discussion, dit-on. Je répondrai en toute sincérité, en me basant sur tout ce que j’ai appris, et Dieu sait si j’ai appris beaucoup de choses en ce monde merveilleux de L’Esprit. J’avais beau chercher sur la Terre tout ce qui pouvait l’expliquer, j’étais bien loin de l’avoir compris tel qu’il est. Tu peux commencer.

JEANNE : Il t’est reproché par certaines personnes de t’être suicidé, ce qui, à leurs yeux, enlève quelque valeur à ton témoignage.

GEORGES : Personne ne peut me reprocher cet acte insensé autant que moi-même. J’en suis encore honteux. Mais surtout, je suis honteux d’avoir suivi une mauvaise voie que je savais pourtant dangereuse. » (p. 161)

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« La survie de l'âme suit immédiatement la mort de son enveloppe terrestre. Sauf à de rares, très rares exceptions près, l'âme s'échappe aussitôt du corps-matière qui a cessé de vivre. Souvent d'ailleurs, dans les cas de longues maladies, elle était déjà extériorisée avant la mort et n'attendait que le moment de briser le lien, cette corde d'argent, qui la reliait encore à la matière.
Cette âme n'est pas quelque chose d'absolument immatériel. Ce n'est pas quelque chose de vague, ou de vaporeux, ou d'inconsistant. C'est quelque chose de bien vivant, qui a une structure très précise et qui est contenue dans un corps, le corps spirituel ou corps astral. C'est ce corps qui lui donne sa forme bien délimitée dans l'espace, qui lui permet de se déplacer, d'agir ou de se reposer.
Le corps astral, nous l'avons tous dit, est la copie exacte du corps physique, pour la raison bien simple qu'il se constitue en même temps que lui, dans l'embryon d'abord, dans l'enfant, et l'adolescent ensuite. Ils se sont développés ensemble, en partant des même gènes, en partant de l'ADN ou acides nucléiques dont sont constitués les noyaux de nos cellules. » (p. 27)

« C’est la personnalité formée sur la terre qui passe dans l’invisible avec ses possibilités et ses faiblesses. Je l’ai déjà dit mais je crois qu’il est nécessaire d’insister sur ce point. L’enveloppe physique a disparu, les tombes sont vides. Ce qui continue à vivre, c’est tout le reste, c’est l’âme dans toute son intégrité, telle qu’elle était au moment de sa libération. Les connaissances acquises demeurent, les failles aussi. C’est à nous d’accepter d’évoluer sur tous les plans et d’en faire l’effort. Nous devons nous améliorer, éliminer nos défauts, corriger nos erreurs de pensée. Cela ne peut se faire que très lentement, par le même effort sur nous-mêmes que celui qui vous est demandé d’accomplir (ici bas). Je reconnais que c’est beaucoup plus facile d’évoluer dans l’Invisible que sur la Terre, mais il faut malgré tout (de ce côté aussi) une grande patience. » (p.46)

On croirait lire Swedenborg, en dehors des termes "corps astral" et "corde d'argent" qui ont dû être empruntés à Rudolf Steiner. Il connait d'ailleurs très bien les deux puisqu'il leur consacre dans ce livre un chapitre chacun. C'est en tous les cas un excellent petit résumé des enseignements de Swedenborg sur la question. ( Voir à ce sujet : http://emmanuelswedenborg.info/enseignements/pagesmenu/lavieapresmort.html )

« Quand je suis arrivé « de l’autre côté », mon guide qui est aussi le tien, m’a expliqué tout de suite ce qu’on attendait de moi, c’est-à-dire ces messages que je devais te communiquer. Je fus très étonné, car je ne savais pas que cela fût possible. Je n’avais pas entendu parler de Roland de Jouvenel (1) ou de Pierre Monnier. » (p.46)

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« Quel geste absurde que le suicide ! Il faut être de l’autre côté de la rive pour en mesurer l’erreur. Il faut avoir retrouvé l’équilibre pour en mesurer la gravité et les conséquences. Si tu savais combien de terrestres se suicident pour bien peu de choses parfois. Si tu savais combien je dois en accueillir. Il faut les réconforter, les aider à supporter leurs regrets et leurs remords. » (p. 47)

« Il y a les déceptions sentimentales. Le mot déception est faible. C’est plutôt une torture morale qu’il faut supporter, car elle aurait tendance à nous pousser au suicide, ou à tuer, ce qui, évidemment, va à l’inverse du sens que Dieu veut donner à notre vie. Il faut savoir accepter cette souffrance, parvenir à la surmonter par un immense effort de volonté. Se tuer ou tuer quelqu’un d’autre n’avancerait à rien, car la même épreuve nous serait évidemment proposée une autre fois. » (p. 54)

« Décès d’un être cher et trahison ou abandon d’un être aimé sont de loin les épreuves les plus pénibles. (...) Naturellement, les cas sont multiples, difficiles à condenser, difficiles à étudier en détail. De toute façon, il est certain que tout a une raison d’être. Contentez-vous de surmonter du mieux possible les obstacles qui sont sur votre route. Sachez qu’ils sont indispensables, (...) pour parfaire votre évolution spirituelle. » (p. 55)

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« Nos guides doivent organiser notre retour dans l’Astral. La date de ce retour est fixée dès notre naissance. Elle est parfois modifiée par ce que nous pouvons appeler les imponderables, c’est-à-dire le suicide ou une erreur médicale ou encore, cela arrive, un assassinat non prévu. Mais, dans l’ensemble, l’heure est fixée, « l’heure est l’heure » et il faut partir. » (p. 58)

« Nous vous protégeons, car nous vivons avec vous, tout en vivant sur un plan spirituel différent. Nous sommes constamment près de vous dans certains cas graves, comme une maladie difficile à supporter, par exemple, où une situation morale particulièrement pénible. Je suis resté près de toi pendant longtemps après mon acte insensé, pour t’aider à supporter ta souffrance et pour calmer mes remords. Cela nous est toujours accordé. » (p. 61)

(“Jeanne Morrannier. La mort est un réveil”, introduction de Jean Prieur, éditions Lanore, 2007.) (2)

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Georges Morrannier confirme dans cette dernière citation un point important que souligne aussi Swedenborg, c’est celui que la mort ne nous sépare de nos proches que de l’extérieur, et que le lien de coeur et d’esprit reste intérieurement, plus fort que jamais, en attendant de nous retrouver de l’autre côté.

« Les époux qui ont vécu dans l'amour vraiment conjugal ne sont pas séparés à la mort de l'un d'eux. En effet, l'esprit du défunt vit continuellement avec l'esprit de celui qui a survécu, et cela jusqu'à la mort de ce dernier. A ce moment, ils se retrouvent, se réunissent, et s'aiment plus tendrement qu'auparavant, parce qu'ils sont dans le monde spirituel. » (A Conj 321)

Swedenborg nous dit que tous ceux qui ont été parents, amis, ou qui se sont connus dans la vie du corps, se retrouvent et communiquent intérieurement entre eux lorsqu’ils le désirent. Après la nouvelle d’une vie après la mort, en voilà une seconde plus que réconfortante : contrairement aux apparences la mort ne nous sépare pas, au contraire elle nous rapproche, mais sur un autre mode de conscience et de communication, en attendant de nous retrouver pour continuer le chemin ensemble.

Voilà des textes et des témoignages parlant qui amènent une grande et belle eau à notre moulin, sur cette question si grave et délicate que celle du suicide, on devrait mieux dire à présent "des suicides", et de leur conséquences très diverses selon les cas. Il ne faut jamais je crois porter de jugement trop entier et trop hâtif, même au nom d’une quelconque autorité religieuse ou spirituelle, cela me semble être une mesure de prudence, si ce n’est de sagesse, indispensable. Les religions raffolent de : « c’est comme-ci » et « c’est comme ça », de « il faut » et « il ne faut pas », mais les amis, les choses ne marchent pas comme cela, ou si peu. J’ai dit les religions, je devrais mieux dire, leurs clergés et leurs croyants, car si l’on se penche avec un peu d’attention sur leurs fondements, on y trouve généralement plus de questions que de réponses. Leur génie résidant surtout dans le fait de poser les bonnes questions justement, en ouvrant quelques pistes... en guise de réponses. Ce que détestent les êtres humains, toujours en quête de certitudes, mais, comme le disait mon bon maître de méditation, Karlfried graf Dürckheim : « le chemin, c’est l’incertitude ! ».

Patrick

Note :
1) « Au lendemains de la seconde guerre mondiale, Marcelle de Jouvenel dut affronter l’épreuve des épreuves : le décès de son fils unique, Roland, âgé de 14 ans. Désespérée, elle tente de mettre fin à ses jours en se jetant par la fenêtre , mais sent une main invisible la retenir par l’épaule. Plusieurs phénomènes inexpliqués se succèdent. Bien que réticente aux conseils d’une amie, elle finit par accepter d’expérimenter l’écriture automatique. Les messages qui vont se succéder pendant plusieurs années sont d’une telle force, d’une telle beauté, qu’ils feront jusqu’à nos jours, en France, en Suisse, en Belgique et en Italie, l’objet d’études et de conférences. Cinq petits volumes (édités chez Fernand Lanore) évoquent le lien constant qui exista entre une femme en proie aux doutes et à la solitude, et son fils toujours aimant, parfois sévère, qui lui dicta de nombreux messages. Inlassablement, la main de sa mère traça, sous la conduite de Roland, des textes pour elle-même, mais également pour tous ceux qui ont perdu un être cher. Quelle que soit l’opinion de chacun sur l’Au-delà et sur la réalité de cette expérience, ces messages sont remarquables. » Extrait de Jean Prieur. Voir « Marcelle de Jouvenel. Au diapason du Ciel », tome 1, présentation de Jean Prieur, éditions Fernand Lanore, 2011. Je mentionne cette référence au passage, dont je n’ai encore rien lu, pour son analogie avec Pierre Monnier et George Morrannier. Au fait, est-ce-que quelqu'un voudrait bien nous faire un petit résumé de cette oeuvre, donner un avis ou quelques citations significatives ?

2) Georges Morrannier fait état dans ses messages de sept mondes de conscience et d'existence supérieurs (Ciel), avec la nécessitée en pour passer de l'un à l'autre d'une réincarnation terrestre. Cette vision, que je trouve pour le moins tarabiscotée, va à l'encontre de celle de Swedenborg pour lequel il n'y a pas de réincarnation terrestre possible. La raison en est que notre esprit ne peut plus reprendre cette relativement "lourde et obscure" enveloppe matérielle, qui a servi de "moule" ou de "matrice" à notre âme et notre conscience. La pierre précieuse a été libéré de sa gangue, la chenille s'est métamorphosée en papillon, il n'y a pas de retour en arrière possible, pas de retour du monde spirituel dans le monde matériel possible, puisque l'un procède de l'autre et non vice et versa. La question sera plus largement abordée dans le sous-forum : "Swedenborg et le Livre des morts tibétains".
Patrick
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Re: Le suicide et les suicidés dans l'autre vie

Messagepar morganto » 06 Mar 2017 22:35

bonsoir à tous,

voici un peu d'eau au moulin,
Le suicide n'est pas la mort
Bonsoir,
Si le suicide doit être approuvé ce ne peut être qu'en se fondant sur l'idée que l’homme n’est qu’un corps, et qu’étant comme une motte de terre, il peut très bien être libéré de ses
souffrances. À partir de cela, il serait facile de faire un petit pas et de justifier le fait de faire mourir ceux dont le corps est sur notre chemin, ou touchés par la vieillesse, ou l’aliénation, ou
la décrépitude, ou même vicieux. Car si tout ce que nous sommes est une masse de glaise appelée corps, si l’homme n’est pas un esprit non né en essence, alors qu’y aurait-il de
répréhensible à le détruire s’il vous appartient, et si nous ne sommes que cela, et combien serait-il facile de trouver des raisons bonnes et suffisantes pour disposer également de celui
des autres ?
Le prêtre condamne le suicide, mais on peut être un Chrétien et cependant avoir l’opinion qu’une libération rapide de la terre permet de gagner le paradis quelques années plus
tôt. Le Chrétien n’est pas dissuadé du suicide par de bonnes raisons avancées par sa religion, mais plutôt par la couardise. La mort, qu’elle soit naturelle ou provoquée est devenue une
terreur, et on l’appelle « La Reine des Terreurs ». Il en est ainsi parce que bien qu’un vague paradis soit offert de l’autre côté, la vie et la mort sont si peu comprises que les hommes
préfèrent supporter les souffrances qu’ils connaissent que s’envoler vers d’autres qu’ils craignent par ignorance de ce qu’elles pourraient être.
Le suicide, comme tout autre meurtre est un péché (faute, erreur) parce qu’il engendre une perturbation soudaine dans l’harmonie du monde. C’est un péché parce qu’il met la nature en échec. La nature existe pour le besoin de l’âme, et pour aucune autre raison, elle a le dessein, pour ainsi dire, de donner à l’âme l’expérience et la soi-conscience. Celles-ci ne sont possibles qu’au moyen d’un corps par lequel l’âme entre en contact avec la nature, et couper violemment la connexion avant son terme naturel contrarie le projet de la nature, et l’oblige à présent, dans
son lent développement, à restaurer la tâche laissée inachevée. Et comme ces processus doivent passer par l’âme qui a permis le meurtre, il en résulte plus de peines et de souffrances.
Et la perturbation dans l’harmonie générale est un plus grand péché que ne le pensent la plupart des gens. Ils se considèrent seuls, comme séparés, sans liens avec les autres. Mais ils
sont inter- reliés à travers tout le monde avec toutes les autres âmes et intelligences. Un lien subtil, réel, puissant les attache toutes ensembles, et si un parmi ces millions perturbe le lien,
toute la masse le ressent par réaction à travers l’âme et le mental, et ne peut retrouver l’état normal que par un ajustement douloureux. Cet ajustement se passe sur les plans invisibles mais très importants, dans lesquels l’homme réel existe. Ainsi chaque suicidé ou meurtrier d’un autre impose à toute l’humanité un fardeau injustifiable. Il ne peut échapper à cette injustice, car
bien que son corps soit mort il n’est pas coupé des autres ; la mort ne fait que le placer, privé des instruments de la nature, dans les griffes de lois, qui sont puissantes et implacables,
incessantes dans leur opération et dont les demandes sont obligatoires.
Le suicide est une énorme folie, parce qu’il place son exécuteur dans une position infiniment pire que les conditions dont il avait follement espéré échapper. Ce n’est pas la mort. Ce n’est
que le fait d’avoir quitté une maison bien connue et dans un environnement familier pour aller dans un nouveau lieu où la terreur et le désespoir ont seuls leur place. Ce n’est qu’une mort
préliminaire faite à la glaise, pour « la froide embrassade de la tombe », laissant l’homme lui-même, nu et vivant, mais hors de la vie des mortels et qui n’est ni le paradis ni l’enfer.
On peut voir en l’homme un être complexe plein de forces et de facultés, dont il dispose quand il est dans un corps terrestre. Le corps n‘est qu’un de ses habits ; lui-même vit aussi en
d’autres lieux.
Dans le sommeil il vit dans l’un de ces lieux, il s’éveille dans un autre, et pense dans un autre. Il est triple comprenant corps, âme et esprit. Et cette trinité peut être encore divisée en ses sept
constituants nécessaires. Et, de même qu’il est triple, la nature l’est aussi – matérielle, psychique ou astrale, et spirituelle. La part matérielle de sa nature gouverne le corps, la part psychique affecte l’âme, et l’esprit vit dans le spirituel, tous étant unis ensemble. Si nous n’étions que des corps, on pourrait les renvoyer à la nature matérielle et à la tombe, mais si nous échappons au matériel nous devons nous projeter dans le psychique ou l’astral. Et, comme tout dans la nature procède avec régularité sous le gouvernement de la loi, nous
savons que chaque combinaison a son propre terme de vie avant qu’une séparation naturelle et facile des parties composantes puisse se produire. Un arbre, un minéral ou un homme est une combinaison d’éléments ou de parties, et chacun doit avoir son terme prévu. Si nous séparons les uns des autres violemment et prématurément, des conséquences certaines s’en suivront. Chaque constituant doit avoir son terme de vie prévu. Et le suicide étant une violente destruction du premier élément – le corps – les deux autres, l’âme et l’esprit, sont laissés sans
leur instrument naturel. L’homme alors n’est qu’à demi-mort, et il est obligé par la loi de son propre être d’attendre jusqu’à ce que le terme naturel soit atteint.
Le destin du suicidé est en général horrible. Il s’est coupé de son corps en utilisant des moyens mécaniques qui affectent le corps, mais qui ne peuvent toucher l’homme réel. Il est alors projeté
dans le monde astral, car il doit vivre quelque part. Là, la loi impitoyable, qui agit en fait pour le bien de l'homme, l’oblige à attendre jusqu’à ce qu’il puisse mourir convenablement. Il devra
naturellement attendre, à moitié mort, les mois ou les années qui, dans l’ordre de la nature, auraient dû s‘écouler sur lui avant que le corps, l’âme et l’esprit puissent se séparer
correctement. Il devient une ombre ; il vit dans un purgatoire, pour ainsi dire, appelé également le « lieu du désir et de la passion », ou « kãma loka ». Il existe entièrement dans le mode astral, dévoré par ses propres pensés. Il répète par des pensées vivantes l’acte par lequel il tenta de mettre fin à son pèlerinage dans la vie, tout en voyant pendant ce temps, les
gens et les lieux qu’il a quittés, mais il est incapable de communiquer avec aucun d’entre eux excepté, de temps à autre, à travers un pauvre sensitif, qui est souvent effrayé par cette visite.
Et souvent il emplit le mental de personnes vivantes qui peuvent être sensibles à ses pensées, de l’image de son acte de départ, et occasionnellement il les induit à commettre sur eux-mêmes
l’acte dont il a été coupable. le suicidé s’est coupé, d’un côté, de son corps et de la vie qui étaient nécessaires pour son expérience et son évolution, et, d’un autre côté, de son esprit, de son guide et de son « Père dans les Cieux ». Il est composé maintenant d’un corps astral, qui est d’une texture très résistante, informée et enflammée par ses passions et désirs. Mais une partie de son mental, appelé manas, l’accompagne. Il peut penser et percevoir, mais, ignorant comment utiliser les forces de ce règne, il vogue ici et là, incapable de se guider lui-même. Toute sa nature est en détresse, et avec elle, à un certain degré, toute l’humanité, car nous sommes tous unis par l’esprit. Ainsi il va, jusqu’à ce que la loi de la nature agissant sur son corps astral, celui-ci commence à mourir, et tombe dans un sommeil dont il se réveille à temps, pour une saison de repos avant de recommencer une nouvelle vie terrestre. Dans sa prochaine incarnation, il pourra, s’il en voit la justification, réparer, compenser ou souffrir à
nouveau.
On ne peut échapper à sa responsabilité. La « douce embrassade de la glaise humide » est une illusion. Il est préférable d’accepter courageusement l’inévitable, puisqu’il est dû à nos
erreurs dans d’autres vies du passé, et accomplir chaque devoir, et essayer de mieux tirer parti de toutes les opportunités. Enseigner le suicide est un péché, car cela conduit certains à le commettre. L’interdire sans raisons est inutile, car notre mental doit avoir de bonnes raisons pour le faire ou ne pas le faire. Et si nous nous en tenons littéralement aux écrits de la Bible, nous y voyons que le meurtre n’a de place qu’en enfer.
Cette pensée satisfait peu de personnes dans un âge d’investigation critique et de froide analyse. Mais donnez aux hommes la clef de leurs propres natures, montrez leur comment la loi régit l’ici-bas et, l’au-delà de la tombe, et leur bon sens fera le reste. Un illogique népenthès contre la tristesse et la douleur physique de la tombe est aussi fou qu’un ciel illogique qui ne sert à rien.
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Re: Le suicide et les suicidés dans l'autre vie

Messagepar morganto » 01 Avr 2017 21:06

bonsoir,

en réponse à Nana sur la possibilité de communiquer avec nos défunts.
Les morts peuvent-ils communiquer ?
Considérons la façon dont l'homme est devenu ce qu'il est, l'histoire réelle de l'évolution, par des progrès acquis par l'observation et l’expérimentation, au cours des longs âges qui se sont écoulés. La base de cette évolution est la même dans chaque être humain, dans chaque cœur humain, dans chaque vie animale, dans chaque particule de matière : le même Esprit en tous, la même Vie Une, l’Unique Intelligence. Tous sont des rayons de cette Vie Une, de cette Intelligence Unique, et tous expriment les possibilités existant dans la Source Infinie. Les différences entre les êtres, les humains, les diverses races, révèlent toutes des degrés particuliers d’intelligence : chacun dispose en effet du même pouvoir que l’être le plus élevé, et du même pouvoir que tous les êtres ; c’est l’utilisation faite de ce pouvoir qui produit un instrument capable de le manifester plus ou moins complètement. L’Évolution c'est l’Esprit s'exprimant lui-même, que ce soit dans ce système solaire, ou dans ceux qui l’ont précédé. L’intelligence était présente, pendant la naissance de notre planète, dans sa condition de nébuleuse, ou de brouillard de feu ; et aussi bien, durant les processus de refroidissement et de durcissement qui se sont étendus sur de longues périodes. Dans toutes ces phases, comme dans toutes les substances liées à notre planète, nous aussi avons existé, en tant qu’êtres spirituels, et rien de tout cela ne nous a quitté aujourd’hui. À la fin de chaque existence, nous repassons par tous ces stades jusqu’au plus élevé, puis nous redescendons au niveau terrestre, afin de récolter les effets des causes mises en œuvre autrefois dans d’autres corps. La mort n’a en effet aucun pouvoir de transformation : l’arbre reste dans la position où il est tombé. C’est pendant la vie que nous devons reconnaître et éveiller notre nature authentique. La mort n’ouvre aucune porte vers la connaissance.
La preuve de ces divers états de conscience se révèle directement dans notre expérience nocturne. Lorsque nous dormons — bien qu’en fait nous ne dormions jamais — seul notre corps est endormi, et la conscience de ce plan physique nous a quittés. Nous n’avons plus aucune idée de ce qui arrive à nos amis, à nos proches ; nous n’avons pas la moindre perception de ce qui se passe où que ce soit sur la terre, alors que nous n’utilisons pas notre corps : c'est la "mort" — une petite mort, temporaire — pour ce corps. Puis nous passons dans un état complètement différent, connu comme l’état de rêve. L’âme humaine continue dans le rêve, en se connaissant comme celui qui est là, qui voit, sent, entend, parle, se déplace et accomplit toutes les autres choses qu’il fait dans son corps, lorsqu’il est éveillé. On disait autrefois que si l’on saisissait le gros orteil d’un dormeur, il se mettrait à vous parler. Vous obtiendriez ainsi une communication d’un "esprit", mais quel genre de communication ? La personne vous parlerait de ce que son propre mental était en train de considérer ; dans son état de rêve, elle n'en saurait pas plus que ce qu'il y a dans ses propres pensées personnelles, ses idées et activités personnelles.
Si on applique cette analogie à ce qu'on appelle le "moment de la mort", on peut comprendre qu’en réalité le moment de la mort n'arrive jamais. Nous finissons par abandonner notre corps, et il retourne à la terre dont il a été tiré ; mais nous ne sommes pas morts. Nous sommes toujours vivants. Nous restons conscients, sur d’autres plans et à d’autres niveaux, bien que nous n’utilisions ni le corps ni le cerveau. Mais quelle sorte de conscience, quelle sorte d'intelligence employons-nous alors ? Exactement la même que celle que nous avions lorsque nous étions dans le corps. Nos pensées, sentiments et désirs continuent pendant un certain temps, comme pendant l’incarnation, en raison de l’énergie que nous avions investie en eux. Comme cette énergie n’est pas renouvelée, elle finit par s’épuiser, et la personne — en tant qu’être spirituel authentique — entre dans un tout autre état, où nul être sur terre ne peut perturber l'action de son intelligence, ni la jouissance de sa béatitude. Comment pourrait-il s’agir d’un état de béatitude si, pendant un seul instant, l'entité pouvait y être troublée par les souffrances qu’elle a laissées derrière elle ici-bas ? Pourrait-il y avoir pire enfer pour l'âme d'une défunte que de voir, de son "paradis", s’apaiser trop vite le deuil d’un mari, et sa place de mère usurpée par une autre ? Il importe de comprendre que lorsqu'un être humain quitte l'existence physique, il passe par une condition ressemblant au rêve (avec des contenus multiples) pour finalement atteindre l'état le meilleur qu'il soit capable de réaliser. Il serait absurde de supposer qu’une entité humaine spirituelle puisse être perturbée par des agissements terrestres, car sa mission humaine s’est terminée au moment où elle a quitté cette terre. Mais elle reviendra dans un autre corps, pour reprendre une autre journée de travail. N’est-il pas évident que toute cette histoire de communications avec de soi-disant esprits ayant quitté leur corps n’est qu’une absurdité ?
N'allons pas imaginer qu'il n'y a que des êtres humains parmi les entités désincarnées, ou que les défunts, ou les morts-vivants, sont les seuls à exister de l'autre côté de notre monde physique. Il existe des myriades de sortes d’êtres qui ne vivent pas dans des corps semblables aux nôtres, mais qui peuplent des plans que les hommes traversent en quittant la terre. Toutes sortes d’êtres, des sous-hommes, ainsi que des élémentaux humains habitent des mondes contigus au nôtre. Peut-on imaginer qu’il soit désirable d’entrer en contact avec eux ? Et comment pouvons-nous jamais être sûrs qu’une quelconque communication extérieure n'établira pas un contact avec quelque esprit démoniaque aimant se travestir, en se revêtissant de restes ayant l'apparence d'un défunt — en raison de son attirance pour la nature et les désirs de ce défunt — et en s'en servant ainsi pour nous abuser ? Il faut une grande connaissance pour comprendre la nature réelle de l’homme : on ne l’acquiert pas par une quelconque "communication", mais en sondant notre propre nature. Le "Père dans le secret" réside en nous, et non à l’extérieur, et tout ce que nous savons, ou saurons jamais doit être trouvé en nous-mêmes et par nous-mêmes. Nous ne le trouverons jamais en le recevant des autres, ou d'aucune autre espèce d'esprit. L'Esprit de Dieu en tout être — le Connaisseur en chacun de nous — est le dernier recours, la plus haute instance, le dernier sommet que nous devions atteindre.
Pour le moment, nous sommes en train de cheminer ensemble à travers la matière de la terre ; lorsque nous quittons cette terre, nous la quittons seuls. De même, lorsque nous voyageons à travers la matière astrale, nous ne sommes pas à converser avec les habitants du plan astral, mais suivons notre propre trajectoire. Les états post mortem ne sont que les effets de notre dernière existence. Nous quittons le lieu de nos efforts pour venir récolter ce que nous avons semé — en rejetant le mauvais, dans un premier temps, puis en expérimentant nos aspirations les meilleures et les plus élevées. Dans tous ces états, chaque être est conscient d'être la même personne ; jamais, un seul instant, il ne lui vient à l’esprit, à la conscience, qu’il puisse être quelqu’un d’autre que celui qu’il était sur terre ; il ignore absolument qu'un événement comme la mort ait pu se produire. Dans son état le plus élevé, il se trouve en compagnie de tous ceux qu’il a aimés, dans les conditions mêmes qu'il aurait souhaitées pour eux. Il connaît sa béatitude, parce que l’équilibre entre les causes et les effets, même pour ses souffrances terrestres, est alors parfaitement ajusté pour l'esprit. Tous ces états sont en nous, et non au-dehors ; ce que nous y rencontrons, du début à la fin, et toujours, c'est NOUS-MÊMES — d’abord, tels que nous pensons être, et finalement, tels que nous sommes réellement.
Il est impossible qu’une personne "décédée" communique avec une personne vivante, si ce n’est peut-être pendant la très courte période précédant le moment où l’individualité réelle rejette les idées qu’elle avait entretenues pendant la vie. Parfois alors, un désir très, très puissant de communiquer quelque chose effectuera une espèce de communication, mais, après la grande transformation connue comme la "seconde mort", toute relation avec la terre est interrompue. Il peut arriver qu'une personne vivante, à l’âme pure, élève sa propre conscience, par ses aspirations et son amour, jusqu’à un état céleste où elle a l’impression de parler, d'éprouver des sentiments et d'être en présence de ceux qu'elle a aimés, mais ces paroles et ces sentiments ne peuvent aucunement troubler l'être qui est à ce niveau. L’essence même de l'état spirituel exclurait toute perturbation, même si nous pouvons accéder aux sortes de sentiments qui existent dans cette condition. Tout ce qu’un médium peut obtenir, ce sont les simples réflexions et répétitions de ce qui s’est produit, et se trouve enregistré dans la nature des assistants. Un médium décrira l’état post mortem d’une personne comme très vivante, ce qui devrait montrer à quel point le médium peut être sujet à la méprise et à l'erreur. Dans l'état passif où il se trouve, il ne peut rien contrôler ; il ne fait que fournir un canal par lequel certaines choses peuvent arriver, ou "transpirer".
La plupart des interlocuteurs "spirituels" des médiums sont des suicidés et des victimes de morts "accidentelles". Car il n'y a pas toujours mort quand le corps cesse de vivre. À moins que cette fin ne coïncide avec l'expiration de la durée de vie, qui est déterminée dès la naissance, l’homme reste relié à la terre jusqu’à l'échéance de ce terme.
Mais il existe des cas de communication avec des êtres de l'univers — situés presque aux limites de notre monde — qui ne sont pas dans des corps physiques, mais qui vivent et se meuvent sur un autre plan de substance très, très loin de tout rapport possible avec un médium ordinaire. On les appelle les Nirmânakâya. Ce sont des hommes qui, par le degré de perfection qu'ils ont atteint pourraient, s'ils le souhaitaient, accéder à l'état de béatitude le plus élevé, et y demeurer, mais qui y renoncent, car cela impliquerait d'abandonner à jamais toute chance d'aider leurs semblables. Lorsqu'une personne est sincère et a des aspirations élevées, ils peuvent, si nécessaire, communiquer avec elle, afin de l'aider. Mais il n'y a aucune confusion possible à propos de ces communications : elles sont personnelles et destinées à cette personne, comme une aide directe. C'est ce qui est à l'intérieur de nous qui induit l'aide extérieure que nous pouvons recevoir. C'est la reconnaissance de la nature spirituelle de notre être, et de tous les êtres, qui en constitue la véritable condition. C'est du spirituel que provient toute force authentique. Et c'est pour le perfectionnement de l'humanité qu'ont œuvré toutes les Incarnations Divines.

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Re: Le suicide et les suicidés dans l'autre vie

Messagepar Patrick » 26 Mai 2017 16:18

Chers amis (es)

Peu après avoir posté mon dernier message, je suis tombé "par hasard" sur la référence d’un livre faisant état d’une enquête sur les "NDE" de suicidés. Etonnante et mystérieuse loi de synchroncité qui fait qu’il suffise que l’on pense à quelqu’un ou quelque chose avec suffisamment d’intensité pour que très souvent toutes sortes d’événements et d’informations viennent à la rencontre de cette pensée ou de cette intention initiale. Au point de surpasser totalement tout calcul de probabilité, tant la circonstance est impossible. C’est un peu comme si les choses étaient aimantées de l’intérieur, ou reliées entre elles à partir d’un plan invisible.

Jamais je n’aurais pensé que la question initiale de Patricia sur le devenir des suicidés dans l’autre monde, qui m’avait laissé tout d’abord laissé coi et pantois, nous aurait engagé dans un débat aussi inattendu et fructueux. La question, qui en soulève de nombreuses autres au passage, déchaîne les passions, et les avis souvent tranchés et affirmatifs des uns et des autres, à travers lesquels on entend en écho, morale et religion, laissent parfois perplexe.

Revenons à présent sur ce que la science nous dit sur la question, à travers ce livre providentiel que je me suis donc empressé de commander et de lire afin d’alimenter notre débat qui touche, comme nous l’aurons bien compris, aux fondements mêmes de la vie.

Il s’agit de : "Life at Death. A scientific investigation of the Near-Death Experience", Ph. D Kenneth Ring, introduction by Dr. Raymond Moody, JR., First Quill Edition, New York, 1980.

Cet ouvrage : « La vie à la mort (ou au moment de la mort). Une enquête scientifique sur les expériences de mort imminente », n’a malheureusement jamais été traduit en français. D’une lecture assez technique mais tout à fait passionnante, c’est un pavé de 300 pages d’écriture serrée. L’étude qui porte sur plus d’une centaine de témoignages de NDE, est accompagnée de nombreux tableaux statistiques. Voici ce que son auteur nous y rapporte au sujet des NDE de suicidés :

« Il existe certaines indications dans la littérature, y compris dans les livres de Moody, que les expériences de mort imminente suite à une tentative de suicide, sont peu susceptibles de produire une NDE transcendantale (qui s’élève au-dessus du niveau moyen). Pourtant, bien qu’une telle opinion soit commune, les données empiriques (qui ne s’appuie que sur l’expérience) fiables sur ce point sont remarquablement rares, et celles qui existent à ce sujet semblent contredire cette opinion*.

(* Traduction du titre anglais de l’ouvrage : "Survivants de suicides : Une étude de suivi sur les personnes qui ont survécu au saut du haut du pont du Golden Gate, et de celui de la baie de San Francisco-Oakland", D. H. Rosen, p. 289-294.)

La question de ce qui est expérimenté lors d'une tentative de suicide représente à l’évidence une donnée d’importance et urgente sur un plan à la fois théorique et pratique. Si l'expérience tend à ne pas être transcendante, ou ne pas être bienfaisante, cela ne limite pas seulement le contenu de l'expérience, mais devrait également dissuader tous ceux qui pourraient être tentés de se retirer la vie, de le faire, après avoir entendu (et mal interprété) les recherches de Kübler-Ross, de Moody et de bien d’autres.

Un des deuxièmes objectifs de ce livre consistera à comparer les NDE associées à trois modes de décès différents : par maladie, par accident, et du fait d’un suicide. Nous disposons, pour cette dernière catégorie, de vingt-quatre témoignages de personnes ayant tenté de se suicider.

La caractéristique la plus frappante des expériences de NDE liées au suicide, qui les distingue du scénario général, c’est qu’aucun d’eux n’a rapporté l’épisode du tunnel, ou a vu la lumière rayonnante et bienveillante, ou a rencontré une présence, ou s'est retrouvé à un moment avec des proches décédés, ou est entré dans un monde transcendant de beauté surnaturelle.

Au lieu de cela, l’expérience de mort imminente liée au suicide tend à être comme tronquée, avortée, et limitée. Elle commence comme toujours, par un sentiment de libération et de paix, se continue par l’expérience de détachement du corps physique, de la même façon que pour les autres catégories. Mais elle tend à évoluer vers un sentiment de confusion, d’errance dans un vide obscur et trouble - une sorte de « zone crépusculaire ». En tout état de cause, les récits de nos témoins suggèrent fortement que l'expérience de NDE liée au suicide ne parvient pas à sa plénitude. Au lieu de cela, elle tend à avorter avant que les éléments transcendants caractéristiques de l'expérience type n’apparaissent.

Les données portant sur les aspects qualitatifs des NDE liées à un suicide sont donc clairement complexes, mais elles conduisent malgré tout à un certain nombre de constatations importantes :

- Les récits de nos suicidés, comparativement aux autres catégories, tendent à être moins complets concernant les éléments d’expérience de type transcendantale.
- Il existe un certain nombre de facteurs qui font des suicidés une catégorie à part des autres, comme le fait de réduire la probabilité de vivre une expérience de NDE complète, incluant tous les stades.
- De ce fait les aspects qualitatifs des NDE de suicidés sont souvent ambivalents et peu concluants.
- Certaines données suggèrent néanmoins que certaines caractéristiques transcendantes associées à l'expérience type, peuvent se produire lors de tentatives de suicide, les NDE liées au suicide sem-blent être alors vécues comme extrêmement positives.
- Les expériences de NDE d'un certain nombre de suicidés ont toutes conclu que les conséquences d'un suicide réussi pourraient avoir des conséquences négatives.

Un examen attentif de tous ces points montre qu’une conclusion définitive sur cette question n'est en aucun cas possible car toutes ces données sont pour l’instant encore bien trop fragmentaires. »

("Life at Death", Kenneth Ring, p. 24-25 ; 104 ; 118 ; 128 )

En résumé, d’après cette étude portant sur vingt-quatre cas de suicides, les NDE de ceux-ci semblent être comme limités et altérées. Elles tendent à être moins complètes, concernant en particulier les éléments d’expérience tels que l’épisode du tunnel, celui de la rencontre avec l’être de lumière, ou avec des proches, ou l’entrée dans un monde de beauté et de perfection surnaturelles. En effet, elles ont tendance à se terminer par un état de confusion, d’errance dans un vide sombre, trouble, une sorte d’inframonde. En conclusion, tous semblent s’accorder sur le fait que si leur suicide avait abouti, cela aurait pu avoir sur eux et sur leur destin des conséquences néfastes.

Mais ce point à peine édicté, voilà qu’il fait référence à d’autres travaux qui sembleraient démontrer le contraire. Raison pour laquelle il enjoint d’ailleurs fortement ses lecteurs à se garder de toutes conclusions hâtives, appellant de ses vœux études et enquêtes ultérieures plus poussées dans ce domaine.

Cette étude a maintenant plus d’une trentaine d’années, et la recherche sur les NDE a depuis considérablement évolué. Je me suis donc mis en quête de nouvelles informations sur la question du devenir des suicidés dans l’après vie, et je n’ai pas tardé à trouver, dans l’abondante littérature de ces dernières décennies sur la question, de nouvelles informations dont je tenterai de faire une synthèse la prochaine fois.

J’aimerais réagir à présent aux derniers messages de Nicolas et de Bertrand.

Nicolas, un grand merci tout d’abord pour ces beaux textes et ces pensées profondes. J’ai été interpelé par la question du lien entre science, "vraie" religion, et superstition, qui me paraît tout à fait d’actualité.

« La vraie religion et la science ne sont pas en contradiction. Les vrais principes de toutes les religions sont conformes aux enseignements de la science. Lorsque la religion est en opposition avec la science, elle devient superstition. »

Je pense ici aux thèses créationistes de certaines Eglises évangéliques, notamment aux Etats-Unis, qui, au nom du récit biblique de la création, dénient avec véhémence la théorie de l’évolution darwinienne sur laquelle repose toute la science.

En effet, que penser de cette religion qui dit que la première femme aurait été créée à partir d’une côte empruntée à Adam ? Que dire encore de la création du soleil et de la lune, qui eut lieu après la formation de la Terre ? Comment, cela et bien d’autres choses encore, pourraient-elles être scientifiquement plausibles ? On voit bien ici que les principes de la religion entrent en conflit direct avec les thèses de la science, et qu’on est là en plein dans un domaine de superstitions.

Dans le sens inverse, que penser de cette science qui prétend que Dieu n’existe pas, puisqu’on ne l’a jamais vu, ni à travers aucun microscope, ni au moyen d’aucun téléscope, pourtant aujourd’hui extrêmement puissants ? Et qu’il ne peut y avoir une survie de la conscience par delà ce corps, puisque celle-ci résulte de son activité cerébrale et neuronale ? On voit bien ici que les principes de la science entrent en complète opposition avec ce que nous enseigne la religion. Dans ces circonstances le : « conformez toutes vos croyances à la science », me semble tout à fait caduc.

« Quand la religion délivrée de ses superstitions, de ses traditions et de ses dogmes inintelligibles, se trouvera en conformité avec la science, alors une grande force d'union et d'assainissement paraîtra dans le monde. » C’est évidemment une belle parole, mais qui ressemble fort à un vœu pieux. Ou alors à quelle religion et à quelle science est-il fait ici référence ? Certainement ni à la religion ni à la science que nous avons connues jusqu’à présent.

Peut-être pourrait-il s’agir de cette théologie qui dit que les textes bibliques ne doivent pas être compris d’une façon littérale, qu’ils ont une valeur avant tout symbolique et spirituelle, ainsi que l’affirme et le démontre Swedenborg ?

Et pour la science, peut-être pourrait-il s’agir de celle de tous ces médecins, cardiologues, neurologues, anesthésistes, psychiatres, etc., qui, dans la foulée de Moody, ont décidé de prendre au sérieux et d’étudier très rigoureusement les milliers de récits d’expérience, régulièrement rapportés par leurs patients, miraculeusement "ressuscités" grâce aux techniques de réanimation modernes, je veux parler ici de toute la recherche actuelle sur les NDE. Voir la bibliographie commentée sur le sujet : http://emmanuelswedenborg.info/enseignements/lavieapreslamort/viepostmortembiblio.html

Il se trouve que la plus grande partie des enseignements de Swedenborg se trouvent très largement confirmés par la vision qui ressort de l’ensemble de la recherche et de la littérature scientifiques consacrées aux NDE. Non seulement ses enseignements sur la vie après la mort, mais tout récemment aussi, ceux concernant l’existence et la nature même du Divin. Alors oui, une nouvelle jonction entre une certaine théologie et une certaine science, est bien en train d’avoir lieu, et oui, sans conteste "une grande force d'union et d'assainissement est en train de paraître dans le monde".

Bertrand, j’ai eu beaucoup de plaisir à retrouver vos messages enflammés et passionnés, toujours riches de toutes sortes d’enseignements. Je serais personnellement curieux de savoir de quelle tradition ou de quel auteur viennent ces enseignements. Il me semble y avoir trouvé quelques références à la théosophie de H.P. Blawatsky ou W.Q. Judge, mais je n’en suis pas certain, en tous les cas, le moins que l’on puisse dire c’est que "cela ne fait pas dans la dentelle ! ".

Permettez-moi de résumer votre tableau, dans ce qu’il peut avoir de plus noir : « Le suicide, comme tout autre meurtre, est un péché parce qu’il engendre une perturbation soudaine dans l’harmonie du monde. Ainsi chaque suicidé, ou meurtrier d’un autre, impose à toute l’humanité un fardeau injustifiable. Il ne pourra donc échapper à cette injustice, et la mort ne fera que le placer dans les griffes de lois qui sont puissantes et implacables. Le suicide est une énorme folie parce qu’il place son exécuteur dans une position infiniment pire que les conditions dont il avait follement espéré s’échapper. Ce n’est pas la mort, mais c’est aller dans un nouveau lieu où la terreur et le désespoir ont seuls leur place. »

Je suis toujours perplexe de voir les tenants de religions fondées sur la miséricorde ou la compassion Divine, s’improviser juge en esprit de ses pauvres hères désespérées qui en viennent à se suicider, parce qu’elles ne peuvent plus supporter de souffrir leur condition. Je vous invite à lire les témoignages souvent poignants de ces suicidés qui évoquent souvent, dans leur récits de NDE, les circonstances toujours dramatiques de leur acte. Oui, les lois qui régissent ce monde et l’autre monde sont puissantes, mais elles n’ont pas de griffes, elles sont encore moins implacables, et ne précipitent personne dans aucun lieu de terreur et de désespoir. Dieu est amour, et il ne nous enseigne rien d’autre, alors si un parent ou un ami est capable de comprendre et de pardonner à un proche un tel acte de folie et de violence, dites-moi comment le Divin ne pourrait-il point à plus forte raison le faire lui-même, et avec une compassion qui ne peut que dépasser infiniment notre propre capacité d’empathie pour l’autre ?

Poursuivons :

« Le suicide étant une violente destruction du premier élément – le corps – les deux autres, l’âme et l’esprit, sont laissés sans leur instrument naturel. L’homme alors n’est qu’à demi-mort, et il est obligé d’attendre jusqu’à ce que le terme naturel de sa mort soit atteint. Le destin du suicidé est en général horrible, projeté dans le monde astral où la loi impitoyable l’oblige à attendre jusqu’à ce qu’il puisse mourir convenablement. Il devra attendre, à moitié mort, les mois ou les années qui, dans l’ordre de la nature, auraient dû s‘écouler sur lui avant que le corps, l’âme et l’esprit puissent se séparer correctement. Il devient une ombre vivante dans un purgatoire appelé « lieu du désir et de la passion ». Il y existe dévoré par ses propres pensées, et y répète par des pensées vivantes l’acte par lequel il a tenté de mettre fin à sa vie ; tout en voyant pendant ce temps, les gens et les lieux qu’il a quittés, incapable de communiquer avec aucun d’entre eux, excepté de temps à autre à travers un pauvre sensitif, qui est souvent effrayé par cette visite. Et souvent il emplit le mental de personnes vivantes qui peuvent être sensibles à ses pensées, de l’image de son acte de départ, et il les induit occasionnellement à commettre sur eux-mêmes l’acte dont il a été coupable. »

Le corps astral n’est rien d’autre que ce que Swedenborg et les témoins de NDE nomment le corps spirituel, et il ressort clairement, dans ces deux contextes, qu’il est le véhicule éternel de nos âmes et consciences, en aucun cas donc destiné à mourir ou se désagréger comme le corps physique, ni même à se dissocier de l’esprit et de l’âme dont il est la parfaite manifestation et le véhicule obligé. Ces enseignements ont peut-être été initialement empruntés à la tradition bouddhiste tibétaine qui semble croire, suite à la mort du corps physique, à une dissolution de notre conscience individuelle terrestre, celle de notre moi, ce que ni Swedenborg ni les récits de NDE ne semblent à aucun moment confirmer.

C’est donc une quadruple peine qui consiste : à être victime d’un acte de "folie" désespéré (le suicide) ; précipité dans un monde de terreur pour y errer comme un mort-vivant dévoré par les flammes du désir et de la passion ; d’être condamné à tourner en boucle et à l’infini son acte meurtrier ; et en final, cerise sur le gâteau, le voilà poussé à aller assassiner ses proches.

Cela fait beaucoup ! Dieu aime, et Dieu nous aime - chacun d’entre nous, qui que nous soyons et quoi que nous ayons pu faire - infiniment. Combien de temps nous faudra-t-il pour comprendre cela, et pour mesurer toutes les implications que cet amour inconditionnel pour toutes ses créatures - quelle qu’elles soient - peut avoir ?

J’ai beaucoup aimé votre premier paragraphe d’introduction sur le corps "motte de terre", et plus encore l’idée que nos fautes et nos erreurs puissent perturber l’harmonie du monde, et se répercuter sur tous les hommes, puisque tout ne fait qu’un.

Je souhaiterais pour finir revenir sur le message de Jean-Pierre qui nous disait qu’il n’y a pas, pour le bouddhisme tibétain, de communication possible entre les morts et les vivants. Ce auquel j’avais répondu que « dénier la réalité de cette communication des vivants avec les esprits défunts, depuis toujours et partout assumée par l’humanité, était est à mes yeux raisonnablement intenable ».

Lors de notre dernière rencontre, Jean-Pierre m’a offert un ouvrage du vénérable Kalu Rimpotché, me pointant du doigt le passage suivant :

« Question. Quelle est votre opinion sur le spiritisme et les gens qui posent des questions aux morts ?

Rimpotché. On dit effectivement qu’il y a des gens qui communiquent avec les morts, qui voient ou qui entendent les morts. Ce n’est pas une chose impossible, mais dans la plupart des cas, il semble que ce soit plutôt une sorte de tromperie, simplement le fruit de l’imagination de la personne.

Dans le Dharma (loi, doctrine, religion), on dit que tant qu’on n’a pas obtenu un niveau de réalisation qui s’appelle le chemin de la vision, et qui correspond en fait à la première terre de Bodhisattva (un bouddha avant que celui-ci n’ait atteint l’éveil), et à la réalisation de la vacuité (réalisation de la nature même des choses), il n’est pas possible de communiquer avec les êtres qui sont dans le barde (état intermédiaire). »

("Reconnaître le sens de la vie", Kalou Rempoché, éditions Dashang Kagyu Ling, Dijon-Quetigny, 2006)

J’apprécie hautement le : « ce n’est pas une chose impossible », malgré la prudence dont Kalu Rimpotché fait preuve à juste titre. Je ne sais pas à quoi correspond exactement la première terre de Bodhisattva, j’ai lu qu’il existait cinquante deux niveaux de Bodhisattva, mais une chose est certaine c’est que de nombreux témoignages font état de toutes sortes d’expériences de communication avec des personnes défuntes, dans des contextes qui n’ont rien à voir avec celui de pratiques de spiritisme ou de médiumnité, et souvent sans l’avoir recherché.

Il est également intéressant de voir que Raymond Moody a développé une méthode pour éventuellement tenter un contact avec des proches défunts. Les témoignages qui en ressortent sont frappants et à haute valeur psychothérapeutique. Ces expériences ont un impact parfois équivalent à une NDE, par les transformations et les guérisons intérieures qu’elles entraînent. Comme quoi il faut se garder de tout préjugé, et toujours avoir l’esprit ouvert à tout. Nous vivons dans une réalité multidimensionnelle complexe et mystérieuse, ou chaque chose, chaque être, semble obéir à une loi qui lui est unique et qui ressort d’un lien particulier avec le Divin, source de toute vie. Méfions-nous donc toujours des "c’est comme ci", et "c’est comme ça", ouvrons plutôt l’oreille de notre coeur et il nous sera donné de voir, l’immense sagesse et le grand amour que le Divin a pour tous ses enfants.

Alors bien chers amis, tout avec vous sur le chemin de cette "sophia", qui vient de l’intérieur.

Patrick

Ps. Le paradoxe de toute connaissance :

« Il n’y a rien de sain ni de sûr, ni dans aucune chose ni dans aucun raisonnement, tout est dans un flux et un reflux continuels, absolument comme dans l’Euripe*, et rien ne demeure un moment dans le même état. (...)
Pour autant ne laissons jamais entrer dans notre âme cette idée qu’il ne pourrait rien y avoir de sain dans les raisonnements, et nous priver de la vérité et de la connaissance de la réalité. »

(* L’Euripe, détroit qui sépare deux fleuves, sujet à un flux et à un reflux perpétuels.)

(D’après le "Phédon", de Platon, traduction et note par E. Chambry, Garnier Flammarion, Paris, 1965. Pages 146-147.)
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Re: Le suicide et les suicidés dans l'autre vie

Messagepar morganto » 25 Juin 2017 11:48

bonjour Patrick et à tous

vous aviez raison , il s'agit bien d'un texte de Mme Blavatsky/Judge. Evidemment rien de moi dans ce texte; je l'ai trouvé sur un site de théosophie, j'ai pensé qu'il était bien pour alimenter le débat.
en voici un autre de R.Steiner , tiré de son livre " expériences vécues par les morts":
.....Jusqu’à la vie dans la sphère solaire, nous sommes tellement préoccupés par les souvenirs de ce qui existait avant la mort, que notre intérêt se trouve totalement détourné de ce qui se passe sur terre. Nous vivons avec les êtres humains qui, comme nous, se trouvent dans le monde spirituel ; après la mort nous nous familiarisons avec toutes les relations que nous avons déjà eues sur terre avec ces hommes ; nous continuons à vivre dans ces mêmes conditions, et nous en élaborons les conséquences. Parce que nous sommes constamment dérangés, nous avons, pendant cette période, moins de temps à consacrer à des proches qui se trouvent encore sur terre. Un lien avec eux ne s’établit que si, du fond de leur âme, ils nous recherchent. Ce fait doit être considéré comme un élément moral de premier ordre. En effet, cela apporte de la lumière sur les rapports entre les défunts et ceux qui demeurent sur terre. Quelqu’un qui est mort avant nous et que nous avons totalement oublié, éprouve énormément de difficultés à rétablir le contact avec nous qui sommes restés ici-bas. Notre amour, notre sympathie soutenues à l’égard du défunt constituent une voie ouverte, parce qu’ils établissent un lien avec l’existence terrestre. C’est à partir de ces liens que, pendant ces premiers temps après la mort, les défunts doivent vivre avec nous. C’est vraiment un fait surprenant de constater à quel point le culte instinctif du souvenir à l’égard des morts se trouve profondément confirmé par l’occultisme. Nos défunts nous atteignent le mieux lorsqu’ils peuvent trouver, ici sur terre, des pensées, des sentiments et des impressions qui s’adressent à eux.....
....Pour la seconde partie de la vie entre la mort et une nouvelle naissance, les choses se présentent d’une façon quelque peu différente. Nous sommes alors tellement occupés par nos intérêts cosmiques, que nous éprouvons beaucoup de difficultés pour établir, durant cette seconde période, un lien avec la Terre. À part nos intérêts cosmiques, nous avons le souci de participer à l’élaboration juste de notre karma à venir....

.....Les hommes sont différents les uns des autres. Cette différence se révèle lorsqu’on observe, après sa mort, un homme qui tout au long de son existence a manifesté une vie intérieure faite de bonté et de moralité, et qui traverse la mort avec une attitude d’âme exprimant ses qualités morales. On peut le comparer à un être qui emporte dans la mort une attitude moins morale. Cela fait apparaître une grande différence.
Elle se révèle dès que l’homme pénètre dans la sphère où agissent les forces de Mercure. Comment cela se manifeste-t-il ? Une fois que l’homme est passé par la porte de la mort il perçoit, par exemple, grâce aux moyens de perception dont nous disposons après la période du kamaloca, les êtres qui lui avaient été proches durant la vie et qui sont morts avant que lui-même ne franchisse le seuil de la mort. Sont-ils liés à lui ? Certes, nous retrouvons tous ces êtres, et nous vivons ensemble avec eux également durant la vie après la mort. Mais notre façon de vivre avec ces êtres diffère maintenant de celle qui a cours sur terre Le fait d’emporter dans la mort une attitude intérieure morale ou amorale engendre une différence. Certes, celui qui a mené sur terre une vie immorale retrouve bien les membres de sa famille et ses amis, mais à cause de sa propre nature, il y a toujours une sorte de mur qui se dresse devant lui et qui l’empêche d’établir le contact avec les autres êtres. Après la mort, tout être marqué par une attitude immorale devient un ermite, un être isolé qui se trouve de toute part comme encerclé par un mur qu’il ne parvient pas à franchir pour rejoindre les autres au sein de cette sphère. Par contre, l’âme portant l’empreinte de la moralité, parce qu’elle est habitée par le genre de représentations qui résultent de la purification de notre volonté, cette âme-là devient en quelque sorte un esprit sociable et trouve toujours les passages nécessaires pour établir des liens avec les autres êtres dans la sphère desquels elle vit.....

....C’est de notre attitude morale ou immorale que dépend le fait d’être un esprit sociable ou solitaire. Cette décision entraîne une conséquence très importante. L’esprit sociable, dont l’être n’est pas enfermé dans une sorte de coquille mais capable de fréquenter les êtres de sa sphère, cet homme-là participe de façon féconde à l’évolution de tout l’univers, contribue à son développement. L’homme immoral, qui après sa mort devient un ermite, un esprit solitaire, contribue à la destruction du monde. Il provoque des trous dans l’univers, proportionnellement au degré de son immoralité et de son isolement. L’effet des actes immoraux d’un tel homme devient pour lui un supplice et pour l’univers une destruction.....
...Jusque sur la sphère lunaire, nous sommes encore préoccupés par les conditions terrestres. Même au-delà, les rapports avec la Terre ne se sont pas encore entièrement évanouis ; nous savons encore tout ce que nous avons fait et pensé sur terre. Nous le savons sous la forme du souvenir. Voyez-vous, mes chers amis, une fois encore c’est le souvenir qui s’avère être l’élément des tourments ! Lorsque nous avons été injustes à l’égard d’un homme, ou lorsque nous ne l’avons pas assez aimé, il nous est possible, tant que nous vivons sur terre, d’en écarter les conséquences. Nous pouvons aller le trouver et nous expliquer avec lui. À partir de la sphère de Mercure, cela n’est plus possible. Nous pouvons voir toutes les circonstances qui perdurent et demeurent accrochées dans notre souvenir, mais nous ne pouvons plus les modifier....
Prenons le cas de quelqu’un qui est décédé avant nous. Compte tenu des conditions terrestres, Nous le rencontrons – nous rencontrons effectivement après la mort les êtres avec lesquels nous avions été liés, – mais nous le rencontrons tel que nous avons été à son égard, et nous ne pouvons pour le moment rien y changer. Il existe donc en nous un reproche de ne pas l’avoir assez aimé, mais ici nous ne pouvons plus modifier notre caractère afin de l’aimer mieux. Ce que nous avons établi sur terre demeure, et nous sommes incapables de le changer. Le fait précisément que nous aurions dû l’aimer, mais nous ne l’avons pas suffisamment aimé.

bonne journée à tous
Bertrand
morganto
 
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